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| | Bonjour l'Asile. [Esper ♥] | |
| | Auteur | Message |
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Oh ! This is Kiera Anssen 4

 | Sujet: Bonjour l'Asile. [Esper ♥] Mar 27 Déc - 21:37 | |
| La Zone NUTS… Cela rimait assez à la Zone des Fous. Zone à ne pas approcher. Zone à éviter ! Ou du moins… C’était toujours de cette manière là qu’on nous l’avait présenté. Elle était à l’écart pour le bien être des autres élèves… Loin des « mutants normaux » - ce qui est en soit grandement ironique lorsque l’on a vécu comme une « anormalité » toute sa vie à la surface du globe – pour ne pas leur faire endurer les pertes de contrôle de ces « mutants anormaux », pour qu’ils restent sourds à leurs crises d’hystéries… On isole les problèmes, ceux qui sont fous, ceux qui ont découverts la vérité… Ceux qui ont cru cette vérité.
J’observais le surveillant en train de modifier les informations qui concernaient mon dossier. CATS transférée chez les NUTS. Magnifique la vie. Je ne disais plus rien, plus depuis que ce professeur de contrôle du pouvoir m’ait un peu bousculé et lancé l’un de ces regards glacés. Le problème dans toute cette histoire, c’est que je ne me souvenais même plus de ce que j’avais fait pour mérité ce transfert… Ce que j’en sais, c’est que mes mains me brûlent souvent, comme si mon propre venin m’était douloureux à présent… Et cette douleur était parfois si immense, qu’elle m’empoisonnait tout le corps entier… Et puis… Il y avait ce bruit, ce vacarme incessant pour me brisait le crâne…
Je ne disais rien, et restais poupée de chiffon alors qu’on me présentait ma nouvelle carte, et les doubles portes d’entrée de la zone Nuts. J’allais découvrir un temple tout particulier… Où personne n’avait vraiment mis les pieds… Si nous pouvions nous amuser à changer de salle commune, si jusqu’alors je passais quasiment toutes mes nuit dans le lit d’un MUSE, ici ce n’était pas le cas. Les surveillants empêchaient tout mélange bien plus scrupuleusement que dans les autres sections… J’eûs une vague pensée à mon petit ami… Pauvre de lui, il allait passer ses nuits seul… Enfin seul. C’était un bien joli grand mot.
Je sifflais méchamment lorsque le surveillant posa sa main sur mon épaule, dardant mes yeux d’un jaune vif et inquiétant sur lui. Je soutins un moment son regard avec cet air d’animal prêt à bondir et à sauter à la gorge de cet homme…. Ce ne fut que lorsque son contact disparu que j’avançais enfin. Un pas. Puis un deuxième. Et je fermais les yeux en sentant la porte se refermer derrière moi. Je serrais mes doigts sur la carte, avant de balayer la zone d’un regard. Couleur claire et pure. Je me croirais presque dans un hopital. J’avance doucement, et je trouve rapidement la Salle Commune. Vide. Calme. Un silence total. Ca, le silence, il n’y en avait jamais chez les CATS. Il y avait toujours beaucoup d’animation, et de cris, de rires, et de petites disputes, qui se déroulaient en plusieurs rounds. Il y avait toujours Nao qui se faisait envoyé bouler par Makkuro, il y avait toujours Judith qui se faisait draguer par mille et une personnes, et puis il y avait moi, aussi. Mais c’était visiblement une ancienne histoire.
Je profitais de ce silence de mort, puis siffler quelques injures : « Bande de sales chiens… Si vous croyez que vous allez vous en sortir comme ça…. JE VAIS VOUS FAIRE REGRETTER CA, BANDE D’ENFOIRE ! »
Je parlais à qui ? A eux… A ceux qui avaient été responsable de mon transfert. Je savais que j’avais une bonne raison de leur en vouloir, et cette raison… M’échappait encore pour l’instant. Mais bientôt, je m’en souviendrais, j’en été sûre, je sentais son spectre planer non loin de moi… Cette raison, ce souvenir était là, mais brouillé… Je n’arrivais à la discerner, mais… Ce n’était pas étonnant, me disais-je. Cela serait trop simple sinon. C’est vrai. Je prenais cela presque pour un jeu… Mais j’obtenais toujours ce que je désirais. Toujours.
