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 Entre donc, petite Raphaell....

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Oh ! This is Cecile Feulwood
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MessageSujet: Entre donc, petite Raphaell....   Lun 15 Aoû - 18:33

La porte se referma derrière l'élève. Le bureau redevint alors totalement calme. Un calme nécessaire au psychologue. Il soupira. Il n'était pas spécialement énervé, il était juste lassé de cette monotone journée. Il connaissait tous ses petits patients par cœur, et cela l'ennuyait. Tout manquait de nouveauté. Il ferma le dossier de l'élève, Lorenzo Andrea Ferroni. Un ancien au caractère tellement prévisible qu'il n'avait même plus besoin de lire dans ses pensés pour savoir ce qu'il pensait. Il rangea le dossier dans le meuble de bois derrière son bureau. Tout était classé par ordre alphabétique, sans aucune erreur.

Puis, il fouilla dans son tiroir, attrapant quelques pilules, et un paquet de cigarettes. Sa tête s'appuya sur le dossier de son fauteuil. Ses cheveux tombaient lascivement sur ses épaule, renforçant l'impression de fatigue qui planait sur son visage. Depuis le matin, ses migraines étaient très fortes. Et malgré le nombre de cachet qu'il avait déjà pris, rien n'y faisait. Comme si aujourd'hui, son pouvoir avait décidé de lui détruire à petit feu la cervelle. C'était une impression très désagréable. Ses mains massaient délicatement ses tempes, mais cela était tellement dérisoire face à la douleur. Une flammèche pour faire évaporer un océan. Autant dire que c'était inutile. Pourtant, il s'accrochait à ces petites habitudes pendant ses douloureuses journées. Il se servit une tasse de café, finissant le thermos qu'il s'était préparé. Il avala pas moins de sept cachets avec sa dose de caféine. Puis, il s'alluma une cigarette, certes, ce n'était pas bien de fumer sur son lieu de travail, mais il savait très bien, par habitude, que les ventilations étaient tellement puissante ici, qu'elles feraient disparaître l'odeur âcre du tabac en moins de cinq minutes. Alors, il n'hésita pas à s'en griller une.

Et puis, il connaissait bien sa prochaine visite. C'était le rendez vous hebdomadaire de cette chère petite Raphaëll... Ah, comme elle le divertissait cette petite. Un peu d'amusement parmi tout ces êtres banals. Au moins, il avait des choses à étudier avec cette petite qui n'osait pas lui résister. Il n'avait jamais trop compris pourquoi il la terrorisait ainsi. Certes, elle savait pour les expérimentations, mais ce n'était pas lui qu'elle avait vu. Était-ce sa lucidité ? Son statut ? Il ne savait pas trop. Mais cette gamine était un fin met qu'il ne se lassait pas de savourer. La fumée s'éleva dans les airs, cachant son regard carnassier. Il rêvait de milles et unes choses inavouable pour cette petite chose fragile. Il rêvait de la détruire. Mais ici il ne pouvait que rêver, là haut, il pouvait tout se permettre. Sa liberté du dehors lui manquait pour cela. Ici, il n'avait pas le droit de quitter entièrement son masque. Il n'avait plus de catharsis. Alors il fantasmait toutes sortes de massacres. Il s'était déjà imaginé tué tous ses patients. Tous au moins une fois. Après, il avait ses préférences. Certaines créatures seraient tellement plus agréables à torturer. On a tous nos petits vices, et nos petits favoris.

Il écrasa la cigarette dans un petit cendrier noir, tout simple. Puis rangea celui-ci dans le premier tiroir de son bureau, à côté du paquet de mentholées. Puis, il arrangea son bureau, ré-alignant les éléments entre eux, jusqu'à obtenir un alignement parfait entre eux. Témoin flagrant de son sens incontestable de l'ordre.

Puis, trois petits coups se firent entendre contre sa porte. Sa tête pivota vers celle-ci. Au travers de ses lunettes -censées limiter ses migraines-, on pouvait entrevoir le regard d'un prédateur qui se mua rapidement en un regard bienveillant. Trop rapidement pour être sincère, mais qui le saurait à part lui ?


« Entrez. »dit-il d'un ton neutre, un sourire sympathique au lèvres.


