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| | Pluie tropicale [pv Nate] | |
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Oh ! This is Katerina Dimitrova 1

 | Sujet: Pluie tropicale [pv Nate] Jeu 1 Déc - 12:38 | |
| Comme souvent depuis qu’elle était arrivée à Fake Pearl, Katerina s’était encore perdue.
"Rah mais c’est pas possible d’être aussi nouille Kat’, un lac ça doit pourtant pas être si difficile à trouver ?!"
C’était en déchiffrant au péril de sa vie les différents fichiers qu’on lui avait transmis lors de son arrivée qu’elle avait découvert l’existence de ce fameux lac artificiel censé être quelque part dans la cité. Elle n’avait malheureusement encore trouvé personne pour lui expliquer comment fonctionnait le "plan" qu’on lui avait donné à son arrivée, n’étant pas du genre à interpeler les inconnus dans les couloirs, et n’ayant pas encore pu discuter vraiment avec son colocataire puisqu’elle dormait pour le moment dans les douches, et qu’en journée occupait le plus clair de son temps à visiter Fake Pearl.
"Ou plutôt à m’y perdre comme la dernière des idiotes…" Rectifia-t-elle à voix haute. Heureusement qu'il n'y avait personne dans le coin, elle serait passée pour une cinglée sinon, à parler toute seule...
Pestant contre son sens de l’orientation décidément trop détraqué pour être fiable, la jeune fille perdue au milieu de la forêt prit la bonne résolution d’apprendre à lire un plan dès qu’elle serait de retour dans sa chambre.
"Cet arbre, je suis sûre que ça fait au moins trois fois que je passe devant… Et voilà, il y a mes traces de pas ici, j’avais raison… Si seulement je ne manquais pas de m’électrocuter à chaque fois que je touche un objet électronique, j’aurais pris un géo-localisateur !"
Un bruit d’eau attira alors son attention. Intriguée, elle écouta attentivement. C’était très léger, comme le flop flop des petites vagues au bord d’un lac…
Attends une minute, un lac ?! Réalisa soudain Katerina, surprise. Allait-elle enfin trouver le lieu qu’elle espérait visiter aujourd’hui ? Se guidant à l’oreille, la demoiselle put découvrir avec soulagement la fameuse étendue liquide qu’elle avait cherché durant les 3 dernières heures.
"Wouah, qu’est ce que c’est beau…" Fit-elle, admirant le paysage.
L’eau semblait calme et claire, appelant Katerina à la baignade, tel un chant des sirènes. Retirant rapidement ses vêtements qui la gêneraient dans l’environnement aquatique, la jeune fille se précipita dans cette eau qui lui avait tant manqué, vêtue uniquement de sa combinaison de plongée qu’elle avait emportée spécialement pour cela.
Dès qu’elle fût entièrement immergée dans le lac, elle eut l’impression de revivre. Cet univers était tellement différent de celui où elle venait de vivre ces derniers jours ! Pas de gravité, personne qui tombe du ciel, pas de comportement étrange, pas de bruit effrayant… Que le calme et la sérénité, comme la sensation d’être rentré chez soi après une dure journée.
Tel un poisson, elle se faufila parmi les roseaux, descendit tout au fond du bassin, et remonta à la surface, évoluant dans l’élément aqueux comme si elle ne l’avait jamais quitté.
Alors qu’elle flottait à la surface, faisant face au plafond de verre de la cité, où elle pouvait voir des habitants marins nettement différents de ceux qui occupaient le lac artificiel, elle sentit une goutte d’eau lui tomber sur le nez.
Puis une sur la joue.
Et une sur le front.
Qu’est ce que c’est, il y a une fuite au plafond ? S’interrogea-t-elle, scrutant les parois vitrées à la recherche de l’origine de ces gouttelettes.
C’est alors qu’une autre goutte terminait sa chute dans les cheveux de Katerina qu’elle entrevit des tuyaux courant le long des structures métalliques qui soutenaient les vitres de la cité, ainsi que diverses ouvertures déversant de petites quantités d’eau à intervalles de moins en moins espacés.
"On dirait de la pluie… Alors ils simulent la pluie ici ? Comme c’est original…" Les gouttelettes se firent de plus en plus fréquentes, et c’est finalement une averse digne des climats tropicaux qui s’abattit sur le lac.
La jeune fille écarta les bras et les jambes en étoile dans l’eau, appréciant la sensation de la pluie qui tombait sur son visage alors qu’elle était étendue à la surface du lac.
Le bonheur… Soupira Katerina, souhaitant que pour rien au monde le déluge artificiel ne s’arrête.
Elle se rappela alors qu’elle avait abandonné ses affaires au milieu de la plage, et qu’il faudrait les mettre à l’abri de l’eau si elle ne voulait pas ressembler à une serpillère trempée lorsqu’elle déciderait de retourner dans sa chambre. Après tout, des vêtements humides parce qu’on contrôle les molécules d’eau, c’est acceptable, mais des vêtements qui dégoulinent comme s’ils venaient de faire un séjour prolongé au fond d’une piscine, ça serait probablement mal vu par les petits camarades qui déraperaient sur les flaques qu’elle laisserait derrière elle…
Elle sortit alors du lac, ramenant en arrière ses cheveux collés à son visage par la pluie diluvienne qui continuait de se tomber, et découvrit alors qu’elle n’était pas seule sur la plage.
Peut être même ne l’avait-elle jamais été.