Mes sens soudainement en alerte, je me tournais en entendant un infime bruit plus loin. Portant mes yeux sur une nouvelle présence féminine… Hm.
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•• Crédits: Lostfish •• Messages: 63 •• Pearls: 180 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Bonjour l'Asile. [Esper ♥] Mar 27 Déc - 23:41 | |
| Silence. Silence dans la Zone NUTS. Rien d'étonnant à cela. Tout était comme étouffé ici. Limité par les caméras que le personnel n'avait pas pris la peine de dissimuler, limité par les regards méfiants de la plupart des habitants de l'Extérieur, limité par le Secret qui pesait sur les épaules de ceux qui le connaissait, limité par la folie ambiante, limité par la blancheur des murs et le rouge des meubles.
Blanc comme la neige, rouge comme le sang. Champ de bataille en Sibérie. Bandages autour d'une plaie ouverte. Hémorragie. Cadavres dévorés par les loups. Sang de l'hymen imprégnant le drap nuptial.
Que ces images étaient réjouissantes. Vraiment, elles rendaient la Salle Commune tellement plus chaleureuse... On pouvait presque voir les flammes montant au ciel, laissant un sillage de destruction et de terreur derrière elles.
Depuis quand les flammes bougeaient-elles ?
Esper cligna des yeux, fixant la nouvelle venue qui était en train de la fixer. Les flammes n'étaient pas des flammes, les flammes étaient humaine ? Dommage. D'un autre côté... c'était une nouvelle. Enfin, une nouvelle tête chez les NUTS. Parce qu'elle connaissait déjà la porteuse de ladite tête. De loin. Vaguement. Il lui semblait que la tête fréquentait le "vieux" des MUSE. Peut-être.
_ Fuck... Une minute et je devrais être aussi malsaine d'esprit que d'habitude et te faire découvrir le monde ô combien merveilleux des NUTS.
La nouvelle qui n'était pas une nouvelle tête - c'était quoi son nom déjà ? - avait de la chance dans tout ça. La junkie était en train de redescendre de sa dernière session de "jeu", si on peut appeler jeu s'injecter toutes les drogues ludiques sur lesquelles on met la main sans souci de proportion et planer dans un univers rempli de lapins arcs-en-ciel et de loutres clignotantes se faisant disséquer par un serpent fredonnant de la pop simplement parce qu'on ne trouve rien de mieux à faire.
Accélérer la synthèse des substances était une seconde nature désormais. Il lui suffisait juste d'attendre un petit peu...
Et le mal de tête qui tendait à suivre l'atterrissage se déclenchait, pour repartir aussi sec, chassée par l'ibuprofène qui prospérait dans son organisme.
Yay, cool. On a pas besoin de médecin, juste d'une pharmacie. C'est tellement mieux.
_ Mieux... La NUTS cligna des yeux, son attention se reportant sur la flamme humaine. Ah oui, c'est vrai. Une nouvelle. J'te souhaiterais bien la bienvenue, mais... c'est un peu la Zone NUTS, et je doute que tu sois venue de ton plein gré. Y'a plus de chances que t'aies appris un truc que t'es pas censée savoir. Ou alors, t'es folle. Mais c'est rarement volontaire - et si ça l'était, ça ne compterait plus comme signe de folie donc...
La brunette haussa les épaules, amorphe. Elle trouvait difficile d'être excitée après son trip. Peu de choses étaient aussi distrayantes que regarder des créatures atrocement mignonnes et horriblement colorées être découpées. Enfin l'harmonie et la symétrie avaient été vengées ! Quoique vu la tête de la flamme, il restait du boulot avant que la symétrie ne règne dans le monde réel. Tant de couleurs... ça lui brûlait les yeux. Peut-être que c'était fait exprès. Peut-être que non. En attendant, ça la mettait mal à l'aise. Esper soupira, se moquant de savoir si la tête connue inconnue l'entendait. Si c'était la tête qui fréquentait le vieux des MUSE, elle avait probablement des super-sens ou quelque chose dans ces eaux-là, alors la discrétion...