Dernière édition par Cecile Feulwood le Mer 31 Aoû - 20:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Entre donc, petite Raphaell....   Sam 20 Aoû - 23:23

Bip... Bip... Bip...
Raphaëll ouvrit avec difficulté et douleur ses paupières alourdies par la fatigue et la gueule de bois. Il faut dire que la veille, ça avait été plutôt lourd en terme de soirée. Raph avait fumé, beaucoup, bu, beaucoup, et ingurgité pas mal de champignons. Ille s'était retrouvé, complètement ivre, dans la chambre d'une et d'un S.E.E.R et ils s'étaient gentiment éclatés tous les trois, aucun des deux déçu que Raph soit une fille. Ca ne changeait pas grand chose apparemment. Bref, vers les sept heures du matin ille avait ramassé sa boule de fringue et, un peu dégrisé, s'était échappé pour éviter des ennuis à tout le monde. De toute façon les deux autres étaient aussi éméchés que lui et ne se souviendraient sans doute même pas exactement de qui ille était. N’empêche de Raph’ devait avouer : ille avait adoré.
Mais le réveil, vers les onze heures, était difficile. L’androgyne écrasa d’une main son réveil, avant de se rappeler que ça ne servait à rien.


(Voix électroniquement diffusée de Raphaëll) #Bon écoute, c’est dur je sais, mais là faut que tu te lèves, tu vas voir Cecile le sexe à piles et faut faire bonne figure puisque t’es pas censé avoir de contact avec les autres. Alors, bordel LEVE TOI FEIGNASSE !!#

Le hurlement finissant la phrase vrilla les tympans du mutant qui tenta de se protéger en enfouissant sa tête sous les draps, sans aucun succès. Quelques gémissements plus tard, le polonais était debout, vacillant, et cherchait fébrilement quelque chose de normal à se mettre. Les séances chez le psy étaient de vrais calvaires même au niveau vestimentaire. Fallait trouver quelque chose qui pouvait aussi passer pour des vêtements de fille, même si ça n’était qu’une façade, pour faire genre « j’ai fait des progrès dans la perception de mon genre ». Ille sortit donc un jean un peu moins étroit que d’habitude et un T-shirt presque à la bonne taille, bleu pâle avec deux poissons sur le devant, entourant un hameçon et racontant des conneries en russe. Ca plus une casquette en velours bleu canard comportant de nombreux badges, des converses noires, et ille sortit, espérant ne croiser personne. En même temps, qui pourrait ille croiser dans les parages ? Pour l’instant il n’y avait rien à craindre, et Raphaëll put donc se concentrer sur sa préparation psychologique à ce qui allait suivre. Déjà, oublier toute pensée perverse qui pourrait venir se mettre dans son esprit. Bascule sur le bureau, les cheveux longs du psy caressant son visage… Raphaëll secoua la tête. Pourquoi il voudrait d’un truc de sexe incertain ? Puis il était bien trop machiavélique pour ça. Puis c’était un psy. C’est pourquoi ille s’appliqua à penser à son gros orteil, à un mur de brique, et une fois la configuration d’origine rétablie, ille remplaça ses fantasmes par d’autres, non pas factices car très sincères, mais moins risqués. La première image qui lui vint fut celle du torse de Fausto, dénudé, dans le parc. Et puis celle de Judith Francoeur, cette fille qui l’effrayait. De nouveau Fausto. Søren. Et puis Léo, sa nouvelle colocataire. Bon, pour ça c’était ok. Maintenant il fallait s’appliquer à penser à des trucs de fille, sauf que Raph’ n’avait aucune idée de ce que ça pouvait être. Ille pensa donc à des fringues, à des fêtes, et puis à tous les trucs banals d’un adolescent, occultant ainsi son passé, son désir frustré pour le psy, et d’autres trucs pas vraiment nets.

Ce faisant, ille cheminait vers le bureau. Et y arriva enfin, la mine d’un staphylocoque doré peinte sur le visage. Prit son courage à deux mains pour frapper à la porte. La voix si sex… Si froide du psy se fit entendre. Et alors la magie opéra. Raphaëll quitta son air blasé et son allure bravache pour devenir le docile petit toutou, attitude qu’il réservait au psy, à cause sans doute du désir et de la terreur que celui-ci lui inspirait. Ille passa la porte, et resta planté là. Rougit un peu, ne sachant pas quoi dire.
Et lâcha d’un petite voix, enfin dans la mesure du possible quand on sait comme sa voix est rauque :


« --Bonjour, Monsieur Feulwood… »

