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| | Isaac Newton - Acte II, Scène 1 | |
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Oh ! This is Anoki He Lush Ka 1

•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Dim 25 Déc - 18:27 | |
| Trois jours. Trois très longues journées. C'était exactement le temps qui s'était écoulé depuis sa rencontre avec William, et autant d'heures à se triturer l'esprit. A essayer de comprendre tout ce qui s'était passé, à essayer de comprendre sa fuite, à essayer de comprendre pourquoi l'image du garçon ne quittait plus sa tête. Autant de questions qui étaient restées sans réponse.
Trois jours pendant lesquels même dessiner ne l'avait pas aidé à faire le vide dans son esprit. Il n'avait réussi à rien. Qu'à esquisser le visage du CATS, qu'à reproduire sur sa tablette son regard empli de verdure. Il devait mettre un terme à cette obsession naissante. Il devait trouver un moyen d'endiguer la pandémie. Il devait se confronter au problème. Il devait voir William. Cette résolution prise, aux environs du deuxième jour, parut néanmoins assez compliqué à accomplir. Comme si le beau brun n'était plus trouvable sur le marché. Il n'arrivait pas à le trouver. Malgré tous ses efforts pour écumer la station sous marine, et pourtant, il en connaissait tous les recoins. Vraiment, il ne comprenait pas où pouvait être parti ce garçon. Il n'avait pas pu se volatiliser.
Alors Anoki se décida à enquêter. Il aurait été très simple d'attraper un CATS et lui demander s'il savait quelque chose. Mais le dessinateur n'arrivait pas à « importuner » quelqu'un. Il se contenta donc de sa méthode habituel à savoir écouter aux conversations des autres en se faisant le plus discret possible. Il apprit que Merry avait fait sa déclaration à Thomas. Passionnant. Il manqua aussi de rire en apprenant que Fausto avait traumatisé un élève en sautant du haut du quatrième étage. Décidément, il s'ennuyait de plus en plus. Anoki pensera à aller lui parler, à essayer de le divertir. Mais d'abord...... Hum ? Il tendit l'oreille en cours d'histoire, devant lui deux élèves semblait parler d'un nouvel arrivant. Qui ne sortait plus de sa chambre ? Se pourrait-il que ce soit William ? Pourtant, il avait l'air sociable. Pourquoi donc restait-il tout seul ? Le blues de l'arrivée ? Non... C'était à cause de lui ? Non, non non !
« Hey vous ! Excusez moi... C'est de William que vous parlez ? »
Regard interloqués des deux étudiants. Sans doute n'avaient-ils jamais vu qu'il y avait encore quelqu'un au rang derrière eux. Ou alors, il croyait que ce garçon derrière eux était muet. Mais celui-ci n'avait pas vraiment envie d'attendre.
« Est-ce que c'est William bon sang ? Vous avez perdu votre langue ? »demanda-t-il légèrement énervé.
« Euh... Non..... Mais oui.... J'crois qu'il s'appelle William.... »bafouilla l'élève devant lui, vraiment surpris.
L'albinos bondit. Il sortit précipitamment, bousculant les derniers élèves à arriver en cours. Ce n'était pas dans ses habitudes de sécher des cours, mais là, c'était un cas d'extrême urgence. Il devait trouver un moyen de parler à Will, de le sortir de sa morosité, surtout s'il en était la cause. L'indien bouscula un bon nombre de personnes, courant dans les couloirs sans prendre le temps de vraiment réfléchir à ce qu'il faisait. Mais il se heurta à la porte de leur salle commune, cette salle à laquelle il ne devait avoir accès. Un gamin arriva, tapa son code, ouvrit la porte devant ses yeux, lui dit bonjour, et entra sans poser plus de question à ce grand échalas planté devant la porte. Alors il profita de l’inattention et de l'innocence de ce petit mutant pour se faufiler dans leur intérieur. Il rattrapa le gamin et lui demanda où il pouvait trouver son ami. Abuser de la naïveté d'un gosse, c'est mal, mais c'était efficace, il sut bientôt à quelle chambre il devait frapper.
Il se retrouva donc devant la chambre C. Immobile, à se demander ce qu'il devait faire maintenant. Il resta quelques minutes sans rien faire, en réfléchissant. Puis, sa main se leva hésitante, très hésitante. Il se stoppa encore une fois. Le grelot à son poignet fit un léger cliquetis. Oui, car, en trois jours, il avait uniquement trouvé le temps de faire cela : acheter quelques clochettes, il s'était qu'au moins avec ça, Will l'entendrait toujours, il ne risquerait pas d'être surpris. Non vraiment, il fallait qu'il tape à cette porte. Ses doigts tombèrent doucement sur la porte, timidement. Sa tête s'approcha du seuil, son front s'appuyant contre elle.
« William.... S'il te plaît... Laisse moi rentrer.... »dit-il d'une voix à peine assurée, à peine sûre de ce qu'elle demandait.
Pourtant, il voulait rentrer, avec ses vêtements bien assortis, ses grelots de protection, et l'envie d'expliquer, de ne pas rester sur un malentendu. Lui dire qu'il avait envie de rester avec lui, et qu'importait ce qui se passerait, il ne le repousserait plus. |
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 | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Dim 25 Déc - 18:59 | |
| Le premier jour, William l’avait passé à pleurer. Ce n’était certes pas très constructif. Il ne doutait pas qu’il y avait mieux à faire. Mais pleurer était tout ce qui se présentait à son esprit. Pleurer, hoqueter, pousser des soupirs, pleurer à nouveau, s’endormir quelques heures, se réveiller, pleurer encore et, finalement, sortir la nuit pour récupérer quelque chose dans les cuisines, manger, et pleurer.
Il se sentait humilié. Pas par Anoki. Par lui-même. Il se sentait sale, stupide, idiot, grossier, vulgaire. Toutes les insultes qu’on avait pu lui adresser au cours de son existence se trouvaient à ses yeux justifiées par le fait qu’Anoki lui eût repoussé. Jadis, il n’y avait jamais accordé d’importance : quand les choses commençaient à devenir sérieuses, les garçons étaient envoûtés par ses caresses et ils avaient l’air très heureux, alors William ne prêtait pas attention aux remarques des autres. Mais là, c’était différent. Il avait échoué et il se sentait misérable.
Le deuxième jour, William prit son humeur massacrante à deux mains et tenta une sortie. Elle se solda par cinq bras cassés, des dents perdues et des nez brisés. Lui n’avait rien si ce n’était les mains couvertes du sang d’autres personnes, l’impression d’être une brute ajoutée à celle d’être un pervers et la conviction qu’il n’était sans doute pas très judicieux de sortir avant d’avoir retrouvé un semblant d’équilibre.
Le troisième jour, William fut désespéré. Tout cela ne s’arrangeait pas. Il sortit de sa chambre, parvint jusqu’aux douches et resta une heure entière sous l’eau chaude, espérant chasser par ce moyen magique ses pensées les plus noires. Fantastique. Il sentait désormais très bon mais il n’en était pas plus heureux pour autant. Il rejoignit sa chambre et se laissa tomber sur son lit.
Il se sentait prisonnier dans cette cité de verre, prisonnier dans son corps et prisonnier dans sa vie. Pour la première fois, il mesurait combien il se détestait lui-même. Toute son existence était une fuite en avant pour ne pas se rendre compte de ce fait très simple : il n’avait à peu près aucune estime de soi. A ses yeux, il n’avait aucune qualité. Ou bien sa seule qualité était d’être mignon et il l’avait transformée en défaut.
Pour une fois, il avait relégué ses beaux vêtements tout au fond de ses tiroirs et s’était rabattu sur un sweat informe et un vieux jean élimé, ce qui ne faisait guère que de le rendre plus touchant encore. Et il restait là, allongé sur son lit, à regarder le plafond et à pleurer en silence. Désormais, il pleurait même du fait d’être incapable de faire quoique ce fût d’autre que de pleurer : la boucle était bouclée.
La voix qui se fit entendre à sa porte ne le fit pas même sursauter. Il était persuadé que c’était une hallucination. Puis son cerveau reprit lentement conscience que le désespoir ne justifiait pas encore l’apparition d’hallucination et qu’à moins que son shampoing fût plus de cocaïne, il pouvait encore faire un peu confiance à ses cinq sens.
Alors ce fut la panique. Anoki était là ! Mais pourquoi ? Que lui voulait-il ? Que pouvait-il lui dire ? Son camarade était beaucoup trop aimable pour être venu jusqu’ici enfoncer le clou. Alors quoi ? Il venait exiger des excuses ? Mais William n’était pas en état d’en fournir ! Il avait juste envie de se cacher pour toujours. Cependant, William avait une incorrigible propension à être loyal envers ses amis sans écouter ses propres peurs. Il ouvrit donc la porte.
Le spectacle qu’il offrit à Anoki était à la fois déchirant et adorable. Dans son sweat aux manches trop longues, avec ses yeux rougis, son air triste, ses cheveux en bataille et son air fatigué, William n’avait plus rien d’un guerrier : il était un joli garçon à qui on avait fait de la peine. Ses yeux verts évitaient soigneusement ceux de son camarade et le jeune homme s’effaça pour le laisser entrer.
« … j’t’en prie… »
Sa voix ne lui avait visiblement pas beaucoup servie ces derniers jours : elle était rauque et lasse. Et lorsqu’on le découvrait sa chambre, l’on comprenait qu’il n’y trouvât pas beaucoup de réconfort : de son côté, les murs n’étaient pas décorés, pas de photographie sur la table de chevet et la seule chose personnelle était la guitare, dans son étui, qui dépassait un peu de sous le lit.
William referma la porte, tira la chaise du bureau et s’assit dessus, visiblement convaincu qu’Anoki n’accepterait jamais de partager le moindre centimètre carré du lit avec lui. Il ramena l’une de ses jambes vers lui, l’entoura de ses bras et posa son menton sur son genou, le regard perdu dans le vide. On était très loin du jeune homme plein de vie qu’Anoki avait rencontré.
« …est-ce que… est-ce que tu veux à manger ? »
On avait la curieuse impression qu’il était prêt à se remettre à pleurer d’une seconde à l’autre.
« J’dois avoir du chocolat. Quelque part. Sans doute. »
Son ton donnait cependant beaucoup plus envie de mettre les deux doigts dans une prise électrique que de manger des sucreries. |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Lun 26 Déc - 0:06 | |
| La porte s'ouvrit, Anoki releva la tête, sa main restant figé dans les airs. Car, il faut dire que le spectacle qui s'offrit devant lui était parfaitement inattendu. Enfin, disons qu'il n'avait pas envisagé que les choses soient aussi graves. Face à lui, ce n'était plus le garçon assuré, aventureux et protecteur qui se tenait devant lui, c'était un être fragile, désespéré et angoissé. Il avait l'impression d'avoir une autre personne juste là. Était-ce lui qui avait provoqué une si néfaste transformation ? Mais qu'avait-il fait de si spectaculaire ? Il regrettait de l'avoir rencontré. Pourquoi fallait-il toujours que les choses n'aillent jamais bien pour les personnes qu'il appréciait ? Comment faisait-il pour tout détruire comme ça ? Il hésita à rentrer. Sa visite n'était sans doute pas la bienvenue. Peut-être valait-il mieux qu'il s'en aille et qu'il ne lui cause plus aucun problème. Non, il devait au moins s'excuser...