_ J'suis Esper, fabrique locale de drogues, poisons, toxines et autres trucs réjouissants qui font qu'il vaut mieux garder ses mains pour soi en ma compagnie, maniaque obsédée par la clarté et la vérité. T'étonnes pas si je dis "on" de temps en temps. Un vieux tic. Et... je suis quasiment sûre d'avoir déjà vu ta tête, même si je me souviens ni d'où, ni de quand, ni de ton nom. Quoique le nom, je l'ai probablement jamais su. Bref, t'as probablement déjà décidé que j'étais bonne à enfermer - c'est fait -, traumatisée par un truc quelconque - j'pense pas que ce soit pas le cas mais je suis probablement pas la mieux placée pour en juger - et droguée jusqu'aux branchies. Je ne peux pas nier le dernier, dis-toi juste que c'est pire sans les drogues. Ou quand je m'ennuie.
La NUTS stoppa sa tirade, reprenant son souffle avant de pénétrer plus avant dans la salle commune, crispant et décrispant ses mains tout du long. Ces murs avaient l'art de lui donner envie de peindre, et par peindre elle entendait "balancer absolument toutes les couleurs qu'elle trouve et les regarder couvrir ce blanc d'hôpital qui ne servait qu'à les rendre encore plus fous". Elle était sûre que ce serait hilarant, ne fut-ce que pour voir la tête de leurs chiens de garde en découvrant la nouvelle décoration. Peut-être qu'elle pourrait à la nouvelle de l'aider, une fois qu'elle se serait acclimatée ?
Enfin, avant ça, faudrait peut-être qu'elle aide la flamme à se familiariser avec le coin, parce qu'elle allait rester là un bon bout de temps. Et lui décrire les phénomènes qu'elle allait côtoyer de gré ou de force - plutôt de force - serait probablement pas de trop. Après tout, personne ne voulait qu'elle meurt de surprise. Le personnel, bien sûr, n'était pas compté dans "personne". Esper doutait que la flamme avait été envoyée là pour sa propre sécurité.
_ Bref. J'te fais visiter le bagne, ou tu préfères que les chiens de garde s'en chargent ?
Question rhétorique s'il en était. Qui voulait avoir une dette envers les adultes ? Tout le monde ici savait où faire confiance à un adulte menait. |
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 | Sujet: Re: Bonjour l'Asile. [Esper ♥] Jeu 29 Déc - 18:39 | |
| [ Loooooostfish en puissaaaaaance ♥ ] Kiera gardait ses yeux posés sur la nouvelle venue. La seule présence dans cette cage blanche, en plus d’elle-même visiblement… Pourtant, elle avait pu remarquer ces caméras de vidéos de surveillance… C’était comme si ils avaient renoncé aux dernières merveilleuses nanotechnologies et leurs appareils si minuscule… Juste pour leur rappeler qu’ils étaient surveillés. C’était comme de l’asepsie. Cela étouffait la fumée elle-même avant même qu’une mince flamme n’ait vu le jour, n’ait pu danser sensuellement, narguer ces personnes qui les enfermer. Avant d’exploser, de dévorer tout entier ce monde, et de devenir libre. Le redevenir.
