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| | [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) | |
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Oh ! This is Trinity Takamura 1

•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Mar 14 Fév - 22:09 | |
| *Je vais le tuer....*Voilà la seule pensée qui traversait l'esprit de Trinity depuis qu'il était entré dans une tenue qu'il aurait volontiers qualifiée de « pinguinesque » dans le hall de l'anémone dansante. L'anémone dansante, rien que le nom, déjà, c'était à vomir. Mais pourquoi, pourquoi avait-il donc accepté de suivre Anoki ici ? Il se sentait déplacé dans un tel endroit où les jeunes gens riaient, se bécotaient, s 'échangeaient mille et une banalités. En plus, il y avait trop de monde, beaucoup trop de monde, et Trinity n'aimait pas cela. C'était compréhensible, pour la petite bombe radioactive en puissance qu'il était. Il ouvrit d'ailleurs un petit pillulier, et absorba d'une traite son contenu. Une dose supplémentaire de son traitement. Il préférait éviter tout risque. Le jeune mutant inspira profondément. Il se sentait enfermé dans un carcan avec cette tenue qui ne lui plaisait pas et qu'il ne trouvait pas du tout saillante. Un costume noir, trois pièces, avec une chemise noire. Pas de cravate ni de nœud, il n'irait jamais jusque là ! Mais malgré cela, il se trouvait une allure très dixneuvièmiste empêtré dans des vêtements et une époque qui ne lui convenaient pas. En plus, ce pantalon et cette veste faisaient ressortir l'aspect longiforme de sa silhouette. Il avait l'air d'un mort vivant tout droit sorti de son cercueil. Enfin, il pourrait toujours remettre cette tenue idiote pour Halloween. *C'est décidé, je vais le tuer, le hâcher menu et le donner aux poissons de l'aquarium.... Dès que j'aurai remis la main sur lui.*Dit discrètement la petite voix dans sa tête, mais d'une façon étonnement posée et calme, à la manière de Trinity, sans jamais trop d'excès de colère, à peine quelques élans de mauvaise humeur bien vite contrôlés. Le jeune homme balaya la foule du regard, à la recherche de l'albinos, espérant le trouver d'un coup d'oeil. Enfin, un type aux cheveux blancs, aux yeux rouges et à la peau pâle, cela devait vite se retrouver, même dans une foule pareille ! Hé bien non, il fallait croire que l'esprit de Noël s'acharnait contre lui : point d'ombre blanchâtre à l'horizon. Puisque c'était ainsi, il allait rentrer à leur chambre. Il en avait déjà plus qu'assez de cette soirée. Il décida donc de faire demi-tour, mais fut un instant troublé par l'image de deux connaissances, qui filmaient un ami en train d'ouvrir un paquet. Un flot de nostalgie s'empara de Trinity. Le dernier soir de Noël qu'il avait passé sur la terre, ce fut dans une ruelle, et ce fut également le jour où il rencontra l'homme qui l'avait amené ici. Une chance, hein ? Il voulait encore s'en convaincre, mais au fond, Atlantis était parfois une cité bien étrange... Les jeunes gens rirent, et Trinity se referma. Ce qu'il pouvait bien détester Noël... | Citation: | « - Trinity, vient ouvrir tes cadeaux ! »
L enfant se précipita sur la petite pile de paquets emballés au pied d'un sapin synthétique, alors que son père le filmait avec une de ces minuscules caméras à la mode qu'on voyait fleurir partout dans le commerce. Il avait l'air si content, cette petite bouille au regard si intense, alors qu'il déchirait avec frénésie l'emballage en s'exclamant à chaque nouvelle découverte avant d'aller aussitôt reporter son attention sur le présent suivant.
« - Fais attention de ne pas te blesser, Trinity ! »
Lança sa mère, avant que son père ne lance à sa femme un regard à la fois amusé et réprobateur. Lily capitula. C'était noël, après tout ! Sur la bande, on pouvait entendre la voix du japonais :
« Hé ! Pas si vite, bonhomme, la caméra ne filme que 10 000 images par seconde ! C'est peut-être de la nouvelle technologie, mais n'exagère pas ! Petit sauvage ! »
Dit-il en s'approchant de Trinity, manquant de peu de se prendre un coup dans le nez devant les gestes frénétiques et impatients du jeune garçon. Mais l'enfant n'avait que faire des injonctions de son père... Il avait un tas de paquets à ouvrir ! Soudain, Son père cessa de filmer, et regarda intrigué sa caméra, alors que l'enfant ne lui prêtait encore aucune attention. Sa femme se tourna vers lui.
« Tu ne filmes plus ? »
Dit-elle, étonnée que son mari ne désire plus mettre en boîte chaque seconde de la vie de leur précieux petit bonhomme.
« Je ne sais pas... l'image de la caméra s'est soudain mise à sauter, et tout s'est arrêté, je n'ai plus d'image, juste l'écran qui se rétro-éclaire, je n'arrive pas à la redémarrer.... Décidément, c'est la série!après l'écran et la tablette, c'est au tour de cette fichue caméra... »
Sa femme posa la main sur son épaule, et lui ôta l'objet électronique des mains. Elle lui sourit tendrement.
« Ce n'est pas grave, nous t'achèterons un nouveau jouet plus tard... En attendant, regarde le avec tes yeux, aux lieu de le faire à travers un objectif. Car même avec un million d'images par secondes et la plus haute résolution du monde, tu n'auras jamais de meilleur rendu de ce moment que celui que t'offre tes yeux... »
Il lui sourit tendrement. Elle n'avait pas tord. Elle posa la caméra sur le buffet, derrière eux, et se lova dans ses bras. La petite boule de nerfs qui leur servait de fils se jeta alors dans leur bras pour un gros calin, soulevant un rire affectueux de sa mère. Au même moment, toute la famille sursauta. Derrière eux, la caméra venait de rendre l'âme dans un jet d'étincelles...
Si seulement ils avaient su, alors... |
Trinity sursauta et eut un mouvement de recul, mais trop tard. Son beau costume tant haï se retrouvait à présent couvert de boissons. Il ferma les yeux, le temps de retrouver son calme, et n'écouta pas le maladroit qui venait de lui reverser son verre sur la chemise. En fait, il ne le regarda même pas. Il se contenta de rouvrir les yeux, prendre un verre sur un plateau, et le balancer le plus calmement du monde en direction de l’inopportun avant de lui tourner le dos pour filer vers les toilettes. La classe, en somme... Bien qu'avec sa carrure de crevette, mieux valait que l'autre ne se mette pas à lui courir après, parce qu'il n'aurait sûrement pas fait long feu, le joli androgyne.
Tout en gardant une certaine maîtrise de lui-même et de sa contrariété, notre sale caractère ambulant et zen entreprit d'aller passer un peu d'eau sur sa chemise avec du savon, tentative bien mince pour enlever toute trace de l'incident. Bien sûr, il n'eut pas l'audace de retirer sa chemise. Il était bien trop pudique pour cela...
Et dire qu'il voulait rentrer ! Il se retrouvait maintenant légèrement retardé. Car plus que l'ennui et la contrariété, ce que Trinity détestait, c'était d'être tâché ou d'avoir l'air négligé. Avec cette tâche, décidément, c'était gagné. Il était en rogne pour le restant de la fête. Et en plus, il ne savait même pas danser... |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 55 •• Pearls: 336
 | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Mar 14 Fév - 23:51 | |
| ~♪ La fête avait commencé. Comme toutes les fêtes, certains s'amusaient, d'autres se retrouvaient cantonnés dans un ennui profond. Fausto était dans la seconde catégorie. Il n'avait rien trouvé d'intéressant. Pas d'alcool pour fuir la morne réalité. Il était seul. L'an passé aussi il avait été seul, mais dans un asile. C'est une situation un peu différente. Là, sa solitude n'était pas atténué par un traitement à assommer un cheval. Il était seul, il le sentait, et il se souvenait. Le souvenir de ces Noël, où ils avaient été deux. Cela devenait à chaque téléportation un peu plus flou, mais, il savait qu'avec Andrea, ils avaient passé des moments heureux en cette période. Et maintenant, il se retrouvait comme un c*n, au milieu de tous ces petits jeunes. M*rde. Qu'est-ce qu'il foutait là ?