Il entra donc timidement. Il n'osait pas dire quoi que ce soit. Il se sentait tellement mal à l'aise. Sa présence était tellement déplacée. Peut-être ferait-il mieux de repartir. Laisser en paix les gens honnêtes et se contenter d'une solitude qu'il ne pourra pas corrompre. Le regard fuyant de William le culpabilisait encore un peu plus. Il savait que c'était sa faute. Il l'avait repoussé sans aucun tact, sans aucune raison, juste sur une raison égoïste. Et voilà dans quel état il l'avait mis. Il mordait nerveusement sa lèvre inférieure, si fort qu'il sentait le sang couler dans sa bouche. Mais même cela ne le fit pas arrêter. Ses mains s'entortillaient avec un gêne, produisant une petite symphonie de grelots, parfois renforcé par un tintement provenant de quelque clochette qu'il avait attaché à son écharpe.
Il ne s'avança pas vers le lit. Il n'y avait aucune raison à ce qu'on l'invite à s'asseoir où que ce soit dans cette chambre. Il le savait et ne voulait en aucun cas s'imposer. Il se sentait déjà de trop dans l'intimité inexistante de cette chambre. Il s'étonnait de ne rien voir sur le mur du côté de William. Il se sentait désespérément étranger à lui. Qui était-il pour venir lui dire d'aller mieux ? Comment pouvait-il se permettre cela...
« Non.... Je n'ai pas très faim... Merci.... »répondit-il d'une voix aussi vide que le regard de son interrogateur.
Ce réponse était absurde. Il aurait pu au moins dire oui. Donner quelque chose à faire à William. Plutôt que de les laisser tous les deux à se regarder en chien de faïence. Qu'est-ce qu'il était stupide. Pas étonnant que William l'ait fui. Il y avait de quoi ! Quel c*n il faisait. Il n'était vraiment qu'un handicapé des relations humaines. Il fallait qu'il se soigne. Il s'écoula quelques secondes sans qu'il ne trouve rien à dire. Puis, il sortit de son inertie, et s'avança William. Il voulait s'excuser puis partir. C'est tout. Ce serait la meilleure chose à faire.
Il s'accroupit devant lui, essayant en abaissant son regard de capter le sien. Il voulait pouvoir lui parler vraiment les yeux dans les yeux. Savoir qu'il l'écoutait, même s'il ne voulait pas l'entendre, c'était compréhensible.
« William.... Je suis vraiment désolé pour la dernière fois.... Je ne voulais pas te blesser... Ou quoi que ce soit..... C'est.... C'est que j'avais besoin de savoir ce que je faisais.... De comprendre ce qui se passait..... »
Sa voix n'était qu'un murmure de regrets et de culpabilité, ses paroles étaient touchantes de sincérité. De toute façon, Anoki est de ces personnes qui ne savent pas mentir, si ce n'est par omission. Quand il se mettait à parler, il n'énonçait que des vérités... Il se mordit la lèvre inférieure, réfléchissant à ce qu'il voulait dire, en faisant le tri dans la foule de pensées qui lui traversait l'esprit.
« Ce n'était pas ta faute... C'est que j'avais envie.... De..... Enfin.... Ce que je veux dire c'est que j'étais bien avec toi.... Mais j'avais peur.... De me servir de toi... D'abuser de ta gentillesse, et ça... Ça, je ne le veux pas, tu comprends ? »
Qu'il est dur d'expliquer ce que soi-même on ne perçoit que par jeu d'ombres et lumières, ce qui nous échappe toujours un peu, ces mécanisme improbable, incompréhensible, le jeu des souvenirs, des sens, tout le principe de la madeleine de Proust en somme. Lui même ne saisissant pas tout, il était compliqué de demander à quelqu'un d'autre de comprendre, c'était même une demande impossible.
« Je.... Je suis vraiment désolé... Je ne voulais pas te faire du mal.... Il vaut sans doute mieux que je reste loin de toi... Je risquerai de recommencer... Il y a tellement de gens mieux que moi ici... Oublie ce que j'ai fait, oublie moi, ce sera le mieux pour toi.... »
Les derniers mots eurent beaucoup de mal à passer ses lèvres. Il ne voulait pas les dire. Même si c'était sans doute vrai. Il aurait voulu croire qu'il pouvait être meilleur. Qu'il pouvait l'aider. L'aimer sans doute aussi. Mais, il savait qu'il risquait surtout de le blesser, encore et toujours.
« Je vais te laisser... Je crois que tu seras mieux sans moi... Je voulais juste m'excuser. Je peux y aller ? »demanda-t-il d'une voix ressemblant à celle d'un petit enfant triste après avoir fait une grave bêtise, avec innocence, et un sincère repentir.
Il replaça correctement son sac sur l'épaule n'attendant qu'un mot de Will pour partir. Il suffisait qu'il lui dise de s'en aller pour que le léger tintement ne soit plus qu'un vague souvenir. |
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 | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Lun 26 Déc - 0:37 | |
| Tic. Tac. Tic. Tac. Fort heureusement pour eux, les réveils à mécanisme étaient passés de mode depuis des siècles et leur silence n’était pas rythmé par le battement incessant d’une horloge : l’atmosphère était bien assez lourde comme cela et il était parfaitement inutile qu’un élément extérieur vînt leur signaler qu’ils vivaient l’un des moments les plus gênants de leur jeune existence.
William attendait, presque prostré sur sa chaise, les reproches bien légitimes d’Anoki. Son camarade allait lui dire tout le mal qu’il pensait de lui, c’était certain, ou bien, au mieux, il lui ferait la morale, lui conseillerait de reconquérir un peu de dignité et d’aller voir un psychologue. Quelque chose dans ce goût-là. Il aurait raison, William fondrait en larmes, et ce serait une chose pénible de faite.
Il y avait donc des circonstances dans lesquelles William n’était pas très combattif. Elles étaient rares, mais le résultat était spectaculaire. Après tout, ses raisonnements tordus l’avaient privés d’à peu près tout ce qui comptait dans son existence, sa façon d’être la plus instinctive et, d’une certaine manière, il n’était pas étonnant qu’il en fût arrivé à un pareil état de dépérissement — un dépérissement qui sentait bon le shampoing à la cerise, mais dépérissement tout de même.
Alors, d’abord, il ne comprit pas très bien. Il faut bien avouer qu’il partait de loin et que, par ailleurs, il n’était pas très, très doué pour ce genre de choses. Est-ce qu’Anoki était en train… de s’excuser ? Mais pourquoi diable s’excusait-il ? C’était parfaitement incohérent ! Ca n’allait pas du tout dans le scénario dramatique qu’il avait prévu ! Ca ne pouvait pas se passer comme ça !
William resta parfaitement immobile pendant les longues explications de son camarade, beaucoup trop occupé à faire fonctionner sa petite cervelle pour accorder la moindre énergie aux mouvements de son corps — c’est dire si la situation était exceptionnelle. Et, à force de précisions, mais cette étrange vérité que lui exposait Anoki parvenait à s’imprimer dans son esprit.
William vivait l’un de ces moments étranges où une chose qui paraissait claire et évidente prenait tout à coup un aspect entièrement opposé, dans un changement si surprenant qu’il était difficile de s’y retrouver pendant quelques minutes, de savoir quoi penser, quoi dire, et même plus simplement quoi ressentir.
Alors, comme ça, Anoki ne le prenait pas pour une traînée, un pervers ou quoi que ce fût de cet acabit ? Il ne lui en voulait pas ? Et même il s’en voulait à lui ? William avait l’impression d’être un accidenté rendu aveugle auquel on promettait qu’il allait revoir à nouveau. Il sentait l’énergie du fonds de son être revenir battre dans ses veines, la vie irradier son corps, la puissance surnaturelle qui naissait de son pouvoir reprendre les rênes de son existence.
Il comprenait ce que lui disait Anoki. Il ne se représentait pas tout très bien, bien sûr, pas en détail. Mais en gros il comprenait que le passé de son camarade, en ces circonstances, n’était pas des plus aisés. Au fil des années, William avait saisi que tout le monde ne vivait pas dans son corps aussi bien que lui, qu’il n ‘y avait pas besoin d’avoir de graves problèmes pour trouver son comportement un peu déstabilisant ; alors il mesurait quel pouvait être l’embarras d’Anoki.
Alors, non, il n’allait certainement pas le laisser partir. Il était temps de sortir de son immobilisme. Temps de renaître de ses cendres. Temps d’éradiquer les démons qui gâchaient la vie d’Anoki. Car évidemment, la première chose à laquelle William pensait en reprenant pied dans son existence, c’était de la consacrer à aider la personne autour de lui qui en avait le plus besoin — Anoki était l’heureux gagnant.
« Non. »
Ce n’était pas un non autoritaire, mais dans sa douceur, il y avait une fermeté bien décidée : Anoki ne « pouvait pas » y aller. Bien sûr, William ne lui barrerait pas le chemin. Le jeune homme releva son regard vert et quitta enfin sa chaise, pour faire face à Anoki. Intuitivement, ses mains se posèrent sur la taille de son camarade, comme si rien ne s’était passé. Et dans ses yeux, à nouveau, une flamme téméraire et rassurante dansait.
« Imagine que tu croises un monstre dans le couloir. Personne pour te protéger. J’ai p’t’être un sweat trop grand pour moi, mais j’suis toujours un héros. »
Il lui adressa un sourire un peu charmeur. Il avait à peu près l’air de revenir entre les morts, mais il était beaucoup plus frais qu’un zombie. Anoki lui avait dit tout ce qu’il avait rêvé d’entendre, tout était arrangé et William ne voyait plus de raison de se morfondre. Et il n’était certes pas du genre à se complaire dans la tristesse, bien trop heureux de pouvoir à nouveau vivre une vie insouciante.
Cependant, il comprenait bien que quelques explications étaient nécessaires.
« Ecoute Anoki, euh… Il y a un truc qu’il faut que tu comprennes. Un truc très important sur moi. Parce que euh… Parce que c’est ce que je suis. A cause de mon don, je suppose. Enfin. Je sais pas. Mais bon… »
Il n’avait jamais exprimé ses particularités à quelqu’un et il ne savait guère comment s’y prendre.