Elle observait la droguée. La rouquine avait l’air fatiguée, comme si elle n’avait pas dormi depuis des mois, elle avait ce visage particulier, comme si elle avait passé une nuit agitée. Comme si elle était à bout de nerfs, à fleur de peau .Et son allure allait dans toute cette prolongation : elle semblait sur le qui-vive, prête à bondir sur sa proie, sur un prédateur pour se défendre d’un danger. Aussi infime puisse-t-il être. Son corps frémissait parfois, à l’affût, comme si elle avait capté un brui infime, un courant d’air quasi-inexistant qui avait pu émoustiller ses sens visiblement bine plus développé que tout autre mutant… En même temps… C’était une CATS. Une ancienne CATS, rectification. Esper lui semblait complètement stone. Et Kiera l’écouta parler, parler, parler à ne plus pouvoir, à ne plus s’arrêter, elle n’en voyait pas la fin… Elle attrapait quelques mots ici et là… Le seul bruit de sa voix lui vrillait les tympans, le crâne entier… Créant de nouveau ce bourdonnement infernal et incessant qui lui déchirait le crâne. Pourtant son esprit s’arrête sur ce… Cette chose qu’elle avait appris sans qu’elle ne sache quoi pour autant, et qu’elle n’était pas censé savoir… Cette NUTS était donc au courant elle aussi ? Il fallait à tout prix qu’elle lui dise… Kiera était frustrée après tout. Elle avait été transférée, pour une raison qu’elle ne se souvenait plus… Si seulement elle pouvait se rappeler de quoi elle parlait ce soir là avec Nate… Il était si triste lorsqu’il glissait ses cheveux dans ses doigts… Si sérieux pour une fois.
La voilà qui repartait dans un monologue… Je me sentais presque à la place de Mon Mollusque là… Il devait vraiment trouver cela ennuyant lorsque je l’assassinais de mes paroles pour tenter de le faire s’éveiller, de le faire réagir et sortir de son petit monde douillet. Vraiment terrible. Esper. Drogues, poisons toxines… Vérité, bonne à enfermée… Ahah. Mais nous le sommes déjà tous enfermés. Quoi qu’il en soit je ne devais pas être le plus parfait des auditoire, puisque mon regard se baissa lentement… Mes mains étaient de nouveaux crispées, et me semblaient irradier d’une douleur aussi affreuse que la veille. Mes mains tremblaient sans que je ne puisse rien faire, cette douleur me broyait les os, chaque millimètre de ma peau étaient comme transpercée par des centaines d’aiguilles, soumise à une pression énorme, détruite par un acide puissant… Comme si le propre venin que contenait mon corps se retournait contre moi-même…
Un sourire douloureux se glissa sur mes lèvres, alors que je relevais mes yeux vitreux de la jeune femme. Je soufflais d’une voix éraillée, en la fixant de nouveau : « Et ta drogue… Tu sais la partager sans tuer ? »
Et alors, quoi ? Nous n’étions pas tous blanc comme la neige dans ce monde… Et je ne pensais qu’à atténuer ces douleurs qui m’avaient fait crier la nuit dernière… Quelque chose me disais que je n’étais pas douillette, que j’avais connu des horreurs dans mon passé, mais ça… C’était tellement différent… C’était un mal qui s’insinuait directement par les pores de vos points faibles. Lentement, mais terriblement efficacement… Si mon entrée dans l’asile des fous était à ce prix là… Si je devais supporter ces maux jusqu’à ce que nous sortions d’ici… Je savais que je n’allais pas le supporter. Alors si cette belle demoiselle, délicieuse créature de drogue pouvait peut-être avoir la bonté de m’offrir quelques onces de son art… Je lui en serait certainement reconnaissante.
En entendant de nouveau sa voix, je me redressais, comme revenant sur Terre, ou du moins aux tréfonds de ces eaux sombres pour l’observer. J’hochais la tête. Mouvement qui fut plus d’un tic nerveux qu’une réponse sous le coup. Je m’approchais lentement vers elle, et je soufflais, toujours aussi bas, puisque cela coûtait à mes cordes vocales si éprouvés de m’octroyer le droit de quelques nouveaux efforts. « Je te suis… » Soit on crie la nuit, soit on parle le jour, on ne fait pas les deux !