Il attrapa un verre au passage d'un plateau. Il le but d'un trait. Il voulait partir. Quitter cette foutue fête où il n'avait pas sa place. Tant pis, il emmerderait sans doute Niki et son cher surveillant qui avait du voler au secours de sa détresse -ce qu'ils pouvaient être prévisibles avec leurs mélodrames-. Pourquoi n'y avait-il pas d'alcool dans cette soirée ? Ils pensaient aux gens paumés comme lui ? En âge de se vriller la tête en toute légalité. Fausto aperçut au loin le gamin des magasins. Il était sans doute heureux lui. Avec le fantôme blanc en train de revenir à la vie. Mais lui ? Lui, qui s'intéressait au pauvre type antipathique et indépendant qu'il était ? Il sentait l'angoisse l'étreindre. Cette bonne vieille angoisse. Il aperçut au loin le psy. Même lui avait l'air heureux au bras d'un étudiant. Il n'y a aucune justice. Il fouilla dans sa poche, attrapant les pilules qu'on lui avait prescrites, à prendre dès qu'il sentait une crise arriver. Il avala les petits cachets. Juste ce qu'il faut pour oublier le malheur. Le bonheur est dans les antidépresseurs.
L'angoisse s'apaisa, ne laissant que l'ennui. Cela, il pouvait y remédier. Son regard améthyste parcourut la grande salle. Cherchant quelque chose d'intéressant. Il s'arrêta finalement sur un garçon, pas franchement mis en valeur par son costume. Il semblait aussi paumé que lui. Peut-être même plus. Il avait l'air perdu dans ses pensées. Et puis... Le drame arriva, un type pressé avec un plateau, le verre qui choit. Il aurait été plus réactif -soit pas totalement shooté par ses médicaments-, il aurait pu sauver sa chemise, ce ne fut pas le cas. Il se contenta de regarder la scène. De rire dans son coin en voyant sa réaction, ce retour de verre avait un quelque chose de fabuleusement divertissant. Cet androgyne avait du caractère. Il lui plaisait bien. Son regard suivit sa sortie. Cela aurait pu s'arrêter là, mais... Mais, il se téléporta entre la sortie vers les toilettes, et le maladroit à présent énervé. Son apparition le surprit, son regard réprobateur encore plus. Il attrapa le col du gamin, assez fermement. « Maintenant, tu lui fiches la paix, sinon, j'hésiterai pas à te balancer du haut du plafond. Compris gamin ? Alors tu reprends ta route, tu apprécies ta soirée trempé, et tu ne t'avises pas de lui chercher des problèmes, okay ? » déclara-t-il avec autorité et un sourire carnassier.
Le bluff, il n'y a que ça de vrai. Le gamin acquiesça apeuré. Il lâcha son col. Le gamin rebroussa chemin. Le mutant eut un sourire satisfait, puis se dirigea sur les traces de son protégé. Car, oui, c'était décidé, il avait un nouveau protégé. Et quoi que dise celui-ci, il resterait son protégé. Il avait besoin de se trouver des objectifs dans cette fête, dans cet aquarium, sinon, il allait devenir dingue et vouloir retrouver la surface, même si cela était très risqué, même avec son pouvoir.
Fausto passa la porte de toilettes, trouvant une pauvre petite chose assez désappointée avec une énorme tâche sur une chemise trop grande et mal taillée par rapport à sa physionomie. « Mauvais début de soirée hein ? Cherche pas, elle partira pas. » dit-il en observant sa tâche.
Mais au lieu d'en rester là, avec son sourire moqueur, il enleva son veston blanc, et retira sa chemise noire qu'il déposa sur le lavabo à côté du gamin. A croire que c'était une habitude chez lui de se déshabiller pour aider la veuve et l'orphelin. « Tu peux la prendre, j'avais trop chaud de toute façon. » Sa justification ne semblait guère tenir la route, mais qu'importait. Il remit son veston qui laissait voir ses bras remplis de cicatrices, une partie de son torse pas moins épargnée par les restes de brûlures. Il jeta un regard à l'androgyne. « J't'attends dehors, j'aimerai bien t'offrir la prochaine danse. » dit-il finalement d'un ton très désinvolte.
Puis, sans autre forme de cérémonie, il quitta la petite pièce pour l'attendre dans le couloir, cela avait du se passer en quoi, trente secondes, sans qu'il ait pu laisser son camarade dire quoi que ce soit. En plein courant d'air. En fait ça caillait un peu. Mais tant pis. Il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon de velours – oui, oui, il avait quitté son vieux cuir-, l'air vaguement endormi, mais un sourire nouveau naissant sur ses lèvres... |
|  | | Oh ! This is Trinity Takamura 1

•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Jeu 16 Fév - 0:38 | |
| Trinity était loin de se douter qu'à quelques pas de lui, un jeune homme intervenait en sa faveur dans le conflit qui opposait son sale caractère à la maladresse revancharde d'un autre mutant. Et en un sens, tant mieux. Parce qu'il savait se montrer terriblement susceptible, et qu'il n'aurait sûrement pas apprécié qu'on le protège. Il aurait sans nul doute préféré en venir lui-même aux mains, pour faire de nouveau un énième séjour à l'infirmerie. La poupée était fragile, mais elle ne voulait pas n'être qu'une poupée. Et atlantis, lieu fermé par excellence, exacerbait ses émotions, chose nouvelle pour le jeune androgyne. Il commençait à s'ouvrir, mais il dévoilait aussi une part un peu plus impulsive de son caractère. « Fais ch**r! »Trinity ne pouvait s'empêcher de frotter de façon impulsive la tâche qui, loin de disparaître, n'en paraissait quer plus présente à mesure que le tissus devenait translucide. Il ne remarqua même pas qu'un individu était entré dans l'espace exigüe, chose exceptionnelle vu qu'il avait l'habitude d'être plutôt sur la défensive. Ce n'est que lorsque le bel inconnu lui adressa la parole que Trinity daigna relever son regard et le poser sur l'étranger. Atlantis n'était pas une ville très grande, au final. Aussi pouvait-il prétendre connaître presque tous les visages de vue. Mais ce visage là ne lui disait vraiment rien, rien de plus qu'un ombre en tout cas. Ce qui lui donnait déjà une précieuse information : ce n'était sûrement pas un muse... Trinity était d'humeur assez maussade pour s'apprêter à lancer un « de quoi j'me mêle » agressif à son sauveur anonyme, mais ses paroles restèrent coincées entre ses lèvres quand il vit l'autre commencer à se déshabiller. Automatiquement, bien sur, le métis piqua un fard, ce qui, sur une peau pâle comme la sienne, était plus que visible. Déjà, le jeune homme n'était pas déplaisant à voir, mais en plus, ce genre de comportement choquait un peu l'aspect prude de la psychologie de Trinity. Le jeune garçon recula légèrement. Il fallait le comprendre : il était seul face à un type qui se déshabillait dans les toilettes pour homme. « Hé ! Mais t'as un problème ? »Lança-t-il un peu courroucé et méfiant. Atlantis avait beau être soit disant le paradis des mutants, il y avait tout de même des types louches qui y trainaient, et le jeune homme ayant vécu dans la rue savait très bien ce que cela pouvait signifiait : peu de mutant sortait du cocon bienveillant d'une famille avant d'arriver ici, et il était donc compréhensible que Trinity analyse le geste de Fausto comme suspicieux... Suspicion qui vola vite en éclats quand le jeune homme posa sa chemise près de lui, sur le lavabo. | Citation: | | « Tu peux la prendre, j'avais trop chaud de toute façon. » |
Un instant, on aurait dit que Trinity était en mode pose, alors qu'il ramassait la chemise impeccable. Il offrit donc une chose assez rares à Fausto : son regard dénué de toute expression glaciale, marqué seulement par la surprise et l'incompréhension d'un geste aussi attentionné de la part d'un inconnu.