Et resta encore une fois là, ne sachant que faire, se tortillant et se dandinant d’un pied sur l’autre, froissant son T-shirt entre ses doigts, visiblement très mal à l’aise, et surtout prêt à obéir à n’importe quel ordre qu’il lui donnerait.
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MessageSujet: Re: Entre donc, petite Raphaell....   Mer 31 Aoû - 20:04

Et la porte s'ouvrit. Le sourire du psychologue s'agrandit, c'était bien sa petite Raphaëll... Cette pensionnaire était un phénomène amusant, cumulant les pathologies. Elle était un bon passe-temps pour le psychiatre, disons qu'elle était un peu plus complexe à cerner que les autres adolescent, elle n'était pas juste dans une phase de dépression adolescente. Elle avait plus de soucis. C'était ce qui la rendait intéressante. Bien plus que toutes ces pâles copies conformistes... Ici, il y avait une vrai étude à fournir, une véritable complexité à dénouer, même si ce n'était pas un secret très difficile à percer. Mais que voulez vous, on s'amuse de ce que l'on a !

Le psychologue se leva doucement, ses cheveux aujourd'hui détachaient se bousculèrent sur ses épaules. Il les repoussa avec un geste doux, et maîtrisé. Puis, il s'avança vers sa patiente. Ses yeux la parcouraient. Il s'amusait toujours de ses tentatives pour montrer ses « progrès » par le biais de son habillement. C'était si drôle. Croyait-elle qu'un tee-shirt plus féminin témoignait d'une progression ? Croyait-elle qu'il ne les regardait pas entre eux, dehors, agissant réellement, sans fard. Il n'était pas dupe. Et qu'on le prenne pour un imbécile était, comment dire, frustrant ? Exaspérant ? Non, mortellement énervant. Mais il n'en laissait rien paraître. Il ne devait pas perdre sa crédibilité en temps que gentil psychologue rassurant. Il s'avança donc d'un pas calme, vers la porte.


« Bonjour Raphaëll... »glissa-t-il de sa voix suave et si calme.

Elle avait l'air si fragile là, rougissante, si timide. Quelle mascarade. Alors qu'il la voyait parfois, complètement désabusée, débraillée, salement sexuelle. Et là, elle se transformait en cette petite fille modèle, en son honneur. C'était trop. Il en aurait ri s'il avait pu. Il se contentait d'un sourire hypocrite. Il passa à côté d'elle, la frôlant légèrement. Son bras se glissa derrière elle, fermant la porte dans un léger claquement. Comme tombe une lame sur le cou d'un guillotiné. Mais qui aurait idée de penser à une telle métaphore en rentrant dans ce bureau si apaisant ? Personne voyons.

Puis sa main alla se poser sur l'épaule de l'adolescente, d'une façon assez paternaliste, assurée et rassurante. Ses doigts n'exerçaient aucun pression, uniquement un contact agréable, sympathique. Il se pencha légèrement à côté d'elle, son profil arrivant au sien.


« Tu sais, je ne vais pas te manger... Tu peux aller t’asseoir ou t'allonger sur le divan, ce sera plus confortable... » murmura-t-il d'un ton délicat et amusé à la fois.

Sa main libre lui désigna le divan de cuir blanc, avant qu'il ne se déplace. Il alla lui même récupérer le dossier de la demoiselle, avec un stylo plume, très joliment ouvragé d'ornements doré, qui n'était autre que de l'or véritable. Vous ne croyez tout de même pas que j'allai écrire avec un stylo premier prix. Puis l'homme souverain alla s'asseoir sur un fauteuil à côté du divan. Tout aussi confortable, et puis au moins, ce n'était pas un lieu de torture. Car oui, si Cecile avait été à la place de ses patients, il aurait qualifier la psychanalyse de torture à but informatif. Il laissa la petite s'asseoir, remplissant sa fiche de suivie de sa fine écriture, tout en finesse, légèrement penchée vers la droite.

« Alors Raphaëll, qu'as tu de beaux à me raconter aujourd'hui... »demanda-t-il en relevant son regard vers elle, ses yeux se plantant dans les siens.

Allez, mens moi ma petite, de toute façon je lis en toi comme dans un livre ouvert à présent...