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|  | | Oh ! This is Nate Sylver 1

 | Sujet: Re: Pluie tropicale [pv Nate] Jeu 1 Déc - 19:45 | |
| Cours de géographie. Cours où l’on voit des pans et des pans de paysages, de la 3D à vous en faire crever les yeux. Des paysages que Nate détestait. Pourquoi devait-il admirer les restes d’une terre qu’il n’avait jamais foulée ? Pourquoi devait-il voir les quartiers détruits de New York et qu’on les lui présente comme des taudis alors que onze ans avant il les considérait comme sa maison ? Soupir. Cours de géographie. Pour des mutants vivants sous l’eau, cachés. Cours de géographie. Alors que, même s’ils remontaient, ils seraient exclus, mal vus, incapables de vivre là où le commun des mortels vivait. Nate séchait les cours de géographie la plupart du temps. Il déambulait dans les couloirs, les mains dans les poches, jouant avec une cigarette au bord de ses lèvres. Péniblement, il posa le regard sur une énorme horloge. Les jours se succédaient sans réelle importance pour lui. C’était le temps qui l’intéressait. Et apparemment, aujourd’hui était jour de pluie. Un petit sourire étira un coin des lèvres du punk qui fit tourner un briquet sur son pouce avant de le porter à ses lèvres et d’allumer son jouet. Il fit un pas. Etan faisait danser une poupée entièrement bleue. Elle virevoltait, s’élançait, tombait avec grâce sur un sol qui changeait de couleur quand l’un des pieds se posait dessus. Etan ne riait pas. Il avait la joue posée dans sa main, un air boudeur sur le visage. Il avait relevé les yeux quelques instants sur l’horloge quand Nate était passé. Maintenant, il était content. Il imagina la pluie, et la pluie s’invita dans la danse de la poupée. Il imagina que la prairie était trempée, que le violet de l’herbe se diluait petit à petit, la laissant prendre cette teinte bleu qu’évoquait l’eau à Nate. Etan savait que Nate aimait le bleu très clair. C’était normal. Etan savait tout de Nate. « C’est sympa, mais ta poupée ne danse plus Etan. » Nate tira une bouffée de nicotine, souffla droit devant lui, soutenant le regard interloqué d’un étudiant. Sûrement un nouveau, qui n’avait jamais croisé l’intrigant Nate Sylver. Le punk lui tira la langue, jouant avec son anneau à la lèvre au passage. Puis il se dirigea tranquillement vers le couloir de vers réservé aux surveillants. Distraitement il tapa le code. Le bon code. La porte s’ouvrit sans un bruit et il s’engouffra dans l’un des seuls couloirs qui n’imitait rien. Aucune vie, aucun paysage. Juste du verre et la mer autour. Nate s’était souvent dit qu’il avait de la chance de ne pas avoir peur de la mer. La poupée posa ses mains sur la vitre devant les yeux de Nate. Elle tourna lentement sa tête vers le punk, lui offrit son plus gentil sourire. Tu vois bien que je danse encore. Elle secoua ses cheveux qui prenait la forme qu’Etan venait de saisir dans l’imagination de son frère. Des boucles roses s’étalaient dans son dos, jusqu’au creux du milieu. La poupée se mit à rire et elle devança le punk qui avait replongé les mains dans ses poches et s’avançait de son pas de dromadaire. Etan sourit. Il aimait la nonchalance de Nate, aimait le taquiner sur ce sujet. Il aimait bien les cheveux de la poupée. Mais il voulait faire les yeux lui-même. Des yeux violets. Nate atterrit directement au bord de la forêt. Il souffla un nouveau nuage de fumée et se dirigea assurément vers sa droite. Il avait oublié la poupée qui était revenue aux mains d’Etan. Ça n’était rien. Il avait fini par avoir l’habitude de ces jeux. C’était juste qu’il n’avait pas trop envie d’y participer cette fois-ci. C’était jour de pluie. Il faut être mélancolique un jour de pluie, non ? Le punk pouffa, amusé par sa propre bêtise. Il n’y avait pas grand-chose dans la pluie qui puisse le rendre mélancolique. Ce n’était pas pour ça qu’il aimait bien les gouttes sur son visage. Il sortir son portable de sa poche et regarda rapidement l’heure. Il avait encore quelques minutes pour arriver. Natou se retrouva bientôt au bord du lac. Il haussait un sourcil, les yeux posés sur une pile de vêtements sur la petite plage. Il resta quelques instants pensif, perplexe, avant d’hausser les épaules et de trainer des pieds jusqu’à la dite pile. Le punk se baissa légèrement et tapota un tee-shirt du doigt. Etan éclata de rire. « Oui, je sais que ça va être mouillé si ça reste là. Je sais qu’on ne peut pas empêcher ça. » Le jeune homme fronça les sourcils et attrapa d’un coup tous les vêtements abandonnés. Il observa autour de lui, chercha quelque chose qui pourrait l’aider dans sa super quête. Heureusement, le lac restait un endroit artificiel. Nate repéra rapidement un arbre isolé qui était en fait une sorte de vestiaire. Il traina les pieds jusqu’au tronc et tapota de nouveau un code. « Mais cette fois-ci c’est pas illégal, rigole pas. » Il posa distraitement les vêtements dans l’espèce de creux qui s’était formé et décida de ne pas refermer. Il était contrarié, parce qu’il ne savait pas à qui cela appartenait mais qu’il ne voulait pas manquer la pluie en veillant sur le tee-shirt et tout. Il fronça les sourcils. Souffla un nuage de fumé. Grogna. Puis haussa les épaules. Tant pis. Il retourna sur la petite plage. Trois, deux, un. Il leva la tête. Deux gouttes avaient gagné la course. Mais les autres n’étaient pas loin. Nate entrouvrit légèrement la bouche (sans perdre sa cigarette), appréciant simplement la vue, la sensation, le frais, les griffures. La pluie était un bon moyen de se sentir en vie. C’était la