» ben... heu... merci... »
Bafouilla t-il timidement, avant de se reprendre. Ce type devait lui voulait quelque chose. Il ne saurait en être autrement.
| Citation: | | « J't'attends dehors, j'aimerai bien t'offrir la prochaine danse. |
Subitement, le jeune homme fut ramené à une réalité bien dure. Il regarda le jeune homme lui tourner le dos et se mit à protester vigoureusement :
« Hé ! Mais je sais pas.... »
La porte de referma.
« Danser... »
Souffla-t-il, dépité, avant de pousser un profond soupir et de fermer les yeux. Anoki allait mourir... Il fallait qu'il se sorte de ce pétrin avant d'être tout à fait humilié jusqu'à la fin de ses jours. Et puis, qu'allait penser ce type si le jeune homme lui piétinait les pieds à tout va ? Parce que c 'était exactement ce qui allait se produire... Il fallait qu'il s'échappe, et vite !
Trinity enfila donc rapidement sa chemise, et entreprit d’échafauder un plan pour se sauver discrètement et rentrer à sa chambre. Une fois habillé, il plongea la main dans sa poche à la recherche des clés de sa colocation... qu'il ne trouva pas. Et là, le jeune homme vécut un grand moment de solitude.
*Anoki, je te promets, tu me le paieras...*
Se dit-il, alors qu'il se rappelait que c'était justement son colocataire qui avait leurs clefs et que les siennes dormaient tranquillement à l'appartement. Visiblement, ce soir, les élèvements s'enchaînaient. Le jeune métis, après un moment considérable, finit donc par sortir des toilettes, espérant presque que son bienfaiteur se soit enfui, lassé. Il allait être ridicule...
Pourtant, cela aurait pu être simple. Il lui suffisait de refuser la danse, de dire qu'il ne savait pas danser, qu'il avait mal au ventre, qu'il avait le pouvoir de changer quiconque le touchait en affreux crapaud et le tour était joué... Mais il y avait dans le comportement de Fausto quelque chose de touchant, et de terriblement attrayant. Peut-être un peu de reconnaissance pour le geste qu'il lui avait concédé un peu plus tôt. Peut-être tout simplement un certain charme qui émanait de l'inconnu. Bref, indubitablement, malgré son air bougon et son sale caractère, Trinity était intrigué par Fausto, et trouvait même tout au fond de lui un certain plaisir à l'idée de partager cette danse avec l'inconnu.
| Spoiler: | | | Désolée, poste pas terrible!^__^ |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 55 •• Pearls: 336
 | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Jeu 16 Fév - 11:55 | |
| C'était vil de ne pas même lui laisser le temps de répliquer. De ne pas lui laisser le temps d'opposer un quelconque argument. Fausto le savait bien. Mais appuyé contre le mur froid à l'extérieur des toilettes, il n'avait aucun regret. Après tout, il n'y avait pas mort d'homme ? Il voulait juste passer un peu de temps avec ce garçon. Une danse, ce n'était pas le bout du monde ! Et si jamais après cela, le gamin voulait qu'il lui fiche la paix, il le laisserait tranquille pour le restant de la soirée. Le brun avait beau être sûr de lui, il n'en était pas moins respectueux. Et il savait ce que cela faisait de se faire aborder trop abruptement, il avait été le jeune bel homme que les plus vieux abordait. Les rôles avaient juste changé avec le temps. Logique...
Son pied se posa sur le mur, asseyant un peu mieux sa position, la rendant un peu plus confortable. Il était bien décidé à attendre le temps qu'il faudrait. Bien décidé à voir autre chose que de l'agressivité dans le regard sombre de l'adolescent. Il en avait eu un avant-goût, et franchement, ça valait le détour. C'est drôle de voir les stratégie de chacun pour survivre. Certains sortent les crocs à chaque approche. Ce garçon en fait partie. Il devait aboyer à chaque mouvement vers lui, à chaque tentative d'approche de la part de quiconque. C'était triste de voir dans un tel isolement quoi que ce soit de salutaire. Repousser les autres ne servait à rien. Cela ne faisait qu'attiser la curiosité de certains, la haine de la part d'autres. Ce gamin gagnerait sans doute à se laisser approcher. Ne serait-ce que pour trouver un soutien. Car, aucun doute là dessus, on a pas ce comportement par hasard, ce gamin avait du être seul. Confronté au pire. Comme beaucoup ici. Sans doute son pouvoir pouvait-il s’avérer très visible. Ou détectable. Ou mortellement dangereux.
Il se demandait d'ailleurs ce qui pouvait se cacher sous un visage si fin, si fragile. Peut-être la mort elle-même. Avec la mutation, les apparences sont parfois très trompeuses. En tout cas, une chose était sûre, il n'avait pas le pouvoir de développer extraordinairement en permanence sa masse musculaire... Mais cela ne le rendait que plus touchant. Quoi ? Fausto, tu deviens sentimental, arrête... Bientôt, tout cela sera trop dégoulinant de bon sentiment pour toi et tu te sentiras obligé de fuir, alors arrête avant d'avoir commencé.
La porte s'ouvrit sur l'objet de ses réflexions. A nouveau propre. Sans doute à nouveau sur la défensive. Il ne fallait pas se leurrer, les bénéfices de son acte premier ne dureraient pas bien longtemps. Il se décolla du mur, s'étirant, faisant craquer avec naturel la moitié de son squelette, c'est ça la vieillesse. Et son éternel sourire revint sur ses lèvres, alors que son regard détaillait le changement de tenue. « Et le pire, c'est qu'elle te va mieux que la première... » dit-il amusé.
En même temps, ce n'était pas bien dur, celle-ci était un peu mieux coupée, cintrée, elle flottait un peu moins sur son torse sans doute très mince, voire maigre. Cela méritait bien d'avoir un peu froid. D'ailleurs, il avait fini pas s'habituer, sa peau n'était plus comparable à celle d'une poule, bien que tout de même légèrement congelée. Qu'importait, il survivrait. Il tendit donc une main à son cavalier, un sourire rassurant aux lèvres. « J'ai eu ouï dire que tu n'es pas très bon danseur en sortant... Je tenais à te rassurer, à part tortiller des fesses -ce qui n'est pas vraiment une danse- et les slows, je ne sais rien danser. On improvisera ensemble. » déclara-t-il d'une voix charmante, et calme.
Il était rare de l'entendre parler sans moquerie. Et en l’occurrence, là, pas une pointe de cela dans ses paroles. Non, c'était plus de l'attention. Il faisait des efforts pour ne surtout pas braquer l'animal sauvage qu'il avait face à lui. Il tendait la main quitte à risquer de se faire mordre. Il n'avait aucunement peur de cela, si cela pouvait aider à montrer qu'il ne lui voulait aucun mal, il était prêt à subir une morsure figurée. Attendant que sa main soit prise pour avancer, ou qu'on le rembarre sans délicatesse. Au moins, il aurait essayé. | Spoiler: | | | Non, non, il était très bien ! Et sur ce, à dimanche... Sauf wifi capté par magie ! |
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•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Ven 17 Fév - 1:53 | |
| Un sourire... Ce simple geste avait toujours de nombreuses significations pour Trinity. Il en avait connu, de ces fins étirements de lèvres, et tous n'avaient pas la même saveurs. Il n'oublierait jamais celui de son père, plein de promesses avortées et de tendresse, ni celui de l'homme qui l'avait amené ici, étrangement prédateur, indifférent, mais si chaleureux pour quelqu'un qui voyait dans ses paroles l'espérance de ne plus connaître le froid. Le sourire de Fausto, ce jour-là, lui parut d'un tout autre genre. Il semblait étonnement sincère, rassurant. Pas assez pour que le renard baisse sa garde, mais suffisamment pour qu'il ne daigne pas s'en aller dans un tourbillon de cheveux ébènes. | Citation: | | « Et le pire, c'est qu'elle te va mieux que la première... » |
Par pur réflexe, Trinity regarda la chemise. Ce n'était pas faux, même s'il avait dû en retrousser les manches et l'arranger dans son pantalon pour masquer un peu sa longueur. Il ne répondit rien à cette remarque, prenant cet air étrangement las qu'il affichait toujours, véritable barrière de protection contre un monde qu'il aimait comme une drogue, mais qu'il fuyait toujours.