Ce fut alors à ce moment là que mon regard glissa enfin sur la personne qui me faisait face. Une longueur souple, et pour l’instant assez amorphe. Une poupée déglinguée bichromie, au teint de craie et aux cheveux sombres. Elle avait du charme, elle était jolie à sa manière. Son visage me plaisait. Son air à l’ouest… M’irritait peut-être un peu, tout comme celui de mon Mollusque pouvait le faire…
Et puis mon regard se détacha totalement d’Esper pour se poser sur ces murs blancs. Trop blanc. J’aime le blanc à petite dose. Une cage blanche qui ne prenait pas même la peine de dissimuler la réalité. Une cage blanche qui me faisait penser à un hopital… C’était vraiment angoissant. Etouffant.
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•• Crédits: Lostfish •• Messages: 63 •• Pearls: 180 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Bonjour l'Asile. [Esper ♥] Lun 2 Jan - 13:46 | |
| Et ta drogue... Tu sais la partager sans tuer ? Esper détestait cette question. Sûr, elle disait souvent aux gens quel était son don, mais c'était pour éviter qu'on la touche, pas pour qu'on se saisisse d'elle et ne la relâche plus jamais, l'enfermant dans son rôle de dealer. C'était détestable, cette impression. Comme si les murs blancs se rapprochaient autour d'elle, que le plafond s'abaissait et que le sol remontait. La salle commune si blanche était devenue une nouvelle prison, et la brunette ne le supportait pas, libérant des anxiolytiques dans son système pour se forcer au calme. Tout allait bien. Elle connaissait cette question. Elle connaissait les junkies et les dealers. Elle savait juger les gens, juger combien ils étaient accros. Il fallait juste qu'elle sache si cette fille était vraiment accro, assez accro pour l'étrangler de caresses juste pour avoir sa dose, assez accro pour risquer l'overdose. Rien de bien compliqué. C'était facile, même. Il fallait juste arrêter de fixer le mur derrière la flamme et fixer la flamme elle-même, en espérant ne pas se faire éblouir.
Les mains furent ce qui extirpa Esper de son appréhension. Elles semblaient ne pas être à leur place. Si crispées que leurs jointures semblaient revêtir une pâleur peu naturelle, encore moins naturelle que le teint de craie de leur propriétaire. Trop crispées en comparaison de l'attitude de la flamme aux aguets, prête à réagir à la moindre menace. Incapables de défendre leur maîtresse en cas de danger, car trop longues à se déplier et se mettre en position. Les mains semblaient souffrir, et la curiosité d'Esper se trouva piquée. La flamme n'avait pas cette lueur propre aux bébés de la NUTS dans on regard. C'était une autre lueur qui y brûlait, aussi désespérée que celle des junkies mais plus fière, plus arrogante. Peut-être plus effrayée aussi, mais la Texane plaça cette idée sur le compte de son imagination. Rien dans l'attitude de sa vis-à-vis n'indiquait la peur après tout. Un nouveau soupir quitta ses lèvres rougies de les avoir mordillées pendant qu'elle réfléchissait.
_ J'en sais rien. C'est facile de tuer quelqu'un, ou de l'assommer. Suffit d'augmenter la concentration de toxines. Mais les partager, ça veut dire déterminer quelle drogue injecter, et dans quelles proportions, et trouver comment diminuer les doses. En théorie c'est faisable, je le fais même déjà, mais les doses sont trop faibles pour affecter ceux qui me touchent autrement que sur le long terme. Sûr, je peux essayer, mais c'est sans garantie de résultats.
Pourquoi est-ce qu'elle se trouvait à essayer d'expliquer - non, de vulgariser - le fonctionnement de son don à cette fille ? Pourquoi est-ce qu'elle ne contentait pas de refuser, et de retourner à son quotidien d'actes irréfléchis et d'indifférence ? Pourquoi est-ce qu'elle voulait l'aider ? Esper craqua ses vertèbres, espérant en dépit de la stupidité de l'idée que le geste lui éclaircirait les idées. Mais c'était stupide. Stupide et irréfléchi, comme la majeure partie de ce qu'elle faisait. Peut-être que c'était ça, la raison, au final. Sa réponse engendrait tellement de possibilités... La réaction de la nouvelle pouvait causer tant de chaos au sein de la section... La jeune femme sourit, vaguement joyeuse. Avec un peu de chance, la nouvelle l'aiderait peut-être à faire marcher les adultes sur la tête. Cool...