réalité. La vraie. Etan et lui n’étaient pas capables de recréer autant de sensations en une fois. Pas encore. Et il n’avait aucunement hâte d’atteindre ce niveau. Après onze ans à Fake Pearl, il savait très bien qu’il était capable de beaucoup plus de choses qu’il ne faisait d’habitude. Mais il ne voulait pas s’éloigner encore plus de la réalité. Elle était déjà trop loin de lui. Après tout, cette pluie artificielle, créée par Fake Pear, en quoi était-elle plus réelle que la prairie violette où il marchait souvent, avec son frère ? Il ferma les yeux. Ses cheveux commençaient déjà à être lourds, à coller à son visage. " On dirait de la pluie… Alors ils simulent la pluie ici ? Comme c’est original…" Il écarquilla les yeux. Les posa sur la surface du lac. Pendant un instant, il crut n’avoir sous les yeux que la poupée d’Etan. Mais il n’y avait pas de cheveux roses et de yeux violets. Juste du châtain, une combinaison de plongée et une fille qui profitait visiblement de la pluie. Nate sourit en voyant comme elle avait l’air de bien se sentir dans l’eau. Il avait presque envie de la rejoindre, mais il savait qu’on l’engueulerait si il rentrait trop mouiller. Du moins, ses anciens colocataires n’auraient pas été contents. Surtout une. Il sourit encore une fois à cette pensée. Puis releva la tête vers le « ciel ». « Oh merde, ma clope. » Effectivement, le jouet était éteint. Il fronça les sourcils et sortit son briquet. Il y avait des évidences que Nate n’avait pas intégrées. Comme celle qui dictait aux sains d’esprit que le feu ne se ferait pas sous une pluie d’une telle importance. Il appuya désespérément sur son petit objet, regardant le bout noirci de sa cigarette. « Pourquoi t’es pas pyromane Etan, ‘tain. Tu sers à rien parfois ! » Etan éclata de rire. La pluie tombait partout chez eux, mais lui n’était pas atteint par les gouttes d’eaux. Il bougea les mains et l’onde se regroupa en une sphère. Qui prit la forme d’un briquet. Qui se transforma en flamme. Des flammes qui tombèrent comme de la pluie. Embrasant Etan. « Arrête ducon ! » Il arrête. Il penche la tête. Il est désolé. C’était une blague nulle. Nate haussa les épaules et rangea son briquet. Il prit sa cigarette entre ses doigts et la regarda désespérément. Puis il tourna la tête vers la jeune fille qui sortait du lac et se dirigeait vers lui, plaquant ses cheveux mouillés en arrière. Le punk leva la main et lui adressa son regard le plus réveillé. « Yo. » Puis il pointa sa cigarette du doigt. « T’aurais pas du feu qui marche ? » Il lui semblait n’avoir vu cette fille que très peu. Voir jamais. Soit elle n’était pas de sa famille M.U.S.E, soit il n’avait pas eu la joie de la rencontrer avant. Elle était assez petite, toute mignonne. Une poupée aquatique en somme. Etan n’était pas loin tout à l’heure. Nate baissa lentement sa main, replaça sa cigarette maintenant trempée dans sa bouche, avant de la recracher (une clope mouillée c’est pas comestible !). Il grogna et ramassa le cadavre. « En fait, laisse tomber, pour le feu. Maintenant je need une poubelle. J’irais plus tard. » Il sourit et releva la tête. Regarda les gouttes qui tombaient de moins en moins vite. Comme si la pluie s’arrêtait. Mais il savait que ce n’était qu’une accalmie programmée parce qu’il y avait trop de mouvements humains dans les parages. Il savait que s’il ne bougeait pas, la pluie redeviendrait réelle et dure. Alors il ne bougeait pas. Il aurait voulu être aussi réel que cette pluie artificielle… |
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 | Sujet: Re: Pluie tropicale [pv Nate] Jeu 1 Déc - 21:02 | |
| "Yo"
Aussitôt, Katerina haussa les sourcils de surprise, face à la façon pour le moins inhabituelle et décontractée que ce jeune homme avait de la saluer. Après tout, ils ne se connaissaient pas, même s’il lui semblait avoir déjà croisé cet personne quelque part…
Bon, au moins ce n’était pas un prédateur, sinon il se serait déjà jeté sur moi pour me manger.
Puis l’inconnu ajouta : "T’aurais pas du feu qui marche ?"
Du feu qui marche ?
Katerina imagina immédiatement une boule de feu avec des petits pieds, se baladant sous la pluie, et à cette idée, éclata de rire.
Puis elle se ressaisit, et se rappela la cuisante expérience qu’elle avait vécu avec le feu étant plus jeune. Elle répondit alors : "Désolée, le feu et l’eau sont incompatibles, et je préfère l’eau."
Terminant sa phrase par un sourire d’excuse, elle entreprit de chercher du regard l’endroit où elle avait déposé ses vêtements.
Je les avais pourtant bien laissés par ici…
Malgré cette certitude, elle n’aperçu pas de petit tas de tissu à l’horizon.
Puis une inquiétude la saisit soudain : et si ses affaires s’étaient déplacées toutes seules, comme mues d’une volonté propre ? Après tout, elle n’était plus à un fait étrange près ici, autant envisager toutes les possibilités…
En parlant de bizarreries, Katerina en ajouta mentalement une à sa liste : après le motard qui tombait du ciel et l’albinos qui faisait peur, elle rencontrait maintenant ce qui semblait être un punk assez stupide ou trop borné pour tenter d’allumer du feu sous une pluie pareille.
Au final, vu les gens du coin, je me fonds plutôt bien dans le décor on dirait…
L’averse commençait à se calmer.
Il était surement temps de rentrer.
Balayant désespérément la plage des yeux, Katerina finit par renoncer à l’idée de retrouver ses affaires toute seule et demanda : "Dis, est ce que par hasard tu n’aurais pas vu des vêtements sur la plage ?"
Cela ne lui coûtait rien de demander, il n’avait pas l’air méchant.