« Pour moi… Les caresses, le, euh, le… désir… »
Il rougissait, évidemment. Rester prostré sans rien dire lui paraissait soudain beaucoup plus facile.
« C’est instinctif. C’est ma façon de m’exprimer. Et, euh, comment dire ? Je suis pas sûr d’avoir les mêmes… limites… le même classement que tout le monde… Je me rends pas bien compte. »
Il se sentait affreusement gêné. Il avait l’impression de tenter de justifier l’injustifiable.
« Je veux dire que je fais des choses avec des gens… Et pour les gens, ça veut dire des trucs. Mais pour moi, pas forcément les mêmes. »
Cette fois-ci, c’était parfaitement incompréhensible. Oh, comme il eût voulu simplement pouvoir embrasser Anoki ! Comme cela lui eût paru plus clair, plus simple, plus accessible ! Le monde des mots était si compliqué. Il esquissa un sourire timide.
« Désolé, j’ai un peu de mal. Ce que je veux dire, c’est que, pour moi, avoir une relation physique avec quelqu’un… ou juste des caresses… c’est beaucoup plus simple, plus intuitif que pour le reste du monde. C’est un peu comme se battre, mais dans un domaine entièrement différent, bien sûr. C’est comme ça que je communique. Avec mon corps. Et euh… »
William déployait des trésors de réflexion et de maturité pour parvenir à expliquer toutes ces chose qu’il ne sentait que confusément en lui-même.
« Je sais que… que ça peut mal se passer pour ceux qui sont avec moi. Parce qu’ils trouvent que je devrais réserver certaines choses pour certaines personnes. Ou bien parce que je fais des choses qui sont déplacées. Trop vite. Et…. Je suis désolé si je t’ai brusqué. C’était pas mon but. Tu sais, j’ai pas d’exigences. Je veux juste te faire plaisir. S’il y a des choses dont tu n’as pas envie, il faut juste me dire de ralentir. D’arrêter. Ca me vexera pas.
Mais quand tu m’as mis à la porte, eh bien… J’avais l’impression de te dégoûter. Je veux dire, pas physiquement. Moralement. D’être un moins que rien. D’être une pute. C’est l’avis de beaucoup d’monde, tu sais… Et j’suppose que c’est vrai, en un sens… »
Visiblement, les explications d’Anoki n’avaient pas chassé exactement tous les démons de William. |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Lun 26 Déc - 1:57 | |
| Non ? L'indien s'était relevé, prêt à disparaître, pour dire vrai, il ne s'attendait pas à cette réponse. Il ne l'avait même pas espéré, c'était proprement inattendu. C'était une surprise de taille. Un plaisir et une déchirure en même temps. Un bonheur, car il savait qu'il aurait une chance, qu'il pourrait encore passer du temps ensemble et qu'il pourrait se sentir revivre à nouveau. Mais cela l'attristait aussi car, il savait que cela ne marcherait pas, que sans doute ils se blesseraient et que finalement il ne pourrait jamais plus retrouver retrouver le calme social d'avant cette rencontre. Il y a des choses qui vous marquent dans la durée. Et il était persuadé que ce « non » le marquerait pour un bon moment. L'empêchant de s'échapper. De faire comme si rien ne s'était passé. Ce serait maintenant impossible.
Et puis le vaillant conquérant réapparut. Anoki ne comprit pas vraiment ce qu'il avait fait. Ce qui avait motivé ce changement d'attitude. Il se sentait quelque peu désemparé. La situation lui paraissait assez surréaliste. Lui qui pensait devoir partir comme un malpropre, se retrouvait à nouveau près de lui. Il sentait à nouveau ses mains sur ses hanches, il sentait ses sens se réveiller, des papillons se promener dans son ventre. Il planait à nouveau. C'était vraiment déstabilisant de passer de la tristesse à ce possible bonheur. Il n'y était pas vraiment préparé.
« Pourquoi j'ai toujours le rôle de la demoiselle en détresse ? » demanda-t-il doucement avec un sourire perdu.
Il n'avait trouvé que cela à répondre. Quelque chose d'un peu stupide, une simple réflexion faite à lui-même, plus qu'une véritable question. Il ne savait pas ce qui allait arriver. Il se laissait porter par William, maintenant que le prince charmant était là, il pouvait bien se laisser tomber dans ses bras comme toutes ces princesses qui couchent au premier soir non ? Quoique non, il avait plus de moral que toutes ces duchesse faciles. Alors, il se contenta de se perde dans la contemplation de ses yeux d'un coup si différent, si assuré. Comment pouvait-il changer aussi vite de masque ? Comment pouvait-il faire pour passer de la triste chose à l'homme assuré et charmeur ? C'était très déstabilisant.
La suite s'avéra tout aussi déstabilisante. Tout ce qu'il lui révéla lui semblait assez complexe. Même si cela l'éclairait sur beaucoup de choses. Il comprenait bien mieux la vitesse des événements précédents, il comprenait que les choses se soient faites presque logiquement, presque d'une façon naturelle et animale. Tout était lié. Il l'écoutait attentivement, ne pouvant s'empêcher de le trouver très touchant, le rouge au joue à parler de ses différences d'interprétation. C'était triste d'entendre tout cela en un sens. De l'entendre parler de catégories, de conventions. Pour Anoki c'était triste, pour quelqu'un qui avait été élevé avec la philosophie de l'acceptation de l'autre avec ses différences, dans son intégrité la plus totale, ce constat était plus que triste. Et puis de quoi aurait-il l'air lui, mutant méprisé de tous, s'il se mettait à en juger un autre, à lui reprocher son mode de vie ? Ses spécificités ? Non, il ne pouvait pas faire cela. Il ne pouvait qu'être plus ouvert d'esprit, plus compréhensif.
« Tu ne m'as pas brusqué... Disons plutôt que tu m'as ramené à la vie, et c'est assez déroutant. »murmura-t-il avec un sourire rassurant.
Les mots s'étaient imposés d'eux même. Pour cela il n'avait aucun doute. Il savait que cette phrase résumait parfaitement tout ce qu'il avait vécu et ressenti. Un retour, un long voyage accompli en quelques heures seulement, une claque émotionnelle en somme. Mais c'était bénéfique pour lui. C'était aussi un fait. Il ne pouvait que remercier William.
Cling-cling. Sa main s'éleva doucement, allant caresser délicatement sa joue. Ce simple contact le réjouit. Il était sûr de lui à présent, il savait qu'il ne ferait pas d'erreurs en agissant ainsi. Il savait que de toute façon, rien ne serait comparable au passé avec lui, rien ne serait comparable aux modèles traditionnel, qu'importait. Il savait qu'il serait heureux, peut-être pas longtemps, peut-être pas comme les autres, mais pourquoi pas ? Ses doigts bougeaient telles de petites pattes arachnéennes sur sa peau. Puis ils finirent par aller se perdre dans ses cheveux, alors que son corps s'approchait du sien, se collant à lui dans une étreinte simple et chaleureuse. Il posa sa tête sur son épaule, et glissa à son oreille :
« Je me fiche de ce que peuvent penser les autres. Sache que pour moi, tu es et tu resteras tout simplement William. Et... Je t'apprécierai comme cela. »
Si William voulait le protéger, il devait accepter cela. Accepter que pour Anoki il ne soit rien de ce que les autres ont pu dire. Tout cela, au final, ce n'est qu'un aggloméra de préjugés et d'incompréhensions. Il voulait juste le comprendre, sans le juger, l'apprécier sans porter une critique sur sa façon d'être. Ce n'était pas son rôle à lui. Le seul rôle qu'il pouvait tenir, c'était celui de la princesse qui aime, qui console et qui prête son épaule au valeureux guerrier quand celui-ci a besoin de pleurer.
Il releva légèrement la tête, son regard croisant celui du garçon. Puis doucement, ses lèvres se posèrent sur les siennes, quelques secondes à peine. Comme un pacte silencieux, une marque de confiance définitive, un accord tacite de soutien mutuel. |
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 | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Lun 26 Déc - 11:14 | |
| Anoki aurait pu faire trois mètres de haut et cent-trente kilogrammes de muscles, il aurait toujours été, aux yeux de William, un damoiseau en détresse. Les considérations purement objectives n’entraient guère en ligne de compte dans l’attitude du jeune homme : il était sûr de lui et il avait envie de faire plaisir aux autres. Donc, il les protégeait. Voilà tout ; pas de discussion possible.
Et puis, s’il comprenait bien, pour l’instant, Anoki n’avait pas trop l’air de s’en plaindre. Il ne fuyait pas son contact, bien au contraire : William sentait à nouveau le corps de son camarade se presser contre le sien. Ce contact, même discret et pour l’heure fort pudique, était un véritable soulagement, une marque de compréhension, un signe de confiance.
La psychologie de guerrier tranquille de William, probablement secondée par quelque partie de son don, saisissait le moindre geste et le moindre mot d’Anoki pour procéder à l’éradication complète des doutes dans l’esprit de l’Américain : c’était un processus de restauration terriblement efficace et, peut-être, un tout petit peu inquiétant. William avait l’air un peu dérangé précisément parce qu’il avait l’air inébranlable.
L’une des mains du jeune homme se glisser dans le dos de son camarade, prenant soin de ne pas se faufiler sous ses vêtements, et remonta lentement jusqu’à ses cheveux, pour le serrer doucement contre lui et lui offrir l’étreinte protectrice qui véritablement leur avait manqué à tous les deux. Maintenant qu’Anoki était là et que William avait quelqu’un pour qui se battre, ce dernier se moquait à nouveau des commentaires extérieurs, qui lui paraissaient comme jadis plein de fausseté et de malignité.
De toute façon, il ne s’était pas beaucoup montré à Atlantis et, pour l’heure, c’était à peine si les gens connaissaient son nom. Oh, William ne s’inquiétait pas : ils ne tarderaient pas à lui trouver des surnoms charmants. Il fallait juste attendre qu’il pût casser quelques bras supplémentaires. Mais, pour l’heure, il vivait dans un anonymat plaisamment protecteur.
William répondit avec légèreté au baiser qu’Anoki lui offrait. Il avait beau être revenu d’entre les Tristes et avoir retrouvé son ancienne vitalité, il semblait soucieux tout de même de plus brusquer les choses et, pour le moment, il laissait à son camarade l’exacte direction des opérations, se contentant de suivre ses gestes, n’initiant aucun contact, aucun mouvement intime, qui n’eût été auparavant tacitement validé par l’Indien.
Leurs lèvres se détachèrent lentement, William esquissa un sourire puis, avec une rapidité déconcertante, se détacha de lui, lui attrapa la main et le tourna vers les deux murs qui encadraient son lit. C’était à se demander s’il ne venait pas de se téléporter tout simplement juste à côté d’Anoki. William n’en avait pas conscience, mais cet usage inconditionné de son don constituait un petit pas dans sa maîtrise du pouvoir.