| Citation: | | « J'ai eu ouï dire que tu n'es pas très bon danseur en sortant... Je tenais à te rassurer, à part tortiller des fesses -ce qui n'est pas vraiment une danse- et les slows, je ne sais rien danser. On improvisera ensemble. » |
Ces paroles valurent au jeune homme un bref regard sombre, pour le manque de pitié dont il faisait preuve à son égard. Il l'avait parfaitement entendu, le bougre ! Voilà qui était déloyal ! On aurait pu croire que cette peste de Trinity prendrait la fuite à l'instant où cette main fut tendue, mais non. Il hésita un court instant, l'ombre d'une fraction de seconde, puis saisit cette opportunité et frôla la peau de Fausto, non sans un léger frisson d'appréhension. Ce n'était pas de la faute du jeune homme. Trinity détestait les contacts et avait tendance à les fuir, ne supportant pas qu'on le touche. Il devait se faire violence pour s’approcher ainsi d'un inconnu, mais il lui devait bien cela, et Fausto avait un charme certain et un calme dans son attitude qui parvenait à apaiser en un sens le muse. Cette aura si particulière que certaine personne possède et qui les rend capables d'approcher et d'apprivoiser les animaux les plus farouches...
« Ok, mais juste une danse alors... »
Concéda le jeune homme, sans toutefois teinter ses paroles d'un air de mauvaise grâce, pour une fois. Il se laissa donc faire par son partenaire, regrettant tout de même partiellement cette décision en sentant bien qu'il n'était pas du tout à l'aise dans cet exercice. C'était vrai qu'il n'était pas bon danseur, et ce, pour plusieurs raisons. Déjà, dans sa vie, il n'était pas vraiment eu l'occasion de danser avec quelqu'un. Ensuite, il était trop soucieux de son apparence pour se laisser aller, ce qui, paradoxalement, contribuait à anéantir ses maigres talents dans ce domaine. Enfin, il semblait crispé, tendu, même si cela n'était pas de la faute de Fausto. Instinctivement, son corps fuyait le contact de l'autre, et son esprit réfléchissait trop pour le laisser aller à la souplesse de la musique. C'était dommage, car en réalité, Trinity était un garçon de carrure fine, et souple. Il aurait sûrement pu faire un excellent danseur, dans d'autres circonstances... le pauvre voyait d'ailleurs ses joues se teindre de rouge bien malgré lui, pestant intérieurement contre cette peau trop fine et cette manie de rougir facilement !
C'est peut-être cette gêne qui le poussa à briser la glace. Et puis, peut-être aussi le contact avec Fausto, justement, et le fait qu'il essayait de cacher ses rougeurs en tentant de moins se concentrer sur ses pensées... Ce qui lui permit de remarquer un léger problème...
« Tes mains sont gelées ! Tu.... Tu n'aurais pas du me passer ta chemise ! Tu vas attraper froid, c'est malin... »
Certes, c'était très maladroit, comme expression. Surtout lorsque c'était prononcé sur le ton détaché et las de notre petit Trinity. Mais pourtant, c'était là un effort non négligeable. Déjà, il se préoccupait de Fausto, ce qui, en soit, n'était pas surprenant, vu l'altruisme masqué du piètre danseur. Ce qui était en revanche plus exceptionnel, c'était qu'il exprime son inquiétude, et qu'il en culpabilise quelque peu... Et puis, qu'il parvienne à faire l'effort de garder un contact physique si longtemps, également...
« Et sinon, t'as un nom ? »
Demanda-t-il soudain de sa prose légendaire en fixant son partenaire, ce qui lui demandait de relever la tête, vu sa petite taille... Trinity était décidément un véritable handicapé de la parole, bien trop soucieux de ce qu'il allait dire et peut habitué à briser sa solitude. Mais il y avait dans la façon de faire de Fausto quelque chose d'encourageant... et de plaisant dans cette danse. Ce qui le poussait à ressentir des émotions fortement contradictoires : l'envie inébranlable que cette danse se termine pour cesser tout contact et le désir de prolonger un peu cette rencontre avec un inconnu bien intriguant. Car Trinity ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi Fausto lui avait si gentiment offert sa chemise, et cela le travaillait irrémédiablement, d'autant plus qu'il prenait conscience que le jeune homme avait froid, désormais... Au départ, il avait cru qu'il faisait partie de ce genre de mutants qui manient le feu, ou qui ne craignent pas les changements de température... Mais visiblement non. Et cela, voyez-vous, ça le perturbait. Son esprit perverti par des années de traque et de solitude lui criait qu'il y avait anguille sous roche, et que le jeune homme devait avoir indubitablement quelque chose à lui demander ou à obtenir de lui. Et il voulait savoir ce que c'était. Il ne pouvait pas comprendre la gentillesse gratuite, surtout venant d'un étranger...
Il en profita pour détailler un peu plus Fausto.
Le jeune homme était plus grand que lui, cela n'était pas bien difficile, et plutôt beau garçon. Il était plus vieux que lui, mais sans doute pas de beaucoup... Même si Trinity avait conscience de paraître plus jeune que son âge... Il l'intriguait beaucoup. Il avait également aperçu les cicatrices lorsqu'il s'était dévêtu, mais l'autre ne lui avait pas laissé le temps de poser la question. Il ne l'aurait de toute façon sûrement pas fait. Il savait que les cicatrices physiques pouvaient cacher des cicatrices morales bien fortes, à Atlantis, aussi évitait-il soigneusement ce genre de sujet avec ses petits camarades. Il commençait à apprendre la délicatesse, après s'en être pris plein la figure deux ou trois fois pour ce genre de maladresses... Ce qui ne l'empêchait pas d'être encore un peu maladroit, à l'image de son regard qui, l'espace des quelques secondes de sa réflexion, se fixèrent sur les bras de Fausto. Lorsqu'il remarqua cela, il releva légèrement le visage pour demander comme si de rien n'était :
« et... cela fait longtemps que t'es ici ? »
Question banale, pour tenter de reprendre un peu le contrôle de ses questionnements et de ses émotions dans un moment exceptionnel. En temps normal, Trinity aurait foudroyer l'impudent venu lui offrir un danse... mais en temps normal, personne ne semblait vraiment le remarquer ou être capable de gestes attentionnés à son égard... Geste qu'il considérait toutefois comme suspect...
Et pourtant, cette présence était étrangement... apaisante. Trinity déplaça légèrement une de ses mains sur l'épaule de son partenaire pour qu'elle n'entre en contact qu'avec le tissu de son veston. Il ne voulait pas le contaminer... On lui avait pourtant expliquer que les radiations qu'il émettait n'avaient pas de rapports directs avec les contacts physiques, que ceci n'engrangeaient qu'un taux vraiment très infimes d'exposition supplémentaire... Il n'empêche qu'il les minimisait toujours. Parce qu'il avait peur des sentiments qu'ils provoquaient, parce qu'à l'époque où il pensait transmettre une maladie mutante, ses parents lui avaient appris à se tenir à distance des autres, pour leur bien.
Il aurait sûrement pu en parler à Fausto, sans lui dévoiler ce don qu'il jugeait honteux et qui mettait en péril ses relations, mais il s'en garda bien. C'était instinctif. Il ne voulait pas le voir fuir, pas tout de suite en tout cas. Il voulait croire que ce n'était que pour découvrir son secret... Il se refusait encore à penser que cela pouvait simplement être dû à un désir irrépressible de briser le silence qui entourait sa vie, et de plonger dans le réconfort qu'offrait l'attitude de son aîné.
