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| | Dessine moi un poisson... | |
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Oh ! This is Anoki He Lush Ka 1

•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Dessine moi un poisson... Mar 25 Oct - 22:21 | |
| Des milliers de couleurs. Un tourbillon de couleurs se profilait sous un regard sanglant. Un an qu'il était ici et il ne pouvait cesser de venir voir cette avalanche de teintes. Il n'en finissait pas de s'émerveiller. Toutes cette diversité, toutes ces espèces qui vivaient en harmonie, sans excès, sans qu'aucune n'excède ses besoins faute de dérégler tout l'équilibre. Les animaux sont en de nombreux point bien plus intelligents que les humains. Deux espèces d'hommes, et les voilà à s’entre tuer... Quelle tristesse.
L'albinos soupira. Parfois, il aurait envie de devenir ce petit poisson clown qui gigote en tout sens, oubliant sans doute aussitôt qu'il le fait, ce qui a accompli. Comme il aimerait oublier. Comme il aimerait ne plus avoir à réfléchir. Ne plus être ce stupide être pensant. Dommage qu'il ne le puisse pas. On ne peut se refaire et on ne peut se choisir, alors tant pis. Second léger soupire. Mais bientôt un léger sourire naquit sur ses lèvres. Sa main effleura la vitre. Certains poissons s'enfuirent, effrayé qu'on puisse obstruer un peu de lumière, un petit poisson paradis s'approcha de la surface artificielle, stationnant devant elle, comme s'il fixait avec autant d'attention que celui-ci l'humain qui l'observait. De tous les spécimens qu'Anoki avait regardé en venant maintes fois ici, c'était cette espèce qu'il trouvait la plus belle, ces stries de rouges et de bleus était d'une brillance fabuleuse. Ce petit animal rayonnait, il irradiait de couleurs. Quelques mouvements nageoires et le petit être s'éloigna du mutant, reprenant sa vie de poisson, sans doute bien remplie.
Les doigts glissèrent sur la surface glacée, pour s'en détacher finalement. La silhouette reprit ses divagation. Errer seul parmi les poissons. Une chance que l'on a pas souvent ici. En général, une foule de nouveaux arrivants se précipitaient ici, à la découverte d'un nouveau lieu a explorer, en quête d'animation. Cette après midi pourtant, l'endroit était tout simplement désert. Rien n'était plus réjouissant pour l'indien que cette charmante solitude, il s'était même risqué à enlever sa capuche, révélant sa chevelure d'argent, sa veste s'ouvrant sur un Marcel trop grand pour lui, laissant entrevoir quelques bribes d'une peau laiteuse par sa couleur et par sa texture. Nul besoin de cacher sa présence quand personne n'est là pour la percevoir. C'est la logique même.
Il marcha encore quelques minutes, parfois sa main allait parcourir la barrière qui le séparait de l'eau, des animaux qu'il admirait, tantôt elle restait ballante, remuant selon une danse incompréhensible. Ses pas ralentirent petit à petit, et il finit par s’asseoir dans un recoin des lieux. Il y venait souvent s’installer là, entre ce banc et l'angle de la pièce d'eau. Pour beaucoup l'emplacement aurait paru étroit et complètement inconfortable. Pour lui, c'était agréable, caché des regards, enserré, le protégeant de ce surplus d'espace qui le rendait si intolérablement visible, là au moins personne ne viendrait le chercher. En fait, il se sentait en sécurité ainsi engoncé entre le verre de la vitre, et celui du siège collectif. Une bien étrange philosophie, mais qu'importait.
Bientôt les infatigables araignées qui lui servent de mains se saisirent de son sac pour en sortir sa tablette numérique et son stylet. Il la déposa sur ses genoux repliés, et commença à griffonner. Son stylet glissait souplement, délicatement sur la surface tactile. D'un seul coup son visage s'illumina d'un sourire bien plus heureux, comme si le simple fait de dessiner le transporter hors du temps, de l'espace, de sa situation actuelle. Quand il dessinait, il oubliait tout. Ce qui lui importait maintenant, c'était les couleurs, le mouvements, la justesse du trait. Tout le reste devenait superflu.