Il monta d’un signe de tête les murs nus à Anoki.
« Bon, alors, euh... Ces trucs, là. J’sais pas trop, trop comment ça marche. »
Ce n’était donc pas par austérité de caractère, par disposition psychopathique à vivre dans un environnement inhumain, qu’il n’avait pas décoré sa partie de la chambre, mais bien par incompétence technique. Tout ce qu’il était parvenu à arracher du mur se résumait à quelques bips inquiétants et un vague clignotement qui l’avaient convaincu de ne pas mener l’expérience plus loin. Pas envie que la chambre s’effondrât sur lui ou de dormir à côté d’un néon perpétuel.
« I’m’faudra des cours. Parce que là, comme ça, sans rien, c’est un peu glauque. J’ai l’impression de dormir en prison. »
William rougit légèrement et s’empressa de préciser :
« Enfin, j’ai jamais dormi en prison. Enfin, pas longtemps. Enfin, c’t’ait pas d’ma faute. Enfin, bref. »
Ces brillantes justifications laissaient deviner le discutable talent avec lequel William devait avoir eu l’habitude d’expliquer les incidents que produisaient son don aux autorités, là-haut, à la surface. C’était presque un miracle qu’il ne fût pas définitivement sous le verrou.
« Mais là tout de suite, j’vais me changer, parce que j’veux pas t’imposer le spectacle de la loque plus longtemps. »
Il déposa un baiser sur sa joue et s’envola jusqu’à son armoire, manifestement parvenu à l’état « survolté » qui lui était habituel. Avec sa traditionnelle absence de pudeur, il retira son sweat, qu’il « rangea » plus ou moins au fond d’une étagère et son vieux jeans, qui ne connut pas un sort meilleur.
Puis, vêtu de son seul boxer rouge qui n’aidait pas exactement ceux qui le regardaient à conserver la tête froide, il se mit à fouiller dans son armoire. Son processus de rangement démontrait ses failles : il ne trouvait pas ce qu’il cherchait. Il fallait dire que les chaussettes étaient dispersées une par une au milieu des pulls, eux-mêmes mélangés aux tee-shirts et ainsi de suite.
« Qu’est-ce qui te plairait ? J’te préviens, j’ai pas vraiment de costume de prince charmant. Va falloir trouver quelque chose de plus classique. »
Mais il était sûr de pouvoir se fabriquer une cotte de mailles, si ça intéressait Anoki. |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Lun 26 Déc - 22:08 | |
| Sentir que quelqu'un est là pour vous, que quelqu'un se souciera de vous, il n'y a pas à dire, c'est quelque chose de très fort. Cela lui avait manqué. Une démonstration aussi forte d'attention, une marque d'affection si visible, depuis qu'il était ici, c'était la première qu'il recevait véritablement, la première qu'il acceptait plutôt. Comme s'il sentait au fond de lui que William pouvait réussir la mission qu'il s'accordait, alors qu’auparavant, cela lui aurait paru impossible à qui que ce soit d'autre. Sa main remontant dans son dos avec une assurance convaincue le conforta dans cette idée. Si quelqu'un pouvait le supporter, et le protéger. C'était lui.
La pause émotion terminée, Anoki fut un peu surpris de la vitesse à laquelle William reprenait du poil de la bête. C'était assez incroyable de le voir si vif juste après avoir été tel une loque humain, larvaire et dépressive. C'était un changement stupéfiant, et rassurant à la fois. Anoki ne put que sourire en voyant son enthousiasme, lâchant un léger rire devant sa rapidité. Un coup il vous sourit là juste en face, la seconde d'après, il est à côté de vous, tout feu tout flamme. Ah quel phénomène ! L'indien suivit sa désignation et tomba à nouveau sur les murs vides. Il ne put avoir qu'un sourire amusé en apprenant la cause de leur blancheur. Il faut croire que les princes charmants ne sont pas très débrouillards avec la technologie. Le damoiseau en détresse serait dans ce cas plutôt utile, retour de service sans aucun doute.
« Je te donnerai un coup de main pour ça, ne t'inquiète pas, en un an, on maîtrise... »assura-t-il avec un grand sourire.
Il pouvait presque se servir de ce truc les yeux fermés, il changeait régulièrement les tableaux sur son mur, alors, il avait pris le coup de main, et finalement, cela ne lui paraissait pas bien compliqué. Il étouffa un rire en l'entendant se justifier. Comme si cela allait lui poser un problème à lui, cette histoire de prison. Franchement, ce serait l'hôpital qui se fout de la charité.
« Et je te comprends pour la prison, ils ont des soucis de décoration indéfendables. »ajouta-t-il avec un clin d’œil.
Et pour sûr il en savait quelque chose. Avant son transfert à Fake Pearl, il avait été mis en cellule individuelle dans une grande prison canadienne. Et pour dire vrai, il n'en gardait pas un très bon souvenir, que ce soit pour l'ambiance, ou pour la décoration. Les murs blancs ici, à côté paraissaient accueillants. Mais tout cela, c'était le passé. Le présent était hautement plus agréable. Il eut un haussement de sourcils aux paroles de William, pourtant lui, ça ne le gênait pas de le voir telle une loque, pour dire vrai, pendant un an il s'était habillé ainsi, alors pour lui, c'était une tenue normale, pas besoin de se changer. Enfin s'il y tenait.
Un sourire légèrement niais passa sur son visage quand il déposa sur sa joue un baiser. Mais être aussi niaiseux ne lui plaisait guère, et il retrouva un sourire un peu plus neutre. Même si en lui, tout pétillait, il était comme un cachet effervescent, plein de bulles montaient à son cerveau l'anesthésiant agréablement, d'une étrange façon. Il mit quelques secondes à se retourner. Et fut surpris de découvrir Will en boxer. La vue n'était pas désagréable néanmoins, c'était.... Comment dire.... inattendue. Il ne pensait pas que William se déshabillerait comme ça sans autre forme de procès. Son regard le détailla encore un instant, puis son sens moral plutôt développé lui indiqua qu'il valait mieux qu'il détourne le regard.
Il alla donc s'asseoir sur le lit et sortit sa tablette de son sac. Cela lui offrait autre chose à regarder. Il commença à griffonner quelque chose pour s'occuper l'esprit, et puis, si c'était réussi, il pourrait toujours s'en servir comme d'un exemple pour la décoration. Il esquissa donc quelques masses distraitement, relevant de temps en temps un œil curieux vers la plastique de son ami. Même un ange blanc peut se permettre quelques infractions à la morale non ? Et puis ses regards étaient presque imperceptibles... Il ne releva franchement la tête qu'à sa question. Ce qui lui plairait ? Oh il n'en savait trop rien....
« Ah euh... Je sais pas... Ce que tu veux... Je crois que tout te va bien.... Parce que même avec ton pull trop grand tu étais …. très mignon.... » avoua Anoki d'une voix un peu timide, le rouge montant à ses joues, d'autant plus qu'il était à nouveau hypnotisé par son corps dénudé.
Il secoua légèrement la tête, et quitta du regard ce corps si déstabilisant. Revenant à son dessin qui mine de rien commençait à ressembler à... William. Mais dans une pose héroïque et avec une armure. C'était assez drôle. Bizarrement, il n'avait aucun mal à l'imaginer comme ça, l'épée brandit vers le ciel. Il laissa le fond au stade d'ébauche colorée, et s'attarda un peu plus sur le personnage, surtout sur son visage, le faisant vraiment ressembler à son propre chevalier. Il fallait bien que son art obsessionnel du portrait serve à quelque chose... |
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 | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Lun 26 Déc - 22:33 | |
| William n’avait aucun problème avec la technologie ! C’était la technologie qui avait un problème avec lui ! Tous ces boutons, toutes ces options, ces écrans tactiles ou pas tactiles, ces machins à switcher, ces bidules à slider, c’était proprement insupportable. Il avait tout simplement envie d’envoyer un grand coup de poing dans l’ordinateur. Mais à part cela, aucun problème. Vraiment.
A vrai dire, William était un garçon d’extérieur. Ce qui l’amusait, lui, c’était le sport, les skate-parcs, la danse, ce genre de choses. Rester enfermé devant un écran, très peu pour lui. Alors devant un écran récalcitrant et bardé de fonctionnalités, c’était l’enfer. Il avait bien essayé de les faire marcher, ces murs, pendant, oh, au moins cinq minutes. Mais rien à faire.
Donc, il était très heureux qu’Anoki se proposât de lui donner un coup de main et espérait sincèrement que son camarade avait compris qu’en l’occurrence, le coup de main consisterait à tout à faire à sa place. Au pire, si Anoki se sentait lassé par l’entreprise, William pouvait très bien vivre avec les murs nus — pour le temps qu’il passait habituellement dans sa chambre, cela n’allait pas beaucoup le perturber.
Ce qui le perturbait, pour l’heure, c’était la tenue à choisir. Il ne remarquait pas les coups d’œil d’Anoki sur son corps et, les eût-il remarqué, qu’il ne serait pas formalisé. La pudeur ne faisait pas exactement partie de ses manies et, jusqu’à présent, personne ne s’en était plaint. De quoi aurait-il eu honte, de toute façon ? Il n’était pas un bodybuilder, mais il avait tout ce qu’il fallait où il fallait.
Anoki n’avait pas vraiment répondu à sa question et William ne progressait guère sur le terrain de ses investigations. L’Indien ne savait pas à quoi il s’exposait : qui avait vu un jour William devant son armoire ne pouvait plus accuser la moindre jeune fille de passer trop de temps à choisir sa tenue. Pour des regards extérieurs, tous les vêtements du jeune homme étaient à peu près équivalents mais lui y voyait (malheureusement) d’infimes différences dont l’importance était bien entendu capitale.
L’Américain essayait de procéder méthodiquement. Par grandes catégories. Jeans ou pantalons ? Tee-shirt ou chemise ? Ceinture ou pas ceinture ? Rouge ou noir ? Col en V ou col rond ? Et évidemment, comme la méthode n’était pas le fort de William, dès qu’il avait pris une décision, il revenait en arrière, hésitait, s’embrouillait, recommençait le processus depuis le début.
« Tu m’aides pas des masses, hein. »
Ce n’était pas vraiment un reproche, simplement un souci de faire la conversation pour qu’Anoki ne finît pas par s’endormir de désespoir en l’attendant. Conscient que son camarade allait probablement finir fou s’il hésitait un peu plus longtemps, William attrapa finalement un pantalon gris aux nombreuses poches, spécialement choisi parce qu’il faisait de ses fesses la Huitième Merveille du Monde et un tee-shirt rouge pour le moins engageant.