Pas de croc pointu qui dépasse, et vu l’anneau accroché à la lèvre inférieure du jeune homme ça ne devait pas être plus mal, parce qu’un croc coincé dans le cercle métallique ça n’était surement pas très agréable.
Pas de longue griffe acérée, ça n’aurait pas été pratique pour tenir sa cigarette.
Juste un petit air à coté de la plaque.
Attendant une réponse, la jeune fille savoura les gouttes de pluie plus espacées. C’était tout de même autre chose de la douche où elle dormait… Il faudrait qu’elle repère le chemin, histoire de venir dormir dans le lac à partir de maintenant. Cela promettait d’être mille fois plus confortable…
Sortant de ses réflexions, elle réalisa alors qu’elle ne s’était même pas encore présentée. Quelle impolitesse vraiment ! Il fallait réparer cette erreur au plus vite !
"Au fait, je m’appelle Katerina, je suis arrivée à Fake Pearl il y a quelques jours. Toi aussi, tu t’es laissé surprendre par la pluie ?"
Dès la fin de sa question, Katerina se morigéna : quand on rencontre quelqu’un, on commence par lui demander son nom avant de lui parler de la météo, triple idiote !
Enfin, le mal était fait, elle n’avait malheureusement pas la capacité de remonter dans le temps. |
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 | Sujet: Re: Pluie tropicale [pv Nate] Mer 14 Déc - 22:23 | |
| Nate offrit son sourire le plus beau à la jeune fille qui venait vers lui. Il avait malgré lui remarqué le moment d’étonnement qui avait foncé son visage et il s’en voulait presque de l’avoir dérangée. Il avait cette habitude de vouloir être le grand frère protecteur, cette habitude qui le poussait à ne faire de mal à personne. Nate était peut-être trop pacifique. En attendant, l’adolescente en face de lui ne lui avait rien fait de spécial, et il ne voulait pas lui faire peur. Il ne voulait pas faire peur. Heureusement, elle se mit bientôt à rire. Il se frotta la nuque, légèrement gêné, mais l’accompagna dans son hilarité en ricanant. Il préférait largement ça. Etan aussi, puisque sa poupée dansait en riant exactement de la même manière que l’interlocutrice de Nate. Son regard se perdit dans le vide quelques instants, alors qu’il observait la pluie imaginaire, sur une prairie onirique, l’éclat d’une danse issu de ses rêves. Il arrêta de rire en même temps qu’elle. Mais cela résonnait toujours en lui. " Désolée, le feu et l’eau sont incompatibles, et je préfère l’eau." Il écarquilla les yeux. L’eau et le feu incompatibles ? Etan éclata de rire. Il croisa les bras sur son ventre, se tordant presque dans son hilarité. Il leva ensuite les mains, une en feu, une aquatique. Il se les tint, elles dansèrent ensembles. L’eau et le feu incompatibles ? Pourquoi ? Dans un monde avec des limites peut-être. Pas dans le leur. Incompatible, dans la réalité ? En quoi ? Ils ne comprenaient pas. Nate posa ses yeux sur le mégot dans sa main. Il offrit un sourire triste à la jeune fille. « C’est triste pour le feu et l’eau. Ils devraient chercher une solution. » Comme lui et Etan. Comme Papa et Maman, qui ont fini par se retrouver. Comme toi et Kiera…Il ne voulait pas qu’il n’y ait pas de solution. Il ne voulait pas qu’il y ait un manque dans son cœur, qu’il y ait ce gouffre qu’on ne peut franchir à cause du mot « incompatibles » à cause du mot « trop différent ». Cette adolescente était trop triste. Nate voulait la prendre dans ses bras. " Dis, est ce que par hasard tu n’aurais pas vu des vêtements sur la plage ?" Elle cherchait partout, tournait la tête. Anxieuse. Ou indifférente. Il ne savait pas trop à vrai dire. Nate pencha la tête sur le côté, plongea ses mains dans ses poches, en même temps que le mégot. Il leva la tête vers le « ciel ». Si ils ne bougeaient pas, il recommencerait à pleuvoir à en faire mal. A s’en sentir vivant. « Ne bouge plus d’accord ? » Il avança sa main, comme pour la mettre sur l’épaule de son interlocutrice. Mais il stoppa son geste à quelques centimètres de celle-ci. Il ne semblait pas que le contact physique affecte son pouvoir mais il ne la connaissait pas et préférait ne pas faire de bêtises. « Est-ce que le contact physique active ton pouvoir ou je peux te signifier mon amitié en te tapotant l’épaule ? » Il se rappela alors qu’elle lui avait posé une question. Il commença à sourire, pointa le doigt vers l’arbre « casier » près d’eux. « J’ai caché tes vêtements là-bas pour ne pas qu’ils soient trempés. Mais, ne bouge pas, s’il te plait, qu’il pleuve fort. » " Au fait, je m’appelle Katerina, je suis arrivée à Fake Pearl il y a quelques jours. Toi aussi, tu t’es laissé surprendre par la pluie ?" Katerina. Il avait déjà entendu ce prénom quelque part. Il planta ses yeux sur le visage de l’adolescente. La scruta, l’analysa, chercha dans sa mémoire d’où ce prénom lui venait-il. Il posa sa main sous son menton, fit une moue de réflexion intense. Katerina Dimitrova. Ah mais oui. Katerina Dimitrova. Sa camarade de chambre qui ne s’était pas montré depuis que son nom était inscrit sur la plaque de leur chambre commune. La nouvelle MUSE qu’il n’avait pas pu rencontrer, qu’il n’avait pas pu guider, comme tous les nouveaux arrivants, et encore plus, comme toutes les nouvelles personnes qui partageaient sa chambre. Un immense sourire éclata sur le visage de Nate qui leva son index et son majeur en l’air, formant le signe de la victoire. « Hello