Petit à petit les couleurs s'assemblèrent pour faire naître sur la tablette un fond marin que certains aurait qualifié d’impressionniste, néanmoins, par endroit le dessin était si détaillé que ce flou coloré devenait reposant, un équilibre parfait entre le détail et la masse, une composition instinctive quasi parfaite. Peut-être dessinait-il depuis deux heures. Il ne s'en rendait pas compte. De toute façon, un message préviendrait de la fermeture des lieux. Il était habitué. Et puis, il était arrivé en début d'après-midi, alors il avait un bon nombre d'heures devant lui.
Mais il finit tout de même par relever la tête plus tôt que prévu. Il venait d'entendre des pas. Une bonne raison de plier boutique et filer dare-dare pour ne pas donner à quelqu'un l'occasion de voir ses talents. Cela l'avait déjà perdu une fois, on ne l'y reprendrait pas ! Il se leva discrètement, posant sa tablette sur son sac, enfilant son sweet bleu marine, assorti au lieu, le zippant en un tour de main, il attrapa sac et support numérique. Sa fuite s'annonçait bien. Il remit sa capuche, et glissa son carnet virtuel dans son sac machinalement. L’échappée belle ! Il fit quelques pas rapides, s'éloignant ainsi de l'individu qui arrivait. Seulement, il y avait un truc qui clochait. Il ne savait pas encore vraiment quoi. Il y avait un changement. Anoki s'arrêta deux secondes. Son sac.... Il était vide...
Il se retourna. Sa tablette était étalé par terre, son dessin en pleine vue, au pied de... Son colocataire, Trinity. Comment avait-il fait pour la faire tomber là ? Il regarda son sac. Il était fermé, pourtant il le croyait ouvert. Il avait donc réussi l'exploit de penser ranger son carnet dans le contenant, alors que celui-ci avait juste glissé entre son pull et son sac. Quelle poisse. Ses yeux rosés tombèrent dans ceux du garçon. Il ne dit rien. Restant tout simplement figé par tant de stupidité, par sa stupidité. Devait-il inventer une excuse ? Faire comme si de rien n'était ? Il ne savait pas trop. Il attendait de voir la réaction de son voisin de chambrée. En espérant qu'il ne comprenne pas tout le manège qu'il avait fait jusque là, en lui envoyant des dessins pour lui faire plaisir, en espérant qu'il ne comprenne pas que c'était lui, Anoki He Lush Ka, le mystérieux dessinateur altruiste... Pourquoi donc avait-il fait ça ? … Bon sang....
Dernière édition par Anoki He Lush Ka le Mer 15 Fév - 21:50, édité 1 fois |
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•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Dim 6 Nov - 22:34 | |
| Il n'y avait que peu de lieux que Trinity aimait plus que les aquariums d'Atlantis. Bien sûr, il y avait les jardins, où il se plaisait à errer près des roses et des autres fleurs qu'il appréciait tant. Mais les aquariums présentaient à ses yeux un tout autre intérêt.
Les jardins pour lui étaient lieu d'évasion et de nostalgie. Au sein même de cette verdure éclatante, de ces couleurs chatoyantes, il se perdait dans les senteurs diverses et se surprenaient encore à rêver à la voix claire de son père qui récitait inlassablement les passages de ce vieux livre qu'il ne lisait plus que du doigts, tant il en connaissait les mots par cœur. Il se rappelait encore l'amour fou de Kayo pour la texture étrange et si rare du papier. Trinity n'avait pas vu beaucoup de livres dans sa vie, mais celui-ci, celui qui avait bercé son enfance, avait pour lui l'odeur de l'enfance mêlée à la flagrance imaginaire d'une fleur unique.
Mais lorsque Trinity venait aux aquariums, il y recherchait généralement autre chose que de la détente et du rêve. Les poissons ne l’intéressaient guère en eux-mêmes. Mais leur couleurs chatoyantes, ou l'éclairage incertain et trouble des lueurs filtrant à travers l'onde étaient un défi que l'apprenti dessinateur se devait de relever. Régulièrement, il venait tenter de réussir à capturer l'essence de ces couleurs, sans jamais y parvenir parfaitement, bien qu'à force de patience et de persévérance le résultat s'était trouvé grandement amélioré comparé au début.