Dix secondes plus tard, il était (enfin) habillé. Et il avait trouvé, entre une chaussette noire et un boxer vert (propres tous les deux, c’était déjà cela), les trois barres de chocolat qu’il avait proposé quelques minutes auparavant à Anoki. William rejoignit le lit, se glissant derrière Anoki, l’entourant de ses jambes et pressant son torse contre le dos du jeune homme. Parce qu’il n’allait tout de même pas rester éternellement sans contact physique.
[color=darkred]« Alors, euh… J’ai chocolat noisette, chocolat noisette et chocolat noisette. Moi, j’vais prendre chocolat noisette. »
Il posa les deux autres barres à côté de lui et ouvrit celle qu’il avait choisie (qui était du reste identique aux deux autres). Sa main libre s’était naturellement posée sur le ventre d’Anoki mais, encore une fois, elle restait à la surface de ses vêtements — William était décidément bien soucieux de ne pas brusquer son camarade.
[b]« Donc, j’ai essayé de connecté ma tablette à leur bidule, là, et ça a fait bip, et ensuite les murs ont clignoté et j’ai cru que ça allait exploser. Ca disait : erreur 7323. Mais en fait, le manuel de la tablette, là, je l’ai jeté, parce que c’était incompréhensible, et en plus, y avait des fautes d’orthographe. Du coup, l’erreur 7323, j’sais pas ce que c’est.
Enfin, faut dire, aussi, une fois, elle est tombée du premier étage et une autre, j’ai renversé du coca dessus. Tu crois que ça a pu jouer ? »
Ceci expliquait cela. Manifestement, les William survoltés n’étaient pas une excellente compagnie pour les objets de haute technologie. Le William en question avait réussi à avaler sa barre de chocolat tout en parlant, ce qui était probablement une sorte d’exploit biologique. Il fit une boule avec l’emballage et l’envoya dans la corbeille d’un lancer évidemment parfait.
Du coup, il avait une seconde main libre, qui ne tarda pas à trouver sa place sur l’une des cuisses d’Anoki. William n’avait apparemment pas le moins du monde conscience qu’il pouvait être parfois un peu difficile de se concentrer sur une obscure erreur d’un matériel technologique quand un joli garçon laissait ses mains vagabonder sur vous, qu’elles fussent sous vos vêtements ou non.
Et comme il n’en avait vraiment pas conscience, il déposa un léger baiser sur la nuque d’Anoki et souffla à son oreille.
« J’ai besoin d’un homme pour faire tout mon bricolage, en fait. »
Bon, il n’était peut-être pas très convaincant dans le rôle de la demoiselle en détresse, lui. Mais il avait vraiment besoin d’un homme pour faire ses problèmes informatiques. |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Mar 27 Déc - 0:20 | |
| Il ne l'aidait pas trop, certes, mais comment aider quelqu'un à s'habiller alors que le regarder presque nu était aussi délectable. Vraiment, c'était compliqué d'imaginer quelque chose qui fusse plus agréable encore à regarder. Il ne voyait pas ce qui pouvait lui aller mieux.
« Désolé... Je ne suis pas très fort en ce qui concerne l'habillement... Je me débrouille mieux avec les murs numériques... »dit-il en essayant de justifier son incompétence.
Pourtant, son humilité était peut-être exagéré. Il aurait voulu faire un effort et avoir un plus confiance en ses capacités, il aurait pu dégoter une tenue bien assorti au jeune homme. Mais c'était plus pour éviter de trop s'approcher de lui dans cette tenue légère qu'il n'en avait rien fait. Il ne voulait pas que la situation dérape. Et puis, il n'avait jamais fait cela avec d'autres affaires que les siennes, alors, il ne connaissait pas son talent ! Même si en observant aujourd'hui son pantalon de toile bleu marine, assez ample pour qu'il soit à l'aise, mais assez bien taillé pour témoigner de ses jambes finement ciselées, accompagné d'un pull léger cyan, imprimé de tâches légèrement délavées, et son sweat à coupe cintrée, dans une teinte de bleu légèrement plus claire que son pantalon, on pouvait clairement dire qu'il savait se mettre en valeur, et harmoniser parfaitement ses vêtements, mais en conservant une certaine pudeur, une chasteté charmante. Mais quand on est la modestie même, on a beaucoup de mal à voir les évidences.
Anoki releva le nez en l'entendant approché et sourit. Il n'avait vraiment pas besoin de lui pour s'habiller. Il faisait cela rudement bien. Si ce n'est plus encore. Les choix étaient parfaits. L'indien le laissa passer derrière lui, se demandant bien dans quelle position abracadabrante il était en train de se mettre. Mais finalement, cela s'avéra assez douillet comme place, pour lui du moins. Il laissa son dos s'appuyer tout contre lui. Se blottissant dans ses bras virils et forts -oui, on exagère un peu pour les besoins chevaleresques.
« Hmm, j'en prendrai une plus tard... Merci... »répondit-il doucement, après un bref regard aux barres chocolatées.
Pour dire vrai, il n'en mangeait pas souvent. Mais il ferait un petit effort. Un léger frisson parcourut son échine en sentant la main du garçon se poser sur son ventre. A nouveau des papillons dans l'estomac, cette étrange sensation. Il écouta les explications de son ami. S'efforçant de comprendre, comment il avait pu faire planter les système de ces bons vieux murs.
« Pour dire vrai, je sais pas non plus comment tu as fait pour avoir une telle erreur ! Peut-être que la maltraitance de tablette en est la cause... J'en sais vraiment rien ! Je vais essayé de voir si j'y arrive avec la mienne. » déclara-t-il d'un ton un soupçon rieur.
Il faut dire qu'il ne s'était jamais cru très doué en informatique, débrouillard, mais sans plus, dans la moyenne. Et là, il tombait sans doute sur le plus incompétent des étudiants de Fake Pearl en la matière. Il relativisait donc plutôt son niveau. Comme quoi, on trouve toujours une complémentarité dans une relation.
Il pianota rapidement sur sa tablette, ayant préalablement fermé son carnet de croquis numériques. Il accéda rapidement à l'interface entre le mur et les tablettes, c'était un jeu d'enfant. Enfin, un jeu d'enfant pour quiconque ne jette pas le matériel par la fenêtre. Il réfléchissait au paramètres à entrer, quand son damoiseau en détresse fit un parfait panier.
« Bravo... Si tu ne sais pas utiliser un mur numérique, tu es épatant en ce qui concerne le basket à emballage... »murmura-t-il amusé.
Ses yeux rougeoyants repartirent sur sa tablette, pour se concentrer sur son problème. Alors qu'est-ce qu'il fallait entrer déjà comme.... Han.... Qu'est-ce qu'elle fait là cette main ? La moindre parcelle du corps de l'albinos frémit. C'était vraiment compliqué de se concentrer avec cette main si... Si.... Sur sa cuisse. Vraiment.... Anoki se mordit la lèvre, essayant de réprimer une furieuse envie de... Il ne savait pas tout à fait de quoi.... Mais il essaya de se calmer, de repenser à ces codes, ces paramètres, ses définitions d'images. Raaaah.... Will.....
« Laisse moi trente secondes sans bouger tes mains, sans m'embrasser, et je t'aurai fait ça... Mais j'ai besoin de me concentrer un petit peu.... » dit-il alors qu'il fermait les yeux, en inspirant très lentement, pour retrouver un minimum de self control.
Il rouvrit les yeux. Ses doigts arachnéens tapèrent quelques codes, et bientôt, les murs commencèrent à changer de couleur, progressivement. Sur le mur derrière eux, on pouvait à présent observer un William chevalier, face à un dragon épique. Preuve que, cela marchait bel et bien. Anoki se tourna légèrement, jetant un œil à son travail, plutôt satisfait.
« Bon, apparemment, ça marche plutôt bien.... »dit-il en lui désignant son illustration derrière lui avec un sourire en coin.
Il déposa un baiser sur la joue de William.
« Mais je changerai l'image si tu veux, je peux même en mettre plusieurs, c'était un test... Même si je dois dire que tu rends plutôt bien en chevalier non ? »murmura-t-il à son oreille avant de l'embrasser dans le cou, délicatement.
Il voulait bien s'occuper des problèmes informatiques, mais aussi de bien d'autres choses en fait.... |
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 | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Mar 27 Déc - 8:30 | |
| William avait simplement un talent infini en matière d’informatique. Quelque chose comme, disons, de l’art nihiliste. Son incompétence était une réflexion, une critique portée à la société contemporaine et à sa dépendance aux machines. Un acte politique. Un engagement esthétique total, pour une révolution conceptuelle dans la post-post-modernité. Tout à fait.
Cependant, il préférait tout de même le basketball. Moins compliqué, plus intuitif. Plus amusant surtout. Et surtout, il était plus doué, comme dans à peu près tous les sports qu’il pouvait avoir la lubie de pratiquer. Bon, il n’était pas certain d’arriver à de grands résultats dans le lancer de tronc d’arbre — à moins que quelqu’un l’énervât juste avant les compétitions — mais, la plupart du temps, il était plutôt doué.
Et il était ravi qu’Anoki reconnût ses compétences, même si son camarade le faisait en plaisantant. William n’était pas insensible à un peu de flatterie : on le traitait si souvent de brute que, lorsque quelqu’un lui témoignait un peu d’admiration, même pour quelque chose d’aussi futile qu’un panier dans une corbeille à papier, le changement était plutôt appréciable.
Et lui, quand il était content, il bougeait ses mains ! Il fallait bien les occuper ! Il n’allait pas rester comme ça, les bras ballants, alors qu’il pouvait caresser le corps qui se trouvait tout contre lui. Si Anoki ne voulait pas de caresses, il ne fallait pas venir se coller à lui. Bon. Certes, techniquement, Anoki n’avait rien demandé à personne. Mais il ne se plaignait pas. Bon. Certes, il se plaignait. Mais il n’avait pas l’air convaincu !
Néanmoins, William esquissa une moue légèrement boudeuse et laissa à son ami quelques minutes de tranquillité pour qu’il pût mener à bien sa tâche, observant par dessus son épaule, d’un air vaguement curieux, les réglages qu’il entreprenait de faire. Tout cela lui avait l’air effectivement bien compliqué — songeait-il avec une parfaite mauvaise foi.
Et dans son esprit, des utilisations bien plus intéressantes des doigts d’Anoki se développaient. Pourquoi diable l’Indien perdait-il son ton sur des machines alors qu’il pouvait faire des miracles sur des supports autrement plus exaltants ? William poussa un petit soupir évocateur juste dans le creux de l’oreille de son ami, visiblement revenu sur ses bonnes résolutions de le laisser en paix trente secondes.
Il fut ramené à la réalité par la réussite du jeune homme. D’un air vaguement contrarié, pour ne pas perdre la face, l’Américain marmonna :
« Ouais. Bon. Y a du favoritisme. »
Bien sûr. Le matériel favorisait ceux qui prenaient le temps d’expérimenter et qui ne maltraitaient pas les composants et c’était sans doute parfaitement injuste. Enfin, quand on observait l’air boudeur enfantin de William, l’on était presque prêt à croire qu’il était effectivement la victime et que sa tablette numérique qui trainait dans un triste état sur sa table de nuit était le bourreau.