Katerina ! Je suis Nate Sylver, ton camarade de chambre. Tu peux m’appeler le vieux ou Nate. Hey, où tu dors depuis que tu es arrivé ici hein ? Ils sont pas désagréables les lits des chambres pourtant. En plus, je peux te montrer, on peut les programmer. Surtout chez nous, les MUSE. J’avais un pote, il dormait dans un feu de cheminé en fait. Enfin, bref. Ah, je suis bien content de t’avoir trouvé. Ça nous tracassait avec Etan de pas pouvoir mettre un visage avec ton nom. Du coup on pouvait pas te matérialiser et tout. ‘Fin je parle beaucoup là en fait. » Le punk ricana et se gratta la nuque. Puis, il s’assit par terre, sans cérémonie ou rien qui aurait pu annoncer son geste. Il tapota le sol à côté de lui en riant, invitant Katerina à s’assoir avec lui. « En fait, je ne me suis pas laissé surprendre, j’adore venir ici quand ils programment une pluie tropicale. Apparemment toi aussi tu aimes énormément l’eau, non ? C’est facile à imaginer l’eau, l’océan, tout ça. » Il posa un regard bienveillant sur le lac, explorant sa surface, se laissant envahir par le calme qui l’habitait. La pluie tombait doucement mais ne semblait pas s’arrêter, les deux êtres ne bougeant pas assez pour ça. Nate se mit à fredonner un air qui lui rappelait la mer, et dont il ne se souvenait même plus les références. Il ferma les yeux quelques instants et imagina une Raie Manta. Il posa sa main sur le sol, et la raie se mit à danser devant eux, se mit à tourner autour de son créateur, avant de foncer vers le lac et de se dématérialiser en touchant la surface. Nate sourit. « Tu aimes l’eau à quel point ? Je suis désolé, je n’ai pas encore eu le droit de toucher un animal marin donc mes illusions sont imparfaites. » Il aurait voulu lui poser des quantités de questions, sur elle, sur son arrivée à Fake Pearl. Mais parfois, c’était très mal reçu. Et il ne savait pas comment se comporter. Il ne savait pas s’adapter à la réalité. |
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 | Sujet: Re: Pluie tropicale [pv Nate] Lun 26 Déc - 20:58 | |
| Le jeune homme en face d’elle lui avait demandé de ne plus bouger. Pourquoi ? Elle n’osait pas poser la question, cela aurait nécessité qu’elle actionne les lèvres et il lui avait justement demandé de ne plus faire de mouvement.
Un prédateur était-il dans les parages ?
Le punk amorça un geste comme pour mettre sa main sur son épaule ; mais pour une raison inconnue, il se figea à mi-chemin.
Comme s’il obéissait lui-même à cet ordre de ne plus bouger.
Katerina ne pouvait s’empêcher de penser que c’était vraiment étrange.
Même en sachant que l’étrange était normal dans cette bulle d’air cachée sous la mer.
Son interlocuteur lui lança alors une question plus que surprenante : "Est-ce que le contact physique active ton pouvoir ou je peux te signifier mon amitié en te tapotant l’épaule ?"
Le cerveau de la demoiselle enregistra immédiatement l’information : dans cet étrange endroit, tapoter l’épaule de quelqu’un revenait à signifier son amitié.
Le jeune homme voulait donc lui signaler qu’il n’était pas un prédateur, confirmant les déductions que Katerina avait faites plus tôt.
Après un moment d’intense réflexion, elle se remémora la partie interrogative de la tirade de son interlocuteur, et lui répondit de la manière la plus claire qui soit : elle leva lentement la main pour ne pas se faire repérer de l’éventuel prédateur à cause de qui il ne fallait pas bouger, et tapota de l’index l’épaule du jeune homme, plantant ses yeux dans les siens en appuyant son geste qui se voulait amical d’un sourire chaleureux.
Cette réponse sembla suffire au punk, qui lui indiqua alors qu’il avait mis ses vêtements à l’abri de la pluie, dans le creux d’un arbre d’une forme trop étrange pour être naturelle.
Bizarre que je ne l’ai pas remarqué avant… Kat tu es vraiment une tête de linotte.
"… Mais, ne bouge pas, s’il te plait, qu’il pleuve fort."
Qu’il pleuve plus fort ? C’était donc pour ça qu’il ne fallait pas bouger ?
Pas de danger, pas de prédateur ?
Katerina sourit à la perspective qu’il puisse pleuvoir plus fort et leva le regard vers le plafond, évitant de bouger comme l’avait demandé cet homme, en proie à une intense réflexion depuis qu’elle s’était présentée.
Mais l’expression du punk changea brusquement, se transformant en un sourire éclatant lorsqu’il commença à déclamer, attirant à nouveau l’attention de Katerina sur lui :
"Hello Katerina ! Je suis Nate Sylver, ton camarade de chambre. Tu peux m’appeler le vieux ou Nate. Hey, où tu dors depuis que tu es arrivé ici hein ? Ils sont pas désagréables les lits des chambres pourtant. En plus, je peux te montrer, on peut les programmer. Surtout chez nous, les MUSE. J’avais un pote, il dormait dans un feu de cheminé en fait. Enfin, bref. Ah, je suis bien content de t’avoir trouvé. Ça nous tracassait avec Etan de pas pouvoir mettre un visage avec ton nom. Du coup on pouvait pas te matérialiser et tout. ‘Fin je parle beaucoup là en fait."
Durant la tirade, Katerina pencha la tête du le coté, signe d’étonnement, et fronça de plus en plus les sourcils à mesure que le jeune homme l’abreuvait d’informations qui semblaient sans queue ni tête pour la demoiselle. Dès qu’il eut finit, elle déclara sans réfléchir : "Le vieux ? Mais tu n’as même pas de rides…" Et haussa les épaules pour ponctuer sa remarque.