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MessageSujet: Re: Entre donc, petite Raphaell....   Sam 3 Sep - 13:08

*Seigneur, je retire tout ce que j’ai pu penser sur vous, Seigneur je vous en prie faites moi sortir d’ici, et je promets de devenir quelqu’un de vertueux…*

Mais visiblement, Dieu a mieux à faire que d’écouter les prières d’un(e) androgyne contre-nature, rongé par la luxure et infiniment hérétique. En tout cas on dirait, puisque la porte se referme, et le prédateur fond sur sa proie. Evidemment Raphaëll, paralysé, obéit au doigt et à l’œil. Ille aurait peur de prendre de coups que ça ne serait pas plus docilement qu’il suivrait les autres. D’un pas robotisé, ille se dirige vers le sofa indiqué d’un doigt qu’ille trouve divin. Comme une marionnette, ille est ensorcelé. Le psy ne va pas le manger, la bonne blague. S’ille n’était pas terrifié, ille en rirait presque. Obéissant aux ordres, le polonais va s’asseoir, genoux serrés, sur ce maudit sofa beaucoup trop blanc, sur lequel ille voudrait faire caméléon. Ille a l’impression qu’il va mourir sur-le-champ, sans doute d’un arrêt cardiaque, tant son cœur bat la chamade. Un seul regard au psy, et ille se raidit extérieurement, et fond intérieurement. Toute sa préparation ne lui est d’aucune utilité. Raphaëll se demande comment ille va faire. Okay, concentre-toi, pense à ton gros orteil. Non, à un mur de brique plutôt. Non, non, plutôt, pense à… A… Pense à un beau gosse notoire et reconnu. Pense à… Nao, non. Nikita, non. Makk… Kel… Pense à Judith ! Pense à elle fort fort fort, ne pense qu’à elle ! Avec son pouvoir, ça paraît normal que t’aies craqué.

« Tu sais, je ne vais pas te manger... Tu peux aller t’asseoir ou t'allonger sur le divan, ce sera plus confortable... »

Ben c’est déjà fait. Et puis quant à savoir s’il va manger le polonais, ça… Il a tout l’air d’un chat qui se pourlèche les babines devant un pauvre rat sans défense. Et Raphaëll se sent parfaitement taillé pour le rôle du rat. Bref.

« Alors Raphaëll, qu'as tu de beaux à me raconter aujourd'hui... »

Okay, tout va bien, invente un gros mytho tellement gros que ça pourrait passer pour vrai. Bon, déjà, parle de Judith. Raconte quelques éléments vrais, crédibles. Débrouille-toi, faut surtout pas qu’il sache que… Un autre regard vers cet idéal de beauté, un frisson.
Je suis totalement dans la tarte jusqu’au cou. Bon. C’est pas grave. Tout va bien. Fait genre. Okay. Caaaalme. Respire. Dis toi que tout va bien, ne pense pas à qui tu sais avec son fut’ de cuir, et encore moi à qui tu sais à l’attitude de fauve, pense à Judith, pourquoi pas à Léo, et c’est tout. Everything’s alright. Toumtoumtoum, chantonne dans ta tête. Mais voilà que le psy interromp le monologue intérieur de l’androgyne.


« Alors Raphaëll, qu'as tu de beaux à me raconter aujourd'hui... »

Qu’est-ce qu’il a de beau à… Oh. L’androgyne se dandine sur son sofa, très très mal à l’aise. Bon, comme il est impossible de penser, parce qu’on ne sait jamais de quoi un psy est capable et que l’androgyne risque de trahir ses pensées par un geste ou une parole, il faut faire à l’instinct tout en pensant distinctement au postérieur de Judith. Elle a des fesses si appétissantes, il faut bien l’avouer, et puis, elle est si belle… Avec son pouvoir en plus, comment lui résister ?
D’une raideur cadavérique, crispé à l’extrême, le polonais essaie de ne pas penser. Pas facile, même pour quelqu’un d’aussi bestial. Ille ferme les yeux, assailli par les images de Matovchka, du corps calciné de Gienick, des tortures, du feu, des larmes, du mariage, les images du corps pourrissant, du visage dément de sa mère, de la longue plaine noire étendue, assailli par l’odeur et le goût de la moisissure… Ille bascule en arrière, à moitié en transe. Voilà aussi pourquoi ille déteste venir ici. Non, non, Raphaëll, n’y pense pas, ne pense pas à l’Enfer que c’était dehors, et ne pense pas à l’enfer que tu sais être cet endroit. Il ne faut pas y penser pour éviter de le révéler, pour ne pas mourir. Tout faire, sourire, sourire pour ne pas mourir. Tu ne veux pas passer encore davantage pour un fou, n’est-ce pas ? Ne pense pas aux scalpels, aux gaz, ne pense pas à tout cela… Tu veux vivre pas vrai, tu es prêt à faire n’importe quoi pour vivre, à les sacrifier tous pourvu que tu demeures… Les autres ne t’importent pas, pas vrai ? Va, petite créature infiniment maigre et fragile. Personne ne te croit de toute manière.
Bon, euh, pas grave. Toute façon, ça reste une introspection, personne n’entend ce qu’il pense, alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… Il n’y a aucune raison de paniquer…Je suis le seul à savoir ce qui se trame dans ma tête, et avec un peu de chance rien ne me trahira…