Il se tordit légèrement pour regarder, derrière lui, l’illustration et haussa légèrement les sourcils. C’était assez flatteur, mais peut-être pas exactement ce qu’il avait eu à l’esprit en termes de décoration.
« Euh… C’est joli, hein, mais peut-être, comment dire, un peu… narcissique ? »
Il imaginait déjà les commentaires de son camarade de chambre. Cela dit, ce qui captiva son attention furent les lèvres qui se posèrent sur son cou après lui avoir témoigné de leur goût pour sa tenue fantasmatique. Oh ? Il rendait bien en chevalier ? Hélas, il n’avait pas vraiment le costume, mais enfin, là maintenant, il se disait que ça pouvait très bien s’arranger.
« Hmmm… »
Ce fut le seul commentaire, cependant fort explicite, qui lui vint à l’esprit. Il se retourna vers Anoki et, instinctivement, sa main avait légèrement remonté le long de la cuisse du jeune homme. Contre le dos de son camarade, son corps s’était un peu cambré. William avait beau s’être promis de se montrer très sage, son corps lui avait un tout autre avis sur la question.
« Alors, donc, en chevalier ? C’est… Inédit. Je connaissais le fantasme du pompier, du policier, du plombier, mais chevalier, c’est la première fois. »
Par « connaissais », il ne précisait pas s’il les tirait de ses propres rêves interdits ou bien s’il s’était déjà déguisé en ces différents personnages pour les besoins de la cause. En tout cas, son autre main jouait nerveusement avec le tissu du sweat d’Anoki, comme tiraillée entre sa chasteté imposée et son désir de rejoindre la peau de son camarade.
« Je verrai ce que je peux faire. »
Car il comptait très sérieusement s’atteler à réaliser le dessin d’Anoki. Bon, le dragon, ce ne serait peut-être pas pour tout de suite, mais le reste, pas de problème. Et William n’avait pas l’air de trouver cela puéril ; il était à peu près hermétique à ce genre de préjugés et, comme à l’ordinaire, tout avec lui paraissait simple et naturel.
Puisqu’ils étaient lancés en si bonne voie et qu’il avait près de ses lèvres l’oreille d’Anoki toute prête à entendre les choses plus ou moins catholiques qu’il lui soufflait, William poursuivit son petit interrogatoire :
« Et tu as d’autres suggestions ? Pour mon mur, je veux dire. Je ne sais pas moi, légionnaire ? »
Il n’était pas sûr de très bien porter la jupette, mais enfin.
« Lutteur grec ? »
Bien sûr, les lutteurs grecs ne portaient pas de vêtement. Mais rien n’interdisait à William d’aiguiller un peu les rêveries de son camarade ! |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Sam 31 Déc - 15:01 | |
| Se concentrer avec William à côté, cela tenait du challenge, vraiment, à un tel niveau, c'était même un exploit de réussir à faire autre chose que succomber à la tentation qu'offrait le jeune homme. A croire qu'il n'avait aucune pitié pour les résolutions informatiques de l'albinos... Vraiment, il était terriblement déstabilisant. Enfin, puisque le problème de mur était réglé, il allait avoir tout loisir de répondre à ces insolentes provocations. C'est vrai quoi, il était terrible à soupirer ainsi à son oreille, comment pouvait-il résister à une plainte si langoureuse ? Comment pouvait-il rester dans le droit chemin avec un camarade aussi... attirant, et encore, c'était un euphémisme.
« La technologie favorise ceux qui savent garder leurs mains en place, Will... Et qui garde en état leur tablette, peut-être aussi...»répondit-il avec un petit air mutin.
Anoki eut un rire à sa remarque. Ah ça, pour faire narcissique, ça le faisait même carrément ! Mais bon, avec son physique, on pouvait se permettre d'être narcissique non ? Bon d'accord, ça n'excusait pas tout, mais quand même, il avait plus de raison de le devenir que l'albinos.
« On changera ça... Je ne voudrai pas qu'on te prenne pour un type imbu de lui-même... »murmura-t-il juste après.
Même si lui, aurait bien mis cette image au dessus de son lit... On ne lui aurait pas reproché d'être narcissique au moins ! Non vraiment, il allait y penser à mettre un chevalier servant au dessus de son lit. Mais ce à quoi, il pensait encore plus actuellement, c'était aux mouvements de William... A cette main qui réveillait des envies pas forcément très chaste, à ce corps qui se collait contre son dos si... sensuellement. Peut-être devait-il lui dire d'arrêter ? Non, c'était trop agréable... Même si cela remettait en cause sa résolution portant l'étiquette : « Ne pas aller trop vite ». Comment diable pouvait-il se retenir de griller des étapes avec quelqu'un comme Will ? C'était mission impossible !
Anoki fut tirer de sa réflexion par le mot « fantasme ». Fantasme ? Quel fantasme ? Oh.... Ah ! Mais.... Ce n'était pas le chevalier qui lui faisait de l'effet, plutôt le simple fait que ce soit William. Pour dire vrai, l'indien n'avait pas véritablement de fantasmes... Enfin, pas de costumes, ce genre de choses. Mais si William voulait croire que c'était le costume qui faisait le moine, alors, il le laisserait faire. Et c'était un peu drôle d'imaginer le jeune homme derrière lui dans une côte de maille....
« Hm... Il me tarde de voir ça... »trouva-t-il juste à répondre avec un sourire vaguement amusé, vaguement perdu.
C'était difficile pour lui de suivre la logique complètement débridé de Will. C'était sans doute la première fois qu'il rencontrait quelqu'un de si.... spécial. Sans que cela soit péjoratif, entendons nous bien là-dessus. Anoki frémit en sentant son souffle non loin de son oreille. Des suggestions... Oh, si c'était pour le mur, peut-être pas besoin d'aller faire de telles extravagances... Il valait mieux rester sobres, autrement, il ferait narcissique....
« Tu parles vraiment d'idées pou ton mur là ? Parce que je crois que ce serait bien trop narcissique.... »répondit-il avec un brin de malice.
Il se retourna légèrement vers William, un sourire amusé aux lèvres, l'air de réfléchir. Il s'approcha de son oreille, pour aller y murmurer délicieusement.
« Mais personnellement, j'aurai plutôt un faible pour les aristocrates anglais de l'époque victorienne.... Cependant, je crois que cela fera un peu trop de vêtements pour toi, non ? »
Il insista avec un soupçon de taquinerie sur le « trop », comme s'il avait perçu le dés habillement progressif dans les propositions. Non, le lutteur grec ne l'intéressait pas pour le moment. Il préférait de loin la volupté chaste et faussement innocente de la noblesse. Il y avait un peu de cela dans sa manière d'être avec William, une retenue sans doute encore plus tentatrice. Sa main en train de parcourir discrètement, mais habilement son torse pour aller se poser sur son épaule, ses lèvres allant se poser au coins de ses lèvres, juste pour échauffer un peu plus ses nerfs sans rien donner en compensation. Sans doute ne mesurait-il pas la frustration qu'il pouvait engendrer par un tel comportement... Ou alors, son inconscient avait prit le dessus sur sa conscience angélique. |
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 | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Dim 1 Jan - 15:56 | |
| William avait complètement abandonné leurs réflexions picturales et tous les personnages qu’il évoquait n’étaient bien sûr nullement destinés à peupler ses murs, mais bien plutôt les rêves d’Anoki. Dessiner sur les murs, c’était sans doute très amusant, lorsque l’on était tout seul et qu’il pleuvait dehors, mais ce n’était certes pas l’activité favorite du jeune homme.
Cependant, ses propositions étaient, en une certaine façon, beaucoup plus sages qu’elles n’en avaient l’air, car il se doutait bien que son camarade n’allait pas lui dire séance tenante qu’il désirait le voir costumé en conducteur de char antique ou en prêtre d’Hélios ; ses suggestions relevaient ainsi de la plaisanterie, quoiqu’il n’eût pas hésité une seule seconde à les exécuter si elles avaient paru intéresser Anoki.
Il avait également le souci d’aider le jeune homme à parler de ses propres désirs, même en plaisantant, puisqu’il sentait fort bien, par instinct plutôt que par finesse d’esprit, que le domaine n’était pas celui dans laquelle son camarade se trouvait le plus à l’aise. Comme à son habitude, William s’ingéniait à rendre simples et naturelles des situations qui, avec une toute autre personne, eussent été compliquées et indécises.
Et Anoki répondait plutôt bien à son entreprise et semblait même dessiner à abandonner sa tablette pour se concentrer un peu plus sur son modèle. N’était-ce pas une étape nécessaire ? Ne devait-il pas s’approprier intimement les moindres proportions du corps qu’il se proposait, par la suite, de représenter en différentes attitudes ? C’était pour le bien de l’art, en fin de compte, que William agissait.
William se recula légèrement sur le lit pour permettre à Anoki de se retourner, mais ses mains ne quittaient pas le corps de l’Indien, dont elles accompagnaient instinctivement le moindre des mouvements, se posant dans son dos, sur ses hanches, à sa taille ou sur son torse ; c’était une caresse perpétuelle, enveloppante, à la fois confortable et sensuelle.
Mais la dernière réponse d’Anoki souffla un vent d’inquiétude dans l’esprit de l’Américain. Ses gestes aussitôt trahirent ses émotions : il ne répondit que très légèrement au baiser qui se déposait au coin de ses lèvres et ses mains, aussitôt, abandonnèrent le corps de son camarade pour revenir sagement se poser sur les genoux de leur propriétaire.
William avait honte. Il se voyait très bien en gladiateur ou en plombier, cela, ce n’était pas un problème. Mais s’il avait bien une chose qu’il était certain de ne pas être, c’était l’aristocrate anglais de l’époque victorienne. Rien n’était plus éloigné ni de son caractère, ni de sa façon d’être et, à son avis, il était la personne du monde la moins susceptible de remplir ce fantasme particulier.
A ses yeux, il était bien trop commun et, en quelque sorte, bien trop bête pour satisfaire dans ce rôle. Il n’était pas un maître de conversation, un grand salonnier, n’avait pas des plaisanteries spirituelles en réserve et s’il y avait de la noblesse dans son maintien, c’était celle du lion, de la sensualité, celle du fauve – rien à voir avec ce que suggérait Anoki.
William fut donc persuadé que le plus cher fantasme de son camarade était de trouver quelqu’un qui ne lui ressemblât pas du tout. Etait-ce pour cela qu’il l’avait repoussé la dernière fois ? Parce qu’il trouvait son charme vulgaire ? Trop populaire ? Sa conversation plate et ennuyeuse ? William avait bien senti qu’ils ne venaient pas du même monde.