Alors qu’il s’asseyait par terre, elle suivit le mouvement des yeux, avant de répondre à sa question avec sa franchise habituelle : "J’ai dormi dans les douches. Je me déshydrate très vite, et ça serait assez dur à supporter de devoir me réveiller toutes les demi heures pour boire, donc je dors dans un environnement suffisamment humide pour pouvoir être tranquille. Mais maintenant que j’ai trouvé ce lac, je pense que c’est ici que je viendrais dormir, ça sera beaucoup plus confortable au fond de l’eau… "
Son explication terminée, elle s’assit lentement à coté de cet étrange Nate, gardant toujours à l’esprit que moins elle bougeait, et plus il pleuvrait.
Les gouttes d’eau tombant dans le lac formaient de jolies arabesques à sa surface, fascinant Katerina. Elle avait toujours vu ce spectacle de l’autre coté, depuis le fond de l’océan. Voir cela depuis la terre ferme était vraiment différent, mais lui semblait encore plus féérique.
Encore une fois, son attention fut ramenée à son camarade de chambrée lorsque celui-ci parla à nouveau : "En fait, je ne me suis pas laissé surprendre, j’adore venir ici quand ils programment une pluie tropicale. Apparemment toi aussi tu aimes énormément l’eau, non ? C’est facile à imaginer l’eau, l’océan, tout ça."
Puis, sans que Katerina ne comprenne comment, une raie manta apparut devant eux, tournant et virevoltant dans les airs avant d’aller s’évanouir dans le lac comme elle était apparue.
Ebahie devant ce spectacle, Katerina ne put s’empêcher de continuer à fixer l’endroit où le poisson avait disparu, murmurant un " Waouh, je pensais que les raies manta n’existaient que dans la mer… Alors il y en a aussi qui volent ? " La question n’était pas spécialement adressée à Nate, contrairement à la suivante ; se tournant vers son colocataire de chambrée, elle lança : "Mais au fait, c’est qui Etan ? Un autre camarade de chambre ?"
Mais, comme s’il n’avait pas entendu sa question, le punk en posa lui-même plusieurs : Tu aimes l’eau à quel point ? Je suis désolé, je n’ai pas encore eu le droit de toucher un animal marin donc mes illusions sont imparfaites.
Ses illusions étaient imparfaites ?!
Ce serait donc lui qui aurait créé cette raie manta ?
Tant de questions… Mais si elle répondait à celles du jeune homme, peut être en retour répondrait-il aux siennes ? Après tout, il lui avait bien indiqué où étaient ses vêtements.
Vêtements qu’elle n’avait d’ailleurs plus tellement envie de mettre, avec la pluie qui tombait ainsi.
Avec un sourire amusé, elle déclara : " L’eau, c’est comme une partie de moi. Cela représente 9 années de ma vie après tout, d’ailleurs je t’avouerais que ça me fait drôle de marcher à nouveau sur mes deux jambes, au lieu de nager avec les poissons… "
Avec un soupir, elle continua : " Je ne pourrais probablement plus retourner m’amuser avec les dauphins maintenant. Je sais qu’ici on est tous en sécurité, et que c’est mieux pour moi, mais jouer avec les habitants des mers va me manquer… "
La pluie se mit peu à peu à tomber plus fort. Normal, les deux MUSE ne bougeaient quasiment plus. Fermant les yeux, Katerina pencha la tête en arrière, offrant son visage aux gouttes de pluie de plus en plus nombreuses, avant de terminer : " Au moins, en venant à Fake Pearl, j’ai découvert une nouvelle façon d’apprécier l’eau… Dis moi, il pleut souvent par ici ?" |
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 | Sujet: Re: Pluie tropicale [pv Nate] Mar 10 Jan - 18:01 | |
| Il y avait quelque chose dans cette fille qui rappelait à Nate les faons, les biches. Bref, un animal sauvage mais, ô combien docile. Il ne pouvait s’empêcher de pencher la tête, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, pour chercher ce qui en elle lui paraissait si farouche et pourtant si attirant. Katerina semblait réfléchir à chacune des phrases qu’il disait, en cherchant la signification profonde, la vérité propre peut-être. Le punk se demanda s’il l’avait vu sourire depuis le début de leur conversation. Il n’y avait pas donné d’importance jusqu’ici, mais maintenant, il lui semblait que c’était sa principale préoccupation. Peut-être parce qu’il y avait tant de gens qu’il voulait faire sourire. Il plissait les yeux, souriait, replissait les yeux. Le jeune homme était dans une intense réflexion. Jusqu’au moment où Katerina leva la main tout doucement, et effectua le geste qu’il avait eu lui-même envie de faire un peu auparavant. Elle appuya son geste d’un immense sourire, auquel Nate ne put répondre que par le sien. Gêné, il se gratta la nuque, ricanant dans sa –non existante- barbe. Et quand il releva la tête, il vit sa camarade de dortoir en train de regarder le plafond d’un air… perplexe peut-être. Il jeta lui-même un regard au verre, si haut, et sourit en entendant le petit sifflement qui signifiait que leur présence commençait à s’effacer.
Lentement, il se remémora les gouttes sur sa figure, essayant de voir à quel point il les avait intégrées. Il laissa Etan lui raconter l’eau comme eux seuls savaient le faire. Il frissonna sous le froid, frissonna, impatient de voir la pluie revenir. Puis il s’efforça de rouvrir les yeux. De s’ancrer dans ce monde-ci. Il planta ses yeux vides sur Katerina et revint, doucement.