Mais avant ça... visite ! Tournant sur elle-même avec un grand sourire moqueur, Esper engloba de ses bras la salle commune, comme pour inviter la flamme à l'admirer - ou à noter ses failles. La voix de la dealeuse s'éleva, railleuse, rendue traînante par l'accent texan qui étirait ses voyelles et appuyait ses "t". Elle avait envie de parler avec, plutôt qu'avec l'accent neutre et cultivé qu'elle utilisait d'habitude, simplement parce qu'il était plus commode.
_ Ici, la salle commune, décorée façon tomates exposées sur champ de neige ou, comme je préfère dire, testament de l'appétit des loups en Alaska. Notez les caméras apparentes, qui apportent cette petite touche carcérale ô combien raffinée à l'endroit et incitent à la folie.
Une pirouette, et la jeune femme sortit de la salle commune, attendant la nouvelle avant de l'entraîner à sa suite vers les chambres. La porte de la chambre A fut ouverte, révélant les lits désordonnés dont un sur lequel étaient abandonnées deux peluches, le mur adjacent représentant un labyrinthe tout en noir, gris et blanc, avec l'occasionnelle touche de rouge. De nouveau, Esper se tourna vers la nouvelle venue.
_ Chambre A, cellule de Léo, Raphaëll et yours truly. Léo contrôle le feu, Raph' décompose les choses et les gens, et je joue avec les drogues. Fais pas gaffe aux champi', c'est normal. Modèle de base, trois lits, mixte, mur programmable. J'te montre ta chambre, ou tu veux les douches qui sont exactement les mêmes que chez les MUSE, et par conséquent probablement identiques à celles des CATS et SEER ?
Se laissant tomber sur son lit, Esper ramena ses jambes contre elle et repoussa de la main un des nombreux flacons remplis d'une quantité ridicule de pilules, notant au passage qu'il lui faudrait ranger son coin de chambre. Attendant une réponse, elle s'activait machinalement, tapant son oreiller, alignant ses peluches contre lui, replaçant les flacons au centre de la table de chevet. Les idées bien plus claires désormais. |
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 | Sujet: Re: Bonjour l'Asile. [Esper ♥] Jeu 9 Fév - 16:03 | |
| Un léger sourire se glissa sur mes lèvres. Je détournais alors le regard sans rien dire, ayant tout simplement remarqué que ma question ne lui avait pas plu. Que pouvais-je en savoir ? Elle n'aurait rien dit, je n'aurais pas demandé, je ne l'aurais pas deviné toute seule.... Je l'aurais prise pour une camée, ni plus, ni moins. Une droguée qui restait à nager dans son monde multicolore en pleine journée, et qui semblait être bien habituée, tout de même...
J'ouvrais et fermais lentement mes mains, ne pouvant les empêcher de trembler un peu. Qu'elles fassent donc à leur guise. Je ressentais comme l’irrépressible envie de fracasser mes phalanges sur le mur, de m'exploser les poings sur une quelconque surface dure, comme dans l'espoir de faire fuir cette douleur insupportable. La remplacer par une autre, peut-être moins douloureuse... Déplacer le problème, l'étouffer avec violence. Ou alors me sectionner les mains.... Cela aurait tout arrêter, non ? Cela en devenait même un besoin urgent, tant cela tentait à devenir un supplice. Je clignais des yeux lentement, c'était une réelle tentative d'extraction de ces pensées sombres. J'eus un frisson glacé lorsque je cru voir une ombre derrière la NUTS. Une hallucination ? Peut-être... Sûrement, même. Mais sous le coup, je n'étais pas en état pour m'énumérer les effets de mes poisons sur autrui... Moi qui avait toujours cru que j'y étais insensible pour qu'il puisse vivre en moi...