C’était qu’Anoki avait titiller sans se douter et sans le vouloir l’un des points les plus sensibles de William : sans angoisse de ne pas être à la hauteur des attentes de ses amis, surtout au regard de l’intellect. Le jeune homme sans doute n’était pas bête et il avait une culture populaire, de cinéma, de musique et d’une certaine manière d’histoire, fort étendue, mais il n’avait rien du charme raffiné des jeunes hommes de bonne famille.
« Je suis désolé. »
Il s’excusait évidemment beaucoup moins de s’être retiré des bras d’Anoki que de ne pas être celui dont il rêvait. William prêtait la rudesse des jugements qu’il formulait à son propre endroit aux pensées d’Anoki et son complexe d’infériorité galopant ne l’aidait certes pas à se montrer plus raisonnable.
En se triturant nerveusement les doigts, il murmura, les yeux baissés :
« Je dois te paraître bien fade, si c’est cela qui te plaît. »
Il força un sourire qui se trouvait plein d’amertume contre lui-même.
« Parce que bon, je suis pas vraiment un lord, c’est le moins qu’on puisse dire. J’sais pas parler, je m’habille n’importe comment, je fais pas les choses comme i’faut. J’suis bête, quoi. »
Une fois de plus, William faisait la démonstration de deux maîtres traits de son caractère : sa propension à perdre toute confiance en soi dès qu’une remarque réveillant son sentiment de médiocrité intellectuelle et sa capacité de passer en quelques secondes de la joie la plus solide aux angoisses les plus profondes.
Cette instabilité un peu enfantine le rendait à la fois profondément touchant et difficile à vivre : il était épuisant soit de vitalité, soit d’inquiétude. Ainsi, si sa vie avait été de loin beaucoup plus calme que celle d’Anoki et si, à bien des égards, il avait mené l’existence paisible qui pouvait assurer un bonheur sans vague, il n’en semblait pas moins traversé par de profondes douleurs. |
|  | | Oh ! This is Anoki He Lush Ka 1

•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Dim 1 Jan - 19:24 | |
| Anoki s'était approché, il offrait une opportunité, il se faisait joueur, et pourtant, c'était à ce moment là que William semblait le délaisser. Pourquoi s'éloignait-il ? Pourquoi ne répondait-il pas à sa provocation ? N'était-il plus assez attirant ? Avait-il une difformité apparut dans la seconde sur le visage ? L'indien ne comprenait pas.... C'était tellement illogique. Faisait-il vraiment tout de travers ? Ne lui plaisait-il pas assez ? Qu'est-ce qui n'allait pas bon sang avec lui ? Il se maudissait déjà, se voyant fautif sur toute la ligne et plus encore.
Pourquoi arrêtait-il de le toucher ? Pourquoi se reculait-il ? Qu'avait-il fait bon sang ? Il n'avait fait que répondre à son jeu... Il n'avait pourtant pas l'impression d'avoir dit quelque chose de déplacé, ou de vexant. Il ne savait vraiment pas ce qui se passait, il ne comprenait pas. Il retira ses mains du torses de William. Il avait fait quelque chose de mal, c'était sûr, mais il ne savait pas quoi. C'était horrible d'être fautif sans savoir de quoi. Il perdit son sourire, ne gardant qu'une mine déçue, dépitée, interrogative. Était-ce si compliqué d'avoir une relation normale avec quelqu'un ? Il ne comprenait rien. De toute façon, il n'avait jamais rien compris aux autres, trop enfermé dans son monde, trop à part, trop idéaliste, trop loin de tout. Il en aurait pleuré. Pourquoi n'arrivait-il à rien ? Pourquoi même avec quelqu'un qu'il sentait en quelque sorte fait pour lui, quelqu'un avec qui cela devrait marcher, pourquoi, rien n'allait ? Il garda néanmoins une certaine contenance, même si ses yeux trahissait une certaine détresse, muette et pourtant si forte.
L'albinos attendait une explication, une réponse. Comprendre ce qui n'allait pas... Pourquoi il y avait toujours quelque chose qui clochait. Pourquoi il faisait tout de travers. Il fronça les sourcils en l'entendant s'excuser. Hm ? Mais... Pour quoi exactement ? Les excuses, c'est bien beau, mais encore faut-il avoir une raison de les dire. Là, Anoki n'en voyait aucune. A part s'il avait raté quelque chose. S'il avait eu une absence, si par miracle la Terre avait inversé ses pôles en deux seconde et que lui n'avait rien vu venir. Vraiment, pourquoi s'excusait-il ? Une de ses mains vint se nicher dans ses cheveux, grattant nerveusement son front et son cuir chevelu, il était perdu, il cherchait à se raccrocher à quelque chose, ne serait-ce qu'un tic nerveux qui allait détruire sa peau en quelques minutes.
La suite de ses paroles le déstabilisa encore plus. D'une part, parce qu'il ne comprit d'abord pas ce qu'il disait, ensuite, parce qu'une fois comprises, ces paroles le blessèrent, tant elles étaient éloigner de sa pensée première. Il n'avait jamais voulu dire cela, ni même sous entendre cela. Il y avait une erreur quelque part, ce n'était pas du tout cela. S'était-il mal exprimé ? Sa taquinerie avait-elle était trop loin ? Il ne voulait pas le blesser.... Et de savoir qu'il avait pu réveiller en lui des choses si tristes, cela peinait énormément l'indien.
« William... »murmura-t-il d'abord, dans une réaction spontanée, sa voix était désolée, presque paniquée.
Il se mordit la lèvre. Peut-être devrait-il tout simplement arrêter de parler. Au moins, ses paroles ne seraient plus mal interprétées, elles seraient juste inexistantes.
« Ce... Je ne voulais pas du tout dire cela William... Je ne pense pas ça du tout.... »
Il ne trouva pas mieux à répondre. Il ne savait pas comment calmer les peurs de son ami. Il se sentait si stupide, le plus bête des deux, ce devait être lui. Il n'était pas fichu de trouver quoi dire, lui qui avait ce phrasé si recherché se sentait bien coi.
« Tu es loin d'être bête... Et puis tu t'habilles bien... Enfin... Pourquoi est-ce que tu as cru que je pensais cela... Je suis désolé... »
Sa main arrêta de triturer ses cheveux et s'avança vers sa joue pour s'y poser doucement, la caressant affectueusement. Il ne savait pas comment faire pour se faire pardonner de cette méprise.
« Tu sais très bien que je.... Que je t'aime comme tu es William... Ce n'était qu'une mauvaise plaisanterie, je suis désolé... »chuchota-t-il doucement, en cherchant à la rassurer, la mine préoccupée.
Il voulait lui faire comprendre qu'il était sans doute le garçon le plus valeureux qu'il connaisse, et qu'il n'avait de toute façon pas envie qu'il change. C'était ainsi qu'il lui avait plu, qu'ils avaient sympathisé, il ne voulait ni plus, ni moins. Il s'avança vers lui, le prit dans ses bras, doucement. Il regrettait ce qu'il avait dit. Vraiment.
« Tu es un bien meilleur prince charmant que tous les aristocrates réunis, tu sais... »souffla-t-il à son oreille.
Une de ses mains glissa lentement dans son dos, sur son tee-shirt. Puis impudiquement se faufila sous le tissu, pour effleurer doucement sa peau. Il essayait d'employer son langage, de mieux se faire comprendre. Il voulait le laisser libre de faire ce qu'il voulait, qu'il arrête de se sous estimer, même si pour cela, l'albinos devait passer quelques étapes un peu rapidement, ce n'était plus la priorité. |
|  | | Oh ! This is William Foster 2

 | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Lun 2 Jan - 12:59 | |
| Ces complexes latents, Anoki les réactivait. D’ordinaire, William ne fréquentait guère que des jeunes gens qui lui ressemblaient en quelque manière : des cancres, des sportifs, des garçons qui vivaient avec des skateboards beaucoup plus qu’avec des livrets d’opéra. Ils n’étaient pas bêtes, mais ils étaient fort différents d’Anoki. Atlantis offrait à William l’expérience de la mixité sociale.
Anoki était cultivé et il était distingué. En face de lui, William sentait, de temps à autre, l’impropriété de ses comportements, les lacunes de sa grammaire, la faiblesse de son éducation. Ces impressions éveillaient des peurs diverses. Peur de n’être que le jardinier séduisant que l’on rencontre dans la cabane mais auquel on ne parle pas. Peur de n’être qu’un manant.
Tout cela était, bien entendu, irrationnel, mais il lui était fort difficile de s’en défaire. La plupart du temps, il n’y pensait pas et il vivait plutôt bien cette différence. Mais, en de rares occasions, un mot faisait naître dans son esprit une chaîne de pensées qui le rejetait dans ses vieux démons, et la sincérité de son tempérament ne lui permettait pas de s’en dissimuler.
Il s’en voulait de faire vivre à Anoki toutes ses sautes d’humeur et se surprenait soi-même d’être aussi instable. A l’ordinaire, il se savait jeune homme solidement équilibré. C’était le hasard, beaucoup plus qu’une quelconque faille dans sa psychologie ou qu’une maladresse dans le comportement d’Anoki, qui faisait défiler les problèmes dans leur relation.
Alors William n’opposa pas aux explications de son camarade une résistance névrotique. Il l’écoutait sagement, tentait de réfléchir à ce que lui disait Anoki, de se montrer mûr et raisonnable, de faire le tri dans ses émotions. La main posée sur sa joue, contre laquelle il s’appuyait doucement, et enfin l’étreinte des bras du jeune homme, l’aidèrent beaucoup à s’apaiser.
Prompt à réagir, William était également prompt à se consoler. Mais il se sentait alors, bien évidemment, un peu ridicule. Il avait l’impression d’avoir dévoilé inutilement ses complexes et ses faiblesses, alors qu’Anoki n’en avait pas conscience, de s’être donné en spectacle, en quelque sorte, de manière purement enfantine.
Mais cette sensation était presque entièrement étouffée par l’effet délicieux que produisait sur lui les paroles, les intonations et les gestes de son camarade. La douceur d’Anoki, son respect et sa tendresse, étaient des choses un peu nouvelles pour William. Ce n’était pas qu’il n’eût jamais eu de petit ami attentionné mais, seulement, les garçons qui avaient défilé dans sa vie ne surmontaient pas, pour venir jusqu’à lui, les mêmes difficultés qu’Anoki et, en cela, les gestes de ce dernier avaient une plus grande signification.
Un frisson parcourut le corps du jeune homme lorsque la main d’Anoki atteignit son dos et William laissa échapper un long gémissement. Lové contre son camarade, le visage enfoui dans son cou, il avait fermé les yeux et, pendant de longues minutes, il se contenta de goûter simplement ce calme salvateur.