Il s’amusa à regarder l’effet de son flot de parole sur la jeune MUSE. Elle ne semblait pas avoir tout compris, ainsi que le montraient ses sourcils froncés. Il avait envie de lui pincer le nez, en haussant les épaules, lui racontant que ce n’était pas grave si elle ne voyait pas encore de quoi il parlait, qu’il pouvait lui expliquer. Mais il ne s’en sentit pas de suite le courage. Comme si quelque chose chez elle semblait trop loin. Pas encore acquis pour lui. Il ricana cependant, ne s’interrompant que lorsqu’elle haussa les épaules.
"Le vieux ? Mais tu n’as même pas de rides…"
Phrase qui redoubla l’hilarité du jeune homme. Il ébouriffa ses cheveux encore mouillés, lissa ses manches qui commençaient à lui coller à la peau. Même pas de rides. Ce n’était pas des rides qu’il avait gagné avec le temps, mais une connaissance trop parfaite de ces lieux. Chaque poussière de Fake pearl était une ride sur son visage. Chaque nouveau visage était le témoin des années qui passaient, inlassablement. Nostalgique, il ne se sentit pas la force de répondre à cela. Il se contenta de sourire alors qu’Etan riait toujours dans la libre prairie violette.
"J’ai dormi dans les douches. Je me déshydrate très vite, et ça serait assez dur à supporter de devoir me réveiller toutes les demi heures pour boire, donc je dors dans un environnement suffisamment humide pour pouvoir être tranquille. Mais maintenant que j’ai trouvé ce lac, je pense que c’est ici que je viendrais dormir, ça sera beaucoup plus confortable au fond de l’eau… "
Il la regarda s’assoir à côté de lui. Puis il secoua la tête en soupirant, levant les yeux sur les gouttes qui reprenaient un peu de rythme.
« Alalalala. On écoute pas tonton Nate à ce que je vois. Tu peux programmer ton lit pour qu’il recrée un environnement adapté à ton pouvoir. Je suis sûr que tu peux te programmer un martelât aquatique, voir une baignoire fermée à la température que tu veux. Après tu fais comme tu veux, mais si tu sors en pleine nuit tu vas te chopper une punition bien corsée. Et les chambres sont bien plus confortables que les douches. Je te montrerai si tu veux. »
Un léger silence accompagna la fin de sa réponse. Il tourna les yeux vers l’arbre où il avait mis les affaires de Katerina. Et se remémora une journée bien lointaine où lui-même le découvrait. Avec d’autres têtes, d’autres rires, une autre histoire. Parfois il se demandait pourquoi il se souvenait de personnes qu’il ne voyait plus tous les jours. Comment certains avaient fait pour finir fous. Nate frôlait ses réponses du bout des doigts, et toujours se rétractait. Revenait dans sa petite carapace en verre. Il attendait de savoir quel était le monde dans lequel il voulait vivre, celui pour lequel il remodèlerait son caractère. Soupir.
" Waouh, je pensais que les raies manta n’existaient que dans la mer… Alors il y en a aussi qui volent ? Mais au fait, c’est qui Etan ? Un autre camarade de chambre ?"
Nate leva la main et donna une toute petite pichenette sur le nez de Kate’. Sa candeur l’étonnait autant qu’elle l’attendrissait. Il sentait sa fibre fraternelle se réveiller, l’envie de tout raconter, de partager. Sauf Etan. Elle ne pourrait pas saisir l’immensité du concept. Ce pourquoi il serait bref.
« C’est moi qui l’ai créée en fait. Elles ne volent pas en réalité, celle-ci n’était qu’une jolie illusion. Cadeau. Et, Etan est mon frère, mais il ne vit pas dans ce monde. »
Sourire, regard baissé. Soupir, tête qui se relève. Un grondement, illusion d’un orage du monde d’en haut, retentit, et la pluie commença à s’accélérer. Nate regardait les gouttes foncer sur le sol, tenter de le traverser, épouser le lac. Elles étaient comme mille soldats prenant d’assaut une armée trop compacte. Mille petits éléments cherchant à défaire un bloc. Il sentait ses mèches violettes coller à son front, à son visage. Il sentait ses vêtements perdre toute consistance, chercher à le plaquer au sol. Le punk réalisa alors qu’il se sentait bien. Bien, parce que cette situation était hors du temps, seul concept duquel il pouvait parler sans douter.
" L’eau, c’est comme une partie de moi. Cela représente 9 années de ma vie après tout, d’ailleurs je t’avouerais que ça me fait drôle de marcher à nouveau sur mes deux jambes, au lieu de nager avec les poissons… "
Il tourna la tête vers elle. Léger sourire. Réconfortant.
" Je ne pourrais probablement plus retourner m’amuser avec les dauphins maintenant. Je sais qu’ici on est tous en sécurité, et que c’est mieux pour moi, mais jouer avec les habitants des mers va me manquer… "
Nate soupira. Encore une fois, il constatait que le monde d’en haut manquait. Que beaucoup de personnes apprécieraient d’y retourner, au contraire de tout ce que les professeurs lui avaient répété au cours des années. Lui ne savait même plus s’il désirait remonter, seul, encadré, remonter tout court. Il se pencha en arrière.
« Après tout, nous sommes sous l’eau. Sûrement qu’aller dans la mer te sera permis après quelques temps passés ici. Et puis, au pire je sais comment m’infiltrer dans l’aquarium. Tu as vécu neuf ans totalement sous l’eau ? Eh béh. Moi c’était à New York. J’ai quitté la terre ferme une fois, mais c’était parce que ma mère pouvait voler. Sinon, j’ai toujours tenu sur deux jambes. Je ne sais même pas nager, en fait. »
Il ricana et se frotta une nouvelle fois la nuque. Se mit en tailleur et agrippa les genoux d’un jean trempé. A la pluie s’était ajouté le vent. Il songea rapidement que des surveillants passeraient peut-être, les obligeant à fuir. Etan haussa les épaules. Ils pouvaient autant être présent qu’absents s’ils le voulaient.