« Ben, pas grand-chose de plus que d’habitude, si ce n’est que ma colocataire est seeexy… C’est con pour elle qu’elle soit chez les NUTS, d’autant que c’est ma faute… Enfin, l’autre jour j’ai eu un étourdissement, et j’ai un blanc dans ma tête… Je suis quasiment sûr que c’était… Ces choses, là, qui nous surveillent…. Elles me surveillent tout le temps… Quand je dors, quand je me lève, quand je me lave, quand je mange… Tout le temps… Et… Elles me font peur… Je sais tout, je sais que je ne dois pas le dire sans quoi je risque… Gros… Et je ne veux surtout pas souffrir encore… Je ne veux pas souffrir plus… Je veux aller bien… Je m’en fous qu’ils soient tous des cobayes, je veux juste m’en tirer indemne… Je me fous du sort des autres, je… Ils n’ont pas d’intérêt autre que le divertissement pour moi…»

Et ille a beau dire ça, l’androgyne n’est pas convaincu. Il y a quelques personnes dont ille voudrait qu’elles sachent, qu’elles se préservent de ce qu’on leur fait ici… Mais pour leur propre bien, ille ne doit pas leur dire. Ille ne veut pas qu’elles soient comme lui, considérées comme folles et bonnes à jeter, rejetées de tous, comme ille l’a longtemps été… Léo ne s’est pas encore rendu compte de l’enfer que c’est d’être un NUTS, mais elle va bientôt le découvrir… Et Raphaëll s’en veut pour ça. Ille ne veut pas faire subir ça à d’autres. Et malgré tout la présence de Léo dans sa chambre lui rappelle sans cesse sa culpabilité, sa fragilité qu’ille ne révèle que dans cette pièce, à la personne qui mérite peut-être le moins qu’ille la lui révèle. A une personne qui lui flanque une trouille infernale et un désir incontrôlé, qu’ille arrive à cacher, espère-t-il, mais sans savoir comment.

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MessageSujet: Re: Entre donc, petite Raphaell....   Sam 17 Sep - 23:23

Quel beau métier que psychologue. Observer. Toujours. Relever tous les détails les plus infimes. Laisser une personne vendre ses propres secrets en essayant de les cacher. Ce métier est vraiment fabuleux. Il vous offre un tel panel de diversités, de réactions, de peur. Car oui, un psychanalyste fait peur à beaucoup de personnes. Pourquoi donc Cecile a ses convictions, ses hypothèses et certaines causes avérées chez plusieurs patients. Mais ce qui revient souvent, c'est le côté fouille souvenirs. Comme si ses questions pourtant vagues ramenaient toujours sur le devant de la scène ce que tous veulent oublier. Amusant n'est-ce pas ? Enfin, tout cela permet de tout révéler chez les individus.

Par exemple, cette chère petite avait de gros dérèglements. Vraiment. Sans doute autant que lui. Du moins, sur son rapport à autrui. Cette petite était complètement à côté des rapports sociaux habituels. Elle n'arrivait pas à se stabiliser. Sans doute à cause de son passé, comme tous les individus de cet endroit. Un régal pour l'observation. Un spécimen d'étude amusant.

Cecile s'installa un peu plus confortablement dans son fauteuil. Il occupait l'espace, s'appuyant légèrement de biais sur le dossier du fauteuil, ses jambes se croisant. Saviez vous que la position que vous preniez en vous asseyant rendait compte de vos rapports à la situation ? Saviez vous que si vous vous ratatinez, que vous vous asseyiez au bord de votre chaise, cela voulait dire que vous étiez dans une position de peur, d'infériorité, et de manque de confiance ? Au contraire, lorsque vous occupez l'espace, vous êtes en confiance, prêt à tout entendre, tout affronter. Le psychologue asseyait sa position de dominant dans la situation présente. Il repoussa une mèche de cheveux, attendant les paroles de sa patiente. Sans montrer un quelconque signe d'empressement. Son métier était de savoir attendre. Laisser le patient dire ce qu'il ne voulait pas vous avouer. La trahison ne vient que de soi en un tel lieu.