« Put***n, c'est quoi cette fête où il n'y a même pas une goutte d'alcool.... »
Lança-t-il entre ses dents, pas vraiment à l'attention de Fausto, plus comme une remarque du petit mutant caractériel qu'il était, songeant qu'un verre ou deux auraient sûrement contribué à le détendre... Un verre ou deux. Pas plus. Pas de quoi perdre le contrôle. Jamais... |
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 | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Ven 17 Fév - 22:21 | |
| Il y a des moments dans notre vie, où on se dit : « Non mais si ça marche pas, tant pis, je trouverai quelqu'un d'autre. », mais il y en a d'autres, où vous vous dites, que si ce n'est pas lui ou elle, alors, votre soirée, si ce n'est plus, va en être considérablement dégradée, vidée de sens. C'est étrange ces pressentiments que l'on a parfois. Ces envies subites. Ces pulsions. Et ce soir, il savait. C'était lui, et nul autre. Aucun n'aurait cet attrait qu'avait ce petit animal farouche. Il attendait donc, sa main érigé dans les airs. Sans doute avait-il de l'appréhension. La même que la première fois qu'on invite le mec qu'on a repéré depuis le début de soirée. La même appréhension que le jour où on embrasse celui avec qui on veut partager sa vie. Cette même appréhension. Cette peur de se faire violemment envoyer chier. Et il faut dire, il en avait perdu l'habitude avec le temps. Alors, si en cet instant, on lui avait refusé une danse, sans doute serait-il parti sauter du haut du quatrième étage, sans forcément se téléporter avant l'impact. Oui, sous ses allures calmes, Fausto n'est pas forcément l'être le plus stable et surtout le moins fragile, mais qui peut voir sous les apparences ? Surtout en ce soir de fête !
Je vous laisse imaginer le soulagement qu'il ressentit en sentant la peau du petit brun sur la sienne. Ses doigts se refermèrent sur cette fragilité avec une délicatesse infinie. Son sourire se teinta d'un peu de satisfaction, de joie sans doute aussi.
« Juste une... Espérons ce que ce soit de ces slows qui paraissent infini. »murmura-t-il presque pour lui seul.
Ils sortirent tout d'eux du couloir. Et ils eurent une chance assez improbable de tomber sur une musique lente. Et il y eut sa remarque. Sur sa froideur corporelle. Il avait oublié. Il eut un simple haussement d'épaule.
« Ne t'inquiète pas, je suis plus résistant qu'il n'y paraît. Et puis, le froid est supportable ici. »dit-il simplement d'une voix amusée.
Il repensa à ces journées passées, où vêtu d'un simple tee-shirt, il avait parcouru des kilomètres à cent trente, sur des routes désertes. Le vent qui vous lacère la peau. Mais au moins, cela vous prouve que vous êtes encore vivant. Encore un peu. Cela lui manquait ici. Impossible de filer sur des kilomètres, ici, on finit toujours par tourner en rond. Et même pas moyen de dégoter une moto. Mais arrêtons de ruminer, et faisons place à la joie, à la danse !
Habilement, ses mains s'étaient placés sur la taille du garçon. Sur ses épaisseurs de vêtements. Malgré cela, il pouvait déduire une maigreur presque inquiétante chez ce mutant. Sa taille du moins était d'une finesse que de nombreuses filles ici présentes aurait envié. Mais sans doute n'était-ce pas un agrément pour son partenaire. Non, sans doute un désagrément lié à son passé. En revanche, une chose était sûre : il était effectivement un danseur assez lamentable. A cause d'une crispation outrancière. Sans doute liée au fait qu'il soit novice. Peut-être à autre chose. Cependant, malgré cela, le plus âgé ne pouvait s'empêcher de trouver cette danse bien plus agréable que celles qu'il aurait pu partager avec beaucoup d'autres. Non, peut-être aurait-il beaucoup ri s'il avait dansé un zouk avec ce cher psy, mais bon... Sir Feulwood aurait sans aucun doute refusé une telle humiliation !
« Comme à peu près tout le monde ici, il s'avère que oui j'en ai un. Fausto, pour être plus précis. Et toi ? »répondit-il avec un sourire un peu taquin, en même temps, la question laissait place à cette chaleureuse moquerie.
Puis, il remarqua le regard un soupçon inquisiteur de son danseur préféré. Oh, il en avait du travail s'il cherchait à recenser les irrégularités physiques dispersées seulement sur ses bras et son visage. Mais il pouvait admettre qu'effectivement, ce n'était pas tout le monde qui avait la moitié du corps avec des traces de brûlures, et une balafre sous l’œil. Enfin, ça faisait mauvais garçon, ça facilitait souvent la drague... Allez savoir pourquoi ! Puis, il remarqua l'esquive de ce regard. Détailler un inconnu, c'est impoli, or, ce garçon face à lui, avait l'air d'être un modèle de politesse, de pudeur, et de complexes -déduction faite à partir des deux premières-. Il trouva d'ailleurs une chouette diversion. Qui lui fit froncer les sourcils. Quand était-il arrivé d'ailleurs ? Cela commençait à faire un bail, mais exactement... Il ne trouvait plus la date... C'était perturbant.
« Trois... Non... Quatre... Peut-être plutôt six mois... » Un soupir agacé passa ses lèvres, sa mémoire recommençait à lui jouer des tours à force d'utiliser de façon inconsidérée son pouvoir. [/i]« Enfin dans ces eaux-là, j'ai plus la date en tête... »lâcha-t-il un peu énervé contre ces fâcheuses pertes de mémoires.
Ses yeux restèrent néanmoins un moment dans le vague, au dessus de l'épaule du garçon. Peut-être bien une minute. Il ne retourna pas même la question. Pour dire vrai, il se fichait de savoir depuis combien de temps il avait aussi été mis en bocal. Pour l'instant, il voulait retrouver cette date que son pouvoir lui avait enlevée. C'était tellement agaçant d'oublier jusqu'à son existence proche. Bientôt, il faudrait l'aider à retrouver sa chambre ? Bon sang !
Le mouvement de la main du garçon sur son épaule le sortit de ce lynchage intérieur. Comme on sort d'un mauvais rêve, un peu abasourdi. Il mit une seconde à se rappeler de ce qu'il faisait là, où il était. Bref, il tombait de ses pensées, retrouvant peu à peu sa première sérénité. Et il se demanda pourquoi cette toute petit main avait glissé sur son veston. Elle était pourtant bien sur sa peau, elle le réchauffait un peu. Non. Décidément, ce garçon était dur en affaires. Il pouvait sans doute dire adieu au baiser de fin de slow -mais cela, il s'en doutait-. Il ne fit cependant pas de remarques. Tout devait être lié. Tout était toujours lié. Sa maigreur, sa distance, sa fragilité, sa présence ici, sa pâleur, tout cela devait avoir une explication. Tout était sans doute lié au passé. Pauvre gamin. Mais pas de pitié, non, aucun, la pitié, on en veut jamais. Juste, de la compréhension.
Il eut un rire en entendant sa remarque. Il n'était donc pas le seul à penser cela. Son rire assez bruyant fit tourner quelques têtes vers lui. Qu'importait. Si chez les mutant avoir une hilarité digne d'un chien enragé était étrange, mais où allait le monde ?!
« A qui le dis tu ! Il est loin le temps où on pouvait picoler en ayant quatorze piges... Mais c'est drôle, je ne te voyais pas en mutant alcoolique... Comme quoi ! » le taquina-t-il gentiment.
La musique continuait son cours, sa douce mélodie. Les yeux améthystes du mutant tombèrent dans la noirceur de ceux du gamin. En cet instant, il aurait aimé pouvoir lire au travers de ces ténèbres. Voir tout ce qu'avait pu vivre ce bout de personnalité. Chaque être ici recelait de tellement de mystères.