" Au moins, en venant à Fake Pearl, j’ai découvert une nouvelle façon d’apprécier l’eau… Dis moi, il pleut souvent par ici ?"
« C’est aléatoire. Ce sont les spécialistes en météo qui choisissent de programmer ou non la pluie. Je crois qu’ils se basent sur le temps qu’il fait en France, là-haut mais je ne suis pas sûr. En tout cas, nous petits élèves, on ne peut savoir ça qu’en allant consulter les panneaux d’informations, à l’entrée de l’école ou sur la place principale en ville. Il doit y en avoir un dans le dortoir aussi. Tiens d’ailleurs, ça va, tu ne te perds pas trop ? Je sais que c’est assez dur au début quand même. »
Nate bailla et chercha à savoir si quelque chose indiquait l’heure dans son champ de vision.
« Là tout de suite, normalement, je devrais être en cours. »
Simple information. Il n’irait pas et ne culpabilisait pas. Ce qu’il montra en baillant légèrement.
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|  | | Oh ! This is Katerina Dimitrova 1

 | Sujet: Re: Pluie tropicale [pv Nate] Mer 11 Jan - 21:40 | |
| "C’est comment ? New York, le monde d’en haut, c’est comment ?"
Nate avait piqué la curiosité de Katerina. Avoir toujours vécu à la surface, ne jamais avoir appris à nager, elle voulait comprendre ce que ça faisait. Pour elle, c’était naturel, c’est comme si elle était née pour vivre dans les fonds marins, mais qu’est ce que ça pouvait bien faire d’avoir l’habitude de marcher sur deux jambes ?
Bien sûr, elle l’avait elle-même vécu durant ses jeunes années, mais se creuser la mémoire ne servait à rien : elle ne s’en souvenait plus.
Alors peut être que d’entendre l’expérience de son camarade de chambrée lui permettrait de comparer, de comprendre ce qu’il y avait de si différent, qui faisait qu’elle avait encore des difficultés à tenir sur deux jambes quand lui disait ne pas savoir nager.
Et si elle l’emmenait dans l’eau avec lui, est ce qu’il coulerait comme une pierre ?
Ou est ce que la nage lui viendrait de façon aussi instinctive qu’elle était venue à Katerina la première fois qu’elle était allée dans l’eau ?
Etait-ce le lien qu’elle partageait avec l’élément liquide qui lui rendait les déplacements aquatiques si faciles ?
Oui, Katerina était extrêmement curieuse, et avait hâte de découvrir les réponses à ses questions, et d’en tirer toujours plus d’interrogations auxquelles trouver les solutions.
Mais une chose était sûre : "Si je peux tenir sur deux jambes alors que j’ai l’habitude des fonds marins, je suis certaine qu’il est possible de t’apprendre à te déplacer dans l’eau, même si tu ne t’éloigne pas de la surface, ça vaudrait le coup d’essayer. Qu’en penses-tu ?"
Katerina s’empêcha de pencher automatiquement la tête en posant sa question : c’était une manie chez elle, mais il ne faudrait pas que Nate pense qu’elle avait quelque chose qui clochait, déjà que vivre quasiment une décennie en mer n’était pas une expérience qu’on pourrait qualifier de normale…
Sauf qu’ici, tout ce qui semblait normal ne l’est plus, et tout ce qui paraissait bizarre a l’air d’être considéré comme la plus commune des choses…
« Tiens d’ailleurs, ça va, tu ne te perds pas trop ? Je sais que c’est assez dur au début quand même. »
La jeune fille ne put s’empêcher de rire à ces mots. Se perdre ? Mais elle n’avait fait que ça ou presque, depuis qu’elle était arrivée ici !
"J’imagine que tu sais lire le document étrange appelé plan, qui semble être le seul moyen de ne pas se perdre ici ? Je n’ai toujours pas décrypté le moindre hiéroglyphe de ce truc là, d’ailleurs je t’avouerais que pour trouver le lac j’ai marché pendant un bout de temps dans cette espèce de forêt vierge. Enfin, ça n’est pas si grave, ce n’est pas comme si je risquais grand-chose à me perdre. Le pire qu’il pourrait m’arriver serait de tomber sur le grand type qui fait peur, mais Atlantis est bien trop grande pour que je le croise à tous les angles de couloir, heureusement…"
Elle se rappelait encore de sa rencontre avec cet homme effrayant qui avait croisé son chemin au parc, le premier jour où elle avait mis les pieds dans cette cité. Rien que de se souvenir du moment où elle avait levé les yeux vers lui, Katerina pouvait sentir des frissons d’effroi qui lui descendait la colonne vertébrale.
« Là tout de suite, normalement, je devrais être en cours. »
La remarque de Nate la ramena au présent. Les cours ? Elle savait qu’il y en avait, on lui avait même conseillé d’assister à ceux de physique-chimie pour mieux contrôler son pouvoir, mais il semblait que toutes les informations relatives à ces fameux cours se trouvaient dans la tablette électronique qu’on lui avait donné dans le tas d’affaire scolaires à son arrivée, en lui conseillant d’y faire bien attention. Il avait suffit qu’elle déballe l’appareil et le mette sous tension pour qu’il grésille et s’éteigne en faisant éclater l’écran, projetant quelques débris de verre au sol.
Bien sûr, Katerina avait déjà expérimenté les conséquences de ses interactions avec un appareil électronique une fois, mais cet évènement avait définitivement confirmé ce qu’elle soupçonnait déjà : elle ne pouvait pas toucher de machine sans la casser.
C’est probablement dû à l’eau qui dégouline de moi comme si je sortais à peine du lac… Supposa Katerina.
Se tournant vers Nate, elle demanda soudain : "Et les tablettes électroniques, on peut les adapter aussi à nous, tu crois ? Parce que la mienne a explosé quand je l’ai touchée, elle ne supportait pas l’eau…" |
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