Mais mon regard quelque peu perdu, se reposa très vite sur Esper, qui me répondit. Ah oui, la drogue... Dieu que cela me soulagerait...Oh je m'étais déjà droguée, tout comme j'avais déjà bu et jouis dans l'illégalité la plus délicieuse. Mais le fait que tout m'échappait avait finit pas me frustrer... Cela me rendait trop brusque et trop persuasive à mon goût... C'était comme si je me métamorphosait femme trop suave et imprévisible, trop violente et sauvage... Comme si en une soirée, je prenais conscience de ce corps féminin, et que j'en usais pour parvenir à mes fins. Comme si soudainement, cette drogue, cet alcool libérait des chaines invisibles qui entravait une bête qui somnolait constamment en moi... C'était effrayant.
« Je veux bien essayer. ... Quitte à recommencer si il n'y a pas de résultat. »
Elle était sérieuse. Du moins son regard le fut quelques secondes lorsqu'elle plongea toute son attention dans le sien. Puis elle partit ailleurs, semblant lutter contre quelque chose qui voulait la tirer vers un sommeil. Elle frémit en entendant les vertèbres de la jeune femme craquer aussi distinctement. Chose qu'elle faisait souvent elle aussi, mais qui la dégouta pour la première fois de sa vie. Kiera sursauta presque lorsque la toxicomane ouvrit soudainement les bras pour s'exclamer, lui présenter alors ce merveilleux décor. La mutante avait esquissé un léger mouvement de recul ! Comme un animal qui ne se sentait pas en sûreté, et qui réagissait au moindre mouvement trop brusque ! Ses pupilles se rétractèrent, alors qu'elle souffla tout bas en l'entendant. Son coeur battait vite, et battait fort. Elle lui avait fait peur !
La jeune rousse ferma encore les yeux, un peu trop intensivement, comme pour faire passer une petite irritation... Ou une petite poussière dans l'oeil. Petite pirouette, et elle suivit Esper sans rien dire, commençant juste à avoir un peu froid... Toute docile au final, même si elle eût le besoin de s'accrocher discrètement à l'encadrement de la porte pour ne pas perdre l'équilibre, elle finit par poser ses jolies fesses sur le bord du lit d'Esper, observant les champignons d'un très mauvais oeil... C'était dégoûtant.
Elle l'observait faire avec son oreiller et ses peluches, elle bloqua un long moment sur les pilules mais ne bougeait plus... Ce ne fut que lorsque le silence fut de nouveau installé dans la salle qu'elle se rendit compte que... Elle avait sûrement oublié de répondre à sa question. Ses yeux se posèrent sur elle, et elle souffla très bas :
« Oui, les chambres sont toutes pareilles... Et... Son attention se décrocha de nouveau un instant, elle ferma les yeux avec insistance, puis haussa les épaules légèrement : « Comme tu veux. Si tu préfères que je te laisse seule... » Mais pourtant.... Sûrement pour la première fois de sa vie... Elle n'avait pas envie d'être seule. Elle, qui avait toujours aimer être indépendante, qui aimait se retrouver seule au calme, sans qu'une personne vienne l'embêter, elle avait envie de tout le contraire. Bizarrement, se retrouver seule, et surtout ici, ne lui inspirait pas confiance. Ce fut pour cela qu'elle esquisse un geste plutôt brusque, et demanda soudainement : « Tu sais si y a quelqu'un avec moi dans la chambre ?! » Son regard semblait alors soudainement soucieux. Comme si sa vie dépendait de sa réponse ! |
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•• Crédits: Lostfish •• Messages: 63 •• Pearls: 180 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Bonjour l'Asile. [Esper ♥] Mer 29 Fév - 12:11 | |