« Ceci dit, peut-être qu'en fait ton pouvoir est de pouvoir assimiler des litres d'alcool sans en avoir les désagréments. C'est ça l'avantage de la mutation, elle prend tellement de formes qu'on ne peut présumer de rien. Et c'est tant mieux non ? Ça laisse du mystère... Quoique, je te verrai bien en manipulateur de jus de fruits... Ton revers avant ta sortie était absolument fabuleux. » réfléchit-il tout haut, d'une voix à peine plus sérieuse, il était d'humeur joviale, il voulait rire, rire de tout, voir la vie du bon côté, oublier l'oubli, juste pour cette danse interminable. |
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•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Mer 22 Fév - 23:41 | |
| Pour Trinity, le moment était plus qu'étrange. Il se sentait bizarrement tiraillé entre le plaisir perturbant qu'il prenait dans cette danse maladroite et son désir de fuir cette situation gênante. Ses questions étaient un moyen de se détourner de l'instant. Moyen fort maladroit et illusoire, il en avait conscience, mais elles lui permirent au moins de pouvoir mettre un nom sur le visage du danseur avec lequel il danser depuis déjà quelques temps. | Citation: | | « Comme à peu près tout le monde ici, il s'avère que oui j'en ai un. Fausto, pour être plus précis. Et toi ? » |
Fausto.... Drôle de nom. Cela lui faisait penser à une histoire qu'il avait lu voilà fort longtemps, avec un type qui ne trouvait rien de mieux que de vendre son âme à un démon... C'était assez ironique, lorsqu'il s'attardait un instant : Faust dansait avec la Trinité... Le jeune métis en eu un petit sourire, à peine perceptible, avant de planter ses yeux dans ceux de son partenaire, ce qui l'obligea, vu sa petite taille, à quelque peu relever la tête. Il ne souffla qu'un mot, un seul. Le jeune mutant n'était pas du genre à s'encombrer de paroles superflues. Il ne releva d'ailleurs par l'ironie dans les mots de son compagnon de soirée. Fausto avait acquis assez de bons points dans le carnet secret de Trinity pour ne pas mériter en effet son regard de tueur et les paroles mordantes qu'il prononçait dès qu'il se sentait attaqué ou moqué. Et cela démarrait vite, avec lui. Il avait tendance à être d'une susceptibilité surprenante.
« Trinity. »
Prononça -t-il de sa voix suave, peut-être un peu trop légère pour un jeune homme de son âge. Il rabaissa son visage pour se concentrer de nouveau sur ses pas maladroits et poursuivi son enquête curieuse. C'était un de ses petits défauts, cette curiosité maladive qu'il cachait sous des airs indifférents et froids et derrière une voix un peu traînante, un peu lasse.
La réponse évasive de Fausto le surprit quelque peu. Il était vrai qu'entre les grilles d'Atlantis, séparé du monde réelle par un mur d'eau infranchissable, on pouvait en venir à perdre quelques peu la notion du temps. Mais on n'était pas pour autant séparés du monde et de tous repères chronologiques ! Il y avait des montres, des pendules, des horaires, des calendriers, des cours... Alors passer de trois à six mois, c'était plus qu'évasif et imprécis ! La date était bien trop récente encore pour de telles approximations, et ce fait étrange marqua l'esprit de Trinity. Soit Fausto ne voulait pas répondre à sa question, auquel cas il était idiot de mentionner ainsi des dates aléatoires, soit il se foutait d'être ici, chose qui paraissait improbable à l'esprit de Trinity, épris de liberté et du rêve saugrenu et mort-né de regagner un jour la surface pour embrasser encore une fois des yeux les astres qu'il aimait tant... Ou alors, il avait aussi passé quelques temps loin des autres, en isolement, comme lui à son arrivée. A ceci près que, si à ce moment là il lui avait semblé un peu perdre la notion de temps, il avait toujours eu l’opportunité de se raccrocher aux dates énoncées par les scientifiques.
« Ben ça pour être imprécis... »
Se contenta-t-il de dire, sans en rajouter plus, d'un ton monocorde et sans tonalité spécifique. Un manque totalement de finesse et de suptibilité, sans doute. C'était Trinity.
« Moi ? Cela doit faire presque un an... J'ai passé trois mois en isolement au début. Je ne fréquente la cité que depuis fin mars. »
La danse continua, et Trinity sourit un peu à la répartie amusée de l'autre mutant. Fausto savait se montrer drôle, et son rire tonitruant était quelque peu déroutant, mais également étrangement « vivant ». Bien loin de la personnalité contrastée de Trinity qui ne brillait que par ses impulsions, et son étrange allure, alors que tout dans son comportement en général le poussait à l'effacement. Jamais un cri. Jamais un instant de folie incontrôlable. Tout devait rester sous surveillance. Même ses colères. Même son esprit impulsif. La remarque sur l'alcool le fit donc d'autant plus sourire.
« Alcoolique ? Non, sûrement pas ! Mais un verre ou deux, cela m'aurait détendu, guère plus. Je n'ai pas pour habitude de boire. Comme tu le dit, je suis plus doué pour la manipulation de jus de fruits. Et toi, tu sembles avoir un talent incroyable pour résoudre les problèmes des autres. Tu sembles être un bien étrange jeune homme... Remarque, ici, on l'est tous...»
Cette dernière phrase avait presque était prononcée sous le coup de l'impulsion, presque en un murmure. Mais bien vite, l'américano japonais se ressaisit un peu, et reprit son habituelle indifférence sous ses airs hautains entre les bras de son bel inconnu.
Pourtant, petit à petit, entre les bras de Fausto, il commença à se relâcher un peu, à se détendre, sans pour autant parvenir à totalement prendre son envol. Il se fit moins maladroit, mais aussi, moins attentif. Ce qui valut à son cher cavalier un écrasement du pied du plus joli effet, alors que Trinity bousculait malencontreusement un couple de danseur qu'il foudroya du regard avant que les deux tourtereaux n'aient eu le temps de faire la moindre remarque. Ils le connaissaient sûrement, vu l'indignation silencieuse dont ils firent preuve en s'éloignant de lui avant d'avoir droit à une de ses mémorables colères glaciales.
Sa maladresse agaça cependant Trinity, qui se sépara du jeune homme avec un air contrarié et un visage renfermé. La danse, ce n'était pas son truc, et cela l'avait assez énervé pour qu'il arrête. Pourtant, étrangement, malgré son excès d'humeur, il n'avait pas tellement envie de se séparer immédiatement de son mystérieux inconnu. Même s'il se sentait terriblement honteux et humilié par son incapacité flagrante à danser avec élégance comme la garce qui dansait un peu plus loin d'un pas léger avec son cavalier. Elle aussi fut foudroyée du regard. Au moins, Fausto était fixé : Trinity n'avait pas le don de tuer par le regard, sinon, la moitié de la salle de bal serait déjà désintégrée...
« Et si on allait plutôt manger un morceau et boire un verre de ce simple jus de fruits qu'ils osent appelé un cocktail vitaminé sans alcool ? De toutes façons, visiblement, la danse, ce n'est pas notre truc... »
Admirez au passage le merveilleux élan de mauvaise foi de trinity, qui, finalement, englobait également Fausto dans son manque de talent pour la danse...
Sans vraiment attendre de réponse, il se dirigea vers un plateau et saisit deux verres. Il en tendit un à Fausto, et leva le sien pour trinquer doucement.
« A notre future sortie d'ici, en espérant qu'elle soit rapide... Et aux étranges jeunes hommes qui offrent leur chemise aux premiers venus !»
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 | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Mar 28 Fév - 12:15 | |
| Tri-ni-ty... Trinity. Cela sonnait plutôt bien. C'était musical. Et ce prénom, il voulait le garder gravé dans sa mémoire. Trinity. Trinity. Trinity. Non, il ne voulait pas oublier cela. Il savait qu'il serait important. L'avenir dirait jusqu'à quel point, mais par avancer, il devait se répéter son importance. L'écrire, le dire, tout faire pour en garder une trace, quelque part. Mais il serait passé pour un fou s'il avait à ce moment là sa tablette pour noter quelque chose... Plus tard. Il ferait attention à ne pas oublier.