Étrangement, son mal de tête s'était atténué. Peut-être parce que son cerveau pensait à l'amusement que cette chère Raphaëll allait lui procurer. Cela éclipsait la douleur. C'était très simple comme méthode pour oublier la douleur que de penser à autre chose, mais encore faut-il que cette chose soit assez captivante. Heureusement, il avait le médicament parfait. Et il ne le quittait pas des yeux. Il arborait ce regard calme, faussement amical, faussement détaché. Le regard de tout les psys. Celui qui paraît intéressé même si vous parlait de papier toilette, de physique quantique ou de géopolitique. L'essentiel n'est pas de comprendre et écouter tout ce que l'on vous dit, juste d'avoir l'air d'y prêter une grande attention. L’égocentrisme de tout un chacun fera le reste, et comblera les blancs de cette fabuleuse séance que certains s'arrachent à la surface, comme certains voudraient s'en arracher ici.

Et la machine à remonter le temps commença pour le cobaye. Cecile ne quittait pas son regard. Se délectant de chaque nouvelle image qu'il pouvait capter. Pour analyser. Pour voir ce que lui avait évoqué la simple question qu'il avait posé. Il trouva facilement des liens. Des causes et des effets, plus ou moins étrange. S'achevant par une jouissive violence. Ces images eurent sur lui l'effet d'une dose d'adrénaline. De la souffrance, de la douleur, des morts. Quelle délectation. C'était un bon palliatif, faute de pouvoir se soulager soi même de certaines pulsions, comment dire, délétères. Les pensées concernant leurs pratiques ici l'amusèrent moins. Mais il ne s'en faisait pas pour autant ni pour les scientifiques, ni pour leurs projets, voire les siens. Il était tellement facile de lui faire croire que c'était elle qui était folle. La convaincre d'une fausse folie. Détruire le peu de lucidité qui lui restait. C'était son but. N'avait-il pas ce pouvoir avec ses diagnostiques, ses remarques ? Il l'écouta. Il attendait qu'elle finisse pour parler. Pour achever un travail de destruction. C'est tellement jouissif de détruire quelque chose de beau.

« Humm... Vous savez pour votre colocataire, je pense que vous devriez oublier cette idée. Si elle est arrivée dans cette section, c'est qu'elle a quelques soucis, ce n'est pas de votre faute. C'est comme vous, ce n'est pas une punition, vous savez que c'est pour vous aider à aller mieux. On ne veut que votre bien ici. »répondit-il d'abord.

Puis, il se leva, et attrapa dans un meuble, une bouteille d'eau et un verre qu'il remplit ainsi qu'une barre chocolaté. Il revint vers la petite chose toute crispée qui tenait office de patiente. Il lui tendit le verre avec un sourire, puis la friandise. La prévenance, le soucis, l'attention, des petites choses qui rendent votre rôle tellement plus convaincant.

« Tenez, vous devriez boire un peu et manger, vous êtes pâle, cela sera un bon début pour aller mieux non ? On est toujours requinqué par ces petites choses sucrées. » dit-il avec un sourire avant de s'asseoir à nouveau face à elle.

Son sourire était posé calme. Sa voix douce, ses intonations auraient pu être celles d'un père aimant. Comme celle de son père avant qu'il ne l'abandonne la pauvre petite. Il se pencha légèrement vers elle.


« Raphaëll... Vous rendez vous compte de ce qu’implique ce que vous dites ? Vous voulez dire que là en ce moment même « des choses » nous observeraient ? Qui est-ce que nous pourrions bien intéresser ? Votre idée est un peu exagérée. Vous pensez que nos si petites existences intéressent des « choses » ? Et d'ailleurs, quelles sont-elles ses choses ? Vous pourriez m'en dire plus ? »

Il marqua une pause.


« Vous savez, on a toujours l'impression d'être jugé, observé, c'est normal, c'est le regard d'autrui. Mais, cela n'a pas d'importance ici. Ici personne ne vous fera du mal. Ici personne ne fera... d'expérience sur vous. Vous vous faites une fausse idée. Je vous l'assure. »ajouta-t-il avec tout l'empathie qu'un père peut avoir pour sa fille.

S'il pouvait remuer des choses en elle, il savait que ce n'était que par ce traître biais de l'identification au père. C'était un facteur rassurant et émotionnel non négligeable.
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