Enfin, entièrement rasséréné, il releva les yeux et déposa un baiser sur la joue de l’Indien.
« J’suis désolé. C’est pas ta faute, tu sais. C’est juste, que… J’sais pas trop comment dire. »
Il réfléchit sérieusement quelques secondes pendant lesquelles son corps, instinctivement, vint se presser un peu plus contre celui d’Anoki.
« Tu vois, toi, tu es super, euh… Super classe. Et puis t’es cultivé. On vient pas vraiment du même monde. Moi, j’suis juste un type normal, qui fait du basket et du skateboard. Alors, je trouve pas ça honteux, ni rien, mais j’ai un peu peur que ça te paraisse stupide. Ou fade. »
L’une de ses mains jouait avec les mèches de cheveux d’Anoki et l’autre vint finalement se faufiler sous les vêtements du jeune homme pour venir se poser sur son torse. William retrouvait ses marques.
« J’ai pas vraiment l’habitude de fréquenter des gens comme toi. J’veux dire, c’est pas par principe ou quoi. C’est juste que l’occasion se présente pas tellement. Quand on vit dans un milieu eh bien… On y reste. Enfin, en tout cas, on s’élève pas vraiment. Et moi, bon… »
Comme pour guider sa réflexion, sa main remonta le long du torse d’Anoki, caressa l’épaule du jeune homme et revint en arrière, s’égarant comme instinctivement sur l’un des deux points sensibles de sa peau.
« Je te trouve très bien. Et j’voudrais pas… J’voudrais pas tout gâcher. J’voudrais être à la hauteur. »
La main se décala de nouveau, laissant à Anoki le loisir de reprendre ses esprits après une caresse si évocatrice.
« Je voudrais que comme tu me regardes, tu me trouves charmant, et puis drôle, et puis pas trop bête, et que tu ais envie de discuter avec moi, de jouer, de te promener, de déjeuner, de faire l’amour, de dormir, tout. »
Avec ses propres mots, un peu maladroitement, William était en train d’inviter Anoki à nouer une relation plus sérieuse. Il ne s’attendait pas à une réponse, en réalité : il se contentait de faire sincèrement part de ses envies à son camarade et, en ne posant aucune question explicite, il souhaitait surtout éviter de lui forcer la main.
Il ne savait d’ailleurs pas exactement ce qu’il espérait. D’un côté, rien ne lui paraissait plus désirable que d’avoir Anoki pour compagnon et il craignait que les sensations fortes par lesquelles il le faisait passer eussent sérieusement compromis ses chances de nouer une semblable relation De l’autre, il craignait qu’Anoki acceptât sans comprendre ce à quoi il s’exposait.
Car William n’était pas doué pour maintenir une relation « traditionnelle ». Quand il voyait un garçon qui lui plaisait, son corps prenait le contrôle. Et William ne parvenait pas à s’en vouloir : l’exclusivité lui paraissait une chose triste, presque sordide. Il ne cherchait pas particulièrement les aventures et se contentait de se laisser vivre. Décidément, il se trouvait bien peu fait pour contenter Anoki. |
|  | | Oh ! This is Anoki He Lush Ka 1

•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Isaac Newton - Acte II, Scène 1 Mar 10 Jan - 23:33 | |
| Il ne le repoussait plus. C'était un énorme soulagement qui envahissait Anoki, plus que ça même, il n'aurait pas vraiment su mettre des mots pour qualifier ce sentiment tellement positif, ce bonheur qui l'envahissait après les doutes, la déception et la peur de l'abandon le plus total. Le soulagement le plus total. Il ne put qu'apprécier lui aussi de sentir le corps de son ami. Ce calme, cette absence de parole. Peut-être se comprenaient-ils vraiment en cet instant, par ce contact, par ce tacite et calme dialogue. Cet échange sans mot, sans doute tellement plus profond que certains discours. Il commençait à comprendre l'intérêt que William semblait porter au langage des corps. Il y voyait des avantages, sans doute bien différents de ceux que l'autre garçon percevait, mais au moins, il y avait un certain échange entre eux, quelque chose. N'était-ce pas l'essentiel ? Il était heureux de sentir sa tête dans son cou, d'entendre ce long gémissement, de sentir sa peau sous ses doigts. Ce bonheur simple lui suffisait, c'était peu, et sans doute que plus de choses l'aurait aussi comblé, mais c'était déjà ça. C'était une sorte d'opportunisme de l'instant. De carpe diem. Une philosophie qu'il comptait bien appliquer à présent. Fini les remords, fini les questions. C'était trop pour trop peu. Ce n'était pas forcément pour lui qu'il voulait changer, mais pour William. Il ne voulait pas être cette coquille vide que de si nombreuses personnes avaient regardé sans voir, il voulait revenir à l'existence, vivre, vivre son sursis sans limite, profiter des quelques années qu'on lui accorderait avant son jugement. Avant sa mort.
Anoki sourit doucement à son baiser. Cela lui ôtait tous ses doutes. C'était drôle de voir son peu de résistance auprès de certaines personnes, de voir qu'une personne pouvait autant influer sur lui, son mental, ses comportements. De façon si rapide, si incontrôlée. Il observait le visage de William, cherchant à deviner ses explications, faisant un énorme effort de compréhension, il ne voulait pas tout interpréter de travers nouveau, pas déclencher un nouvel esclandre. Il eut un sourire rassurant à ses premiers mots, penchant légèrement la tête, comme si ce geste allait permettre à Will de mieux trouver ses mots. Il continuait de caresser délicatement son dos, comme une présence chaleureuse et apaisante. L'indien accueillait son rapprochement naturellement, sans aucune crispation, il savait cela normal avec ce garçon, avec tout autre, il aurait sans doute eu de la réticence, mais là, il apprenait sa façon de penser, et ne justifiait-elle pas ces mouvements ? Ce rapprochement, la main dans ses cheveux, la mains sous ses vêtements. Cette inexorable progression tactile.
Il écoutait. Et il manqua de rire à sa description. Était-ce de lui qu'on parlait ? Et bien, il ne pensait pas être ainsi. Du moins, il ne pensait pas dégager cela. C'était étrange. Il se trouvait lui-même particulièrement banal et inintéressant. Il avait l'impression d'entendre ses propres craintes dans la bouche d'un autre. C'était très déstabilisant... Il ne dit rien. Il voulait avoir toute les cartes en main avant de dire quoi que ce soit, et puis cela avait l'air tellement compliqué pour William de poser des mots sur ses sentiments, sur ses tracas, autant le laisser aller au bout de son raisonnement sans le couper inutilement. Il se contentait donc de froncer, hausser les sourcils, le fixer intensément au fil des mots et alternativement.
Il lui fallut néanmoins un contrôle sur lui-même très fort pour ne pas laisser apparaître son trouble lorsque la main de William s'égara dans une caresse évocatrice, traduisant sans doute très bien ce que ses mots ne savaient décrire. Il se mordit la joue pour garder une contenance. Son torse se crispant, son dos se cambrant un peu précipitamment. Il ne fut pas mécontent de voir la main reprendre un autre chemin, son corps se relâchant alors, dans un léger soupir, à peine audible.
La dernière phrase de son ami le firent frissonner. De joie. De peur. De plaisir. D'angoisse. Tout cela en même temps. Sa déclaration très peu conventionnel confirmait ses attentes. Cela le comblait. Mais dans un même temps, l'idée d'une relation normale le terrorisait. Il n'y était pas vraiment habitué. Et la seule relation -presque- normale qu'il avait eu n'avait pas très bien terminé. Et... Stop. Arrête les questions sans réponse, Anoki. « Je vois... Et bien je crois que jusqu'à présent tu ne m'as ôté aucune des envies évoquées. » dit-il avec un sourire.
Il essayait de faire un peu d'humour, de faire baisser la tension qui devait peser sur les épaules de son camarade. Tout ce qu'il avait dit était complexe, à énoncer sans doute, mais aussi à réceptionner. Il devait trouver par où commencer. C'était un peu confus dans sa tête à lui aussi.« Tu sais William... Je ne suis sans doute pas plus brillant que toi... Moi j'ai toujours été fasciné par les garçons qui savent marquer des paniers, courir avec brio, ou faire tout ces choses qui sont pour moi, comme un parcours du combattant ! On est simplement différents... Mais les opposés s'attirent non ? Et puis, on va pouvoir apprendre plein de choses ensemble non ? C'est une bonne chose dans une relation, je crois, l'échange... » tenta-t-il d'une façon un peu hasardeuse.
Il avait beau avoir un panel de vocabulaire riche, des connaissances, une culture poussée, il n'en restait pas un handicapé en matière d'expression sociale et sentimentale. Mais il faut bien essayer pour progresser non ? Il y avait un début à tout. Il avait un sourire un peu timide sur les lèvres. L'inconnu, c'est toujours un peu intimidant. « Alors... Je pense qu'on pourrait essayer de... De faire tout ce que tu as proposé... Enfin... Moi j'en ai envie... » murmura-t-il doucement.
Oui, il en avait envie. Mais pour lui, cela n'impliquait pas forcément une relation traditionnelle avec toutes ses conventions. Il ne savait pas vraiment ce que c'était. La seule histoire d'amour qu'il avait eu avait été avec un Don Juan chronique, alors, en matière de fidélité, il n'avait pas vraiment d'exigence. Être un couple ? C'était tellement abstrait pour lui. Il voulait juste partager d'heureux moments avec lui, l'étiquette à coller sur cela lui importait peu.
Il déposa un baiser sur ses lèvres. Délicatement. Pour lui, cela scellait l'accord, la naissance d'une relation positive, par vraiment définie. Mais il existait un « nous » dans sa tête. Même s'il était encore très flou et très abstrait. Quelque chose venait de naître. Il décolla ses lèvres, et sourit, avec une certaine sérénité. Sa main libre alla caresser ses cheveux. Ils feraient un bout de chemin ensemble, il en était sûr, ce serait peut-être quelques kilomètres avant un carrefour, ou un périple bien plus long, mais ils marcheraient un peu ensemble.« Hmm... Je sais pas si tu as vu... Mais pour Noël, il y a un bal d'organisé chaque année.... Et... Tu voudrais y aller avec moi ? … Si tu en as envie hein... Ce pourrait être un.... un début ? » chuchota-t-il un peu hésitant.
Lui qui avait toujours détesté ce genre de manifestations, lui qui l'année précédente avait tout simplement refusé d'y aller... Et le voilà qu'il invitait quelqu'un, c'était totalement nouveau... La prise d'initiative dans ce domaine, ce n'était pas vraiment son fort, mais il pourrait s'y faire ! | Spoiler: | | | Je m'excuse pour le temps de réponse, mais la fatigue et les partiels sont passées par là... Normalement, je devrai pouvoir répondre de façon plus soutenue dès la semaine prochaine ! |
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