Et la remarque sur ses imprécisions ne fit que raviver en Fausto des craintes. Des peurs. Des angoisses. Non, non, non. Il n'oublierait rien de plus. Il trouverait cette date, il la saurait à nouveau, ce n'était que temporaire. Il pouvait lutter contre ce fléau. Il avait déjà des armes. Il pouvait sortir vainqueur de ce combat déloyal contre sa mémoire défaillante. Il n'oublierait pas. Pas tout. Juste quelques détails. Sans importance. Pourquoi faire attention à quand on rentre ici, l'important serait de savoir quand est-ce que l'on va sortir plutôt ! Quand est-ce qu'on sentira à nouveau le vent, le vrai, celui qui mord sauvagement la peau qui brûle ? Quand est-ce qu'on pourra à nouveau parcourir les grands espaces, sans limite ? Pourquoi retenir sa date de mise en boîte ? A titre informatif, tout au plus. Il le ferait. Mais, il ne voulait plus penser à ça, éviter le sujet. « Fin mars... On a dû arriver à peu de temps intervalle... Pourtant, je ne me souviens pas t'avoir déjà croiser... Heureusement, qu'il y a ce bal alors... » murmura-t-il presque pour lui-même.
Fausto rigola en l'entendant parler de l'alcool. Ce n'était finalement pas un alcoolique... Juste un ou deux verres ? C'était même un petit joueur... Il ne pouvait pas en dire de même pour sa consommation personnelle.... Il en était plus à un ou deux litres... Mais la suite de son discours lui transforma son rire en un doux sourire. Un don pour résoudre les problèmes ? Vraiment ? Jusque là, il n'avait jamais été caractérisé ainsi. De même pour le « garçon étrange », au contraire, il arrivait depuis longtemps à passer pour normal.
« C'est drôle, sur terre, on me croyait normal, et c'est ici qu'on remarque mon étrangeté... » chuchota-t-il en simple réponse, un peu amusé.
Mais leur conversation fut interrompu par un magnifique écrasement de pieds. Fausto contint sa douleur en un léger « p*tain » et une grimace des plus ridicules. Fort heureusement, la douleur ne fut que ponctuelle, il reprit vite sa contenance, son sourire nonchalant, et lâcha même un ricanement amusé en voyant son partenaire de danse fusiller à peu près tous les gens qui n'étaient en rien responsables de ce qui leur arriver. C'était drôle autant de mauvaise foi.
Il ne fit rien pour retenir Trinity dans ses bras. L'autorité, ce n'était pas vraiment son truc. Déjà que la respecter l'emmerder, la faire subir, c'était proprement impossible. Il rit donc de bon cœur à la remarque du garçon sur leurs aptitudes en danse. Pourtant, habituellement, ses partenaires ne se plaignaient pas sur les basiques de ce genre. Il fallait bien un début à tout... « Dommage, en peu de temps, tu avais fait de gros progrès... Mais allons nous empiffrer et boire à la santé de cette noble fête ! » déclara-t-il en emboîtant le pas de feu son partenaire de danse.
Ils arrivèrent donc très vite auprès du buffet, des verres, des serveurs. Il admira la rapidité de son camarade à attraper au vol deux verres. Il le débarrassa rapidement du sien. Et le leva, pour le faire légèrement tinter contre celui de Trinity. « Elle sera rapide, on fera en sorte qu'ils ne veuillent plus de nous ! Et aux garçons qui récupèrent les chemises gracieusement prêtées ! » Il but une gorgée de l’infâme breuvage. Un goût trop sucré, pas assez épicé, juste fade. C'était dommage de n'avoir que cela à se mettre sous la dent. Les fêtes, il valait mieux les faire officieuses ici ! Le français s'adossa contre la table, avec flegme. « Et donc, toi, ils t'ont isolé quand tu es arrivé ici... C'est vraiment bizarre... Et t'as pu supporter ça ? Perso', j'pense que j'aurai perdu le contrôle... C'est à cause de ton pouvoir ? » demanda-t-il avec un soupçon de sérieux.
Il trouvait tellement insupportable l'idée de pouvoir être mis en cellule d'isolement. C'était comme là-haut, l'hôpital. Il n'aurait pas supporté. Ces méthodes, elles le gênaient. C'était l'autorité qu'il détestait. Celle-là même qu'il avait essayé de fuir en venant là. Cette idée lui faisait froid dans le dos. Heureusement que lui pouvait partir quand il voulait, on avait beau lui avoir dit qu'il était dangereux qu'il se téléporte hors de l'enceinte de Fake Pearl, il était persuadé qu'il pouvait. Au fond, il pouvait choisir de sa sortie d'ici. Enfin, croyait-il. | Spoiler: | | | Désolée du temps de réponse ! Semaine de stage chargée ! |
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•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Jeu 15 Mar - 1:48 | |
| Trinity se retint de lancer un regard meurtrier à Fausto lorsque se dernier vanta ses progrès en danse. Le jeune homme voyait en effet dans ces propos une pointe d'ironie, renforcée par sa tendance parfois agaçante à demeurer sur la défensive et à faire preuve d'une suceptibilité à toute épreuve. Il se garda toutefois de faire le moindre commentaire, renfermant son humeur changeante derrière un air glacial et enterrant sa frustration sous une bonne dose de maîtrise de lui-même. L'échec... Un thème bien difficile à aborder avec Trinity. Il ne supportait pas de commettre la moindre erreur, fusse-telle située dans la maladresse d'une première danse esquissée avec un troublant inconnu. C'était sans nul doute bien ardu à comprendre pour l'étranger qui ne connaissait pas le jeune homme. Cela l'était moins lorsqu'on pouvait effleurer la complexité de Trinity, lorsque l'on comprenait ses craintes, et cette peur de lui-même insondable qui l'enfermait dans un cercle vicieux de solitude et de honte. Trinity était un échec. Il avait toujours perçu sa vie ainsi. C'est pour cela qu'il se devait de réussir tout ce qu'il entreprenait. Pour cesser un instant d'exister en tant que malheur et devenir, l'espace d'un instant, l'ombre fugace d'une réussite, aussi insignifiante soit elle. D'où une susceptibilité exacerbée et un caractère volcanique sous une allure de glace. | Citation: | | « Elle sera rapide, on fera en sorte qu'ils ne veuillent plus de nous ! Et aux garçons qui récupèrent les chemises gracieusement prêtées ! |
Etrangement, ces quelques paroles, légères, ce toast à l'ironie du sort peignit sur les traits du jeune métis un sourire sincère, presque un rire, si une telle chose pouvait encore exister loin de toute possibilité de liberté et d'avenir. Faire en sorte qu'ils les mettent dehors ? Ce n'était pas une si mauvaise idée en soit.... Elle pouvait même facilement faire son chemin dans l'esprit parfois perturbé du jeune américano-japonais... Quand aux chemises gracieusement prêtées, il en venait même à regretter de devoir la rendre un jour. Finalement, son cher compagnon de chambre ne subirait peut-être pas ses foudres, au vue de la tournure que prenait la soirée...
| Citation: | | « Et donc, toi, ils t'ont isolé quand tu es arrivé ici... C'est vraiment bizarre... Et t'as pu supporter ça ? Perso', j'pense que j'aurai perdu le contrôle... C'est à cause de ton pouvoir ? » |
Trinity but délicatement une gorgée de son verre, sans empressement, avec cette grâce ansdrogyne qui prêtait tant à confusion et qui lui attirait parfois, les jalousies ou les quolibets des autres jeunes gens de la cité. Il reposa délicatement le contenant sur la table. Un objet de facture bien peu qualitative, à son avis, mais bien meilleure que ce qu'il avait pu connaître avant.