| Recroquevillée sur le lit, jambes ramenées contre elle et menton enfoui entre ses genoux, Esper se contentait d'observer le comportement de la flamme. Quelle contradiction que cette fille. Toute en couleurs, et pourtant elle paraissait comme délavée. C'était probablement dû à sa maigreur, ou à ses mains étranges. Ou à autre chose. De toutes façons, pourquoi s'en soucier ? Dans cinq minutes, elle penserait à autre chose. Comme aux potentiels colocataires de la nouvelle. Ou à la peinture qu'elle voulait balancer sur les murs de la salle commune. D'ailleurs... _ D'après toi, de quelles couleurs faudrait peindre la salle commune ? J'pensais à un mélange, mais ça risque de jurer non ? D'un autre côté, ça serait approprié vu qu'on sort de différentes sections. Plafond vert, portes orange et murs blanc et violet, ça en jetterait non ?C'était pathétique. Vraiment. Comme si la flamme n'allait pas se rendre compte qu'Esper n'avait pas répondu à sa question. Grognant, Esper attrapa une de ses peluches, la serrant contre son front. Visage caché, elle pouvait réfléchir. C'était plus facile de penser quand elle ne voyait pas les yeux de la nouvelle, la fixant avec une expression qui lui faisait penser à une gosse effrayée à l'idée qu'un monstre puisse se cacher sous son lit. Here comes Esper, sucker for broken birds. Bordel...Enfin, la brunette redressa la tête, posant son regard sur la flamme et fronçant les sourcils aussi sec. Elle avait pas l'air très à l'aise, assise comme ça. Ou alors, c'était les champignons. Elle devait trouver ça bizarre, des champignons dans une chambre. D'un autre côté, c'était mieux que de les avoir dans la salle de bains. Le jour où elle y trouvait un champi', Esper avait la ferme intention de squatter une autre salle de bain. Beurk. _ Je crois que t'as des colocs, mais je pourrais rien te dire sur eux vu que j'essaie de passer le moins de temps possible ici. J'ai ni envie, ni besoin de rajouter à mon manque de santé mentale. D'ailleurs, tu pourrais me dire comment tu t'appelles ? "La flamme", ça te va bien, mais un prénom serait quand même pratique. Ou un nom de famille, au choix. De toutes façons, j'continuerais probablement avec les surnoms mais bon...Et là, elle va se demander pourquoi je veux son nom, vu que je l'utiliserais probablement jamais.Un soupir échappa à Esper devant le silence qui régnait dans la pièce. Sûr, elle n'était pas toujours d'humeur bavarde, mais la flamme n'aidait pas. A croire qu'elle s'attendait à ce que la junkie lui saute dessus, la bave aux lèvres et un scalpel à la main. Et franchement ? C'était vexant. Avoir quelques dizaines d'araignées au plafond ne voulait pas dire qu'elle tuait les gens. Il y avait des tueurs parmi les NUTS, sûr. C'était la section des fous après tout. Mais ça ne voulait pas dire qu'Esper faisait partie du lot. Elle préférait encore essayer de se causer une overdose. Peut-être qu'elle pouvait faire un geste, tendre la branche d'olivier, histoire que la nouvelle se détende un peu. La voir aussi tendue stressait Esper, et stresser par proxy manquait sérieusement de cool. Un sourire glissant sur ses lèvres, Esper se redressa, laissant sa peluche retomber sur le matelas alors qu'elle s'agenouillait et commençait à fouiller dans le tiroir de la table de chevet. C'était quelque part par là, elle le savait. Derrière l'hydromorphone et la codéïne, avec le reste des antalgiques. Enfin, elle se redressa, une boîte en carton dans sa main, si innocente en apparence. A défaut de bourrer la nouvelle de drogues - Esper préférait d'abord s'entraîner, histoire de ne pas la tuer par erreur -, elle pouvait lui filer des médocs. Après tout, Esper était une pharmacie. _ Nimésulide 100 mg. Sert entre autre dans le traitement des douleurs aiguës et dans le traitement des arthroses douloureuses. Anti-inflammatoire, pas mal d'effets secondaires qui font qu'on l'utilise plutôt en traitements courts, interdiction de dépasser 200mg par jour, posologie un comprimé le matin, un le soir. Risques d'allergies, blablabla. Tu veux tenter le coup ?En guise de branche d'olivier, un médicament potentiellement dangereux qui pouvait aussi bien aider la nouvelle que la démolir. Est-ce que ça faisait d'Esper un serpent ? | Spoiler: | | | Réponse minable, navrée. |
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