« Noooon... Pas du tout ! C'est parce que j'avais une fâcheuse tendance à écraser les pieds des autres en volant leur chemise après leur avoir balancé un verre à travers la gueule.... »
Répondit-il sur un ton extrêmement sérieux, de cet humour pince sans rire qui le caractérisait souvent et qui lui permettait aisément de fuir les questions gênantes. Et là, il avait volontairement éludé la réponse. Comment avouer aux autres que chaque minute qu'ils passaient avec lui, ils s'exposaient à ses radiations, que chaque instant qu'ils lui consacraient leur coutait bien plus que le temps de quelques échanges de paroles amicales. Malgré lui, personne ne ressortait totalement indemne d'un contact avec sa présence, fusse quelques minutes, même avec son traitement. Certes, sous la protection des scientifiques, les signes étaient bien moins importants, presque insignifiants, mais ils existaient quand même.... Et puis, Trinity ignorait toujours ce que cela pourrait donner, à long terme. Alors, l'avouer aux autres, surtout lorsqu'il appréciait leur présence, c'était quelque chose d'impossible. C'était la perspective de voir s'envoler la seule ombre qui, pendant un bref instant, était venu éclaircir sa solitude d'une existence éphémère. Fausto.... Fausto avait ce petit quelque chose que beaucoup n'ont pas, qui attisait sa curiosité, le poussait à chercher cette compagnie, le conduisait à mentir, un peu. Il s'en sentait coupable. Mais il fallait le comprendre. Il y avait si peu d'espoir dans leur vie de mutants...
« L'isolement, ce n'est pas si terrible. C'est un peu comme la vie sur terre, lorsqu'on doit fuir. En fait, ce n'est pas l'isolement qui pose vraiment problème. C'est de vivre avec les autres, après... »
Il y avait une étonnante pointe de sincérité dans la voix de Trinity, une ombre de peur mélée à une forme de nostalgie. Vivre avec les autres... Apprendre à communiquer, à comprendre , à pardonner, à exister non plus en tant que bête sauvage, mais en tant qu'être humain. Se laisser apprivoiser...
Tout en Trinity le demandait... Jusqu'à sa façon étrange de foudroyer le monde de son regard si particulier, de rejeter ceux qu'il aimait, de fuir et de revenir, de repousser pour mieux étreindre, comme si, chaque seconde, il se déchirait entre passion et raison, entre désir de vivre et désir de mort, entre existence et néant. « Apprivoise-moi », disait le renard... Mais il n'est pas aussi aisé que dans les contes d'apprivoiser un petit charognard sauvage...
Trinity se posa délicatement en s'appuyant contre la table, levant son visage vers le jeune garçon qui, par un simple geste de gentillesse, avait attiré l'attention d'une bête effarouchée...
« et toi ? Tu peux me dire quoisur toi ? Parce qu'à part ta passion pour le strip-tease dans les toilettes pour hommes, je ne sais pas grand chose jusque là... Tu es dans quelle section ? Tu viens d'où ? »
C'était étrange, comme le jeune homme pouvait être lunatique, passant un instant de la colère, ou de l'indifférence, à une curiosité presque enfantine, presque naïve, dénuée de toute retenue ou de toute finesse... Trinity n'avait pas eu le droit à une bonne éducation longtemps. C'était le froid mordant de la rue et les nuits de solitudes qui lui avaient le plus appris à communiquer avec ses semblables, le plus souvent par injures, suppliques ou colère. La psychologie et la diplomatie lui étaient aussi étrangères que la vulgarité et les maladresses d'expression étaient son langage.
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 55 •• Pearls: 336
 | Sujet: Re: [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) Dim 18 Mar - 15:35 | |
| Son regard améthyste observait les gestes racés de Trinity. Il avait un quelque chose de si fragile, si gracieux, si étrange, que le simple fait de le voir boire un verre offrait une délicate félicité. Peut-être Fausto manquait-il de discrétion en le dévorant ainsi du regard. Pourtant, il ne s'en cachait pas. Son regard était franc, direct, captivé. Pourquoi mentir ? Pourquoi lui cacher qu'il était totalement hypnotisé ? Fausto n'aimait pas mentir. Pas dans ce genre de situation en tous cas.
Il eut un léger rire à sa réponse concernant son isolement. Mais son regard trahissait une certaine compassion, peut-être. Il n'était pas dupe, il sentait clairement que sur cette question, il y avait un truc, quoi, il ne le savait pas encore réellement. Il admettait ce silence, il pouvait le comprendre. Son pouvoir devait donc être dur à porter. Destructeur ? Pour lui-même ? Pour les autres ? Provoquant des instabilités ? Les possibilités étaient nombreuses. Rester auprès de lui revenait peut-être à jouer à la roulette russe. Mais même si c'était le cas, il l'acceptait. Il voulait continuer à jouer le jeu. A faire semblant, à fermer les yeux sur ces dangereuses possibilités. Il ne resterait à ses yeux que celle du garçon fragile à protéger. Il ne savait par contre plus vraiment de quoi. Peut-être juste de lui-même. Un combat particulièrement déloyal, mais qu'importait, il aimait se faire chevalier des causes désespérées.
« Hum... Je crois que je ne pourrai jamais vraiment comprendre ce que tu as vécu alors... La fuite, j'ai pas vraiment connu ça, ou plutôt, ce n'était pas à cause de mon pouvoir que je fuyais. »répondit-il en haussant les épaules, un air vaguement triste passant sur son visage.
Ah ça pour fuir, il avait toujours été doué. Son pouvoir n'avait fit que l'aider dans cette spécialité. Rien de plus. Invisible,indolore, inodore. Un avantage supplémentaire, voilà ce qu'avait été au départ son pouvoir. Avant les oublis répétés. Avant les oublis délétères. Avant les oublis fuyants. Tout n'avait jamais été qu'une perpétuelle échappée, une volonté de s'enfuir de la réalité, de la société, de ses contraintes. Il n'était pas passé du côté de la clandestinité pour rien. Mais tout cela était fini, ici, plus moyen de fuir. La preuve, c'était à son tour de répondre aux questions.
« Moi ? Oh, y'a pas grand chose d'intéressant à savoir... Parait que je suis chez les S.E.E.R., semblerait que mon pouvoir utilise mon esprit, mais j'ai plutôt l'impression que ça me le désintègre, déjà que j'étais pas aidé au départ... D'où je viens... Et bien, au départ, je vivais en France, puis j'ai été vivre à Londres, et avant d'arriver ici, j'ai été aux États-Unis, et maintenant, je vis dans un bocal à poissons. Belle évolution hein ? Sinon, en ce moment mon passe-temps est de traumatiser les habitants d'ici, la rumeur comme quoi y'aurait un fantôme, c'est ma plus grande fierté... »dit-il avec un sourire amusé.
Et oui, le temps était long pour lui ici. Il s'était même mis à la course. Preuve qu'il devait réellement s'ennuyer ferme. Ici tout était si paisible, si bien contrôlé. La clandestinité, le danger, l'imprévu lui manquait tellement. Et pire encore, c'était sa vieille Ducati qui éveillait en lui la plus grande des nostalgie.
« Enfin, je lutte contre l'ennui quoi. D'ailleurs, ici, ça commence clairement à être lassant... Tu crois pas ? Voir tous ces gens danser si facilement, ça m'énerve. On bouge ? »demanda-t-il de façon presque rhétorique.
Il but d'une traite ce qui restait dans son verre. Puis sa main alla saisir celle du garçon avec une délicate autorité qui n'aurait toléré aucun refus. Il se dirigea ensuite vers la sortie, récupérant au passage dans une masse de vêtements stockés à l'entrée son blouson de cuir, laissant le temps à son protégé le temps de récupérer son propre manteau s'il y avait lieu. La porte de sortie fut poussée devant eux, dehors, l'étendue blanche offrait sa plénitude. Ils seraient bien mieux dehors pour discuter. Et puis, Fausto pourrait montrer à Trinity les plus belles vues sur la cité en ce beau jour de Noël. Il enfila sa veste, sortant une écharpe blanche d'une de ses poches, la passant autour du cou de son compagnon. Il ne fallait pas qu'il attrape froid par sa faute. Et à nouveau, ses doigts allèrent prendre les siens, avec un naturel sans doute un peu déconcertant. |
|  | | | | [intrigue] Cela avait si mal commencé (PV Fausto) | |
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