Il erra un temps au sein du complexe, à la recherche de la perle rare. Il avait encore en tête le souvenir vague d'une magnifique rascasse, ou l'étrange envie de peindre cette murène qu'il avait repérée, une fois tapis au sein de rochers, angoissante ombre à la gueule béante attendant patiemment qu'une proie inconsciente ne s'approche de sa tanière. Il marcha un peu, lorsqu'il entendit des bruits de pas. Trinity ne se précipita pas dans cette direction, mais ils émanaient justement de l'endroit où il se rendait. Il y arriva juste à temps pour croiser Anoki, une capuche rabattue sur ses cheveux. Trinity retint un sourire.
« Tu a peur qu'il pleuve ici avec ta capuche ? Je doute qu'elle protège tes cheveux si les vitres cèdent... »
dit-il d'un ton un peu moqueur, avant de ramasser la tablette du bout des doigts pour la rendre à son propriétaire. Son geste se figea lorsqu'il aperçu le dessin de son colocataire. Il était stupéfait devant le talent de ce dernier. Des mois qu'ils partageaient la même chambre, et il ne découvrait ceci que maintenant. Ses yeux s'attardèrent sur les lignes parfaites et la restitution magnifique des couleurs et des jeux d'ombres du dessin. Un instant, Trinity eut l'impression que le poisson représenté s'apprêtait à sortir de sa toile pour parcourir les océans. On ne pouvait pas parler d'un tableau d'un réalisme vivant : le réalisme n'est pas forcément lié à l'art. Combien d'illustrations de dictionnaires numériques joliment représentées à coup de crayons pour donner un certains effet n'apportent aucunement la jouissance liée à la vision d'une œuvre d'art. La peinture, selon Trinity devait être capable de restituer les émotions d'un moment, la beauté et la fugacité d'un être aussi fragile qu'un poisson. La peinture pouvait sublimer les choses, et ce tableau rendait à cet effet tout son sens.
« Wahou... tu m'avais caché ça Anoki.... Tu dessines super bien ! »
Trinity plissa ensuite les yeux. Il n'était pas un spécialiste de l'art. Il bénéficiait d'un talent inné qu'il travaillait avec acharnement. Il n'avait donc pas vraiment de connaissances techniques dans ce domaine. Pourtant, il y avait dans ce tableau quelque chose de vaguement familier. Il lui semblait reconnaître cette façon incroyable de mêler flou et netteté, perspective et couleur.... Il lui était impossible de savoir d'où, mais en cherchant bien, peut-être....
La tablette cessa soudain de fonctionner, tombant brusquement en panne. Trinity eut un léger sursaut, et tendit l'objet inanimé à son colocataire.
« M**de... J'suis désolé... J'aurai pas du la toucher.. j'espère quil n'y avait rien de précieux dedans... Désolée Anoki... P'tre qu'un technicien peut la réparer... »
foutue électricité ! Ses ondes électromagnétiques étaient une vraie tuerie pour le matériel d'atlantis. Le fait d'avoir toucher l'objet et de s'être concentré de la sorte dessus avait semble t-il eut raison de la tablette. Il restait plus qu'à espérer pour Anoki que les informaticiens du complexe seraient aussi assez bon pour arranger cela...
« en plus, ton dessin, il était magnifique... Il me rappelle vaguement quelque chose... Il est de toi ? »
Trinity n'avait pas encore fait le rapprochement entre l'artiste anonyme qui lui faisait parvenir ses œuvres et le trait de crayon d'Anoki. Il fallait dire qu'à juste titre Anoki était loin d'être son suspect numéro 1 en la matière. Trinity estimait que, même sans être amis, les deux jeunes gens qu'ils étaient se connaissaient assez pour que, si Anoki avait du lui montrer un dessin, il l'aurait sûrement fait de visu. |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Jeu 10 Nov - 0:11 | |
| Le destin, Anoki croyait en lui. Il croyait que toute chose avait été prévue. Il pensait aussi que cette prévision était multiple, qu'elle dépendait d'un enchaînement d'actes bien spécifiques. Mais inéluctable, un acte entraînant le suivant. Le tout avec une facilité, et un naturel déconcertant. Il se disait que s'il était parti cinq minutes plus tôt, il n'aurait sans doute pas eu à croiser son colocataire. Il n'aurait pas été découvert. Il n'aurait pas eu à s'expliquer.
A la remarque de son camarade, il enleva sa capuche. Après tout, face à quelqu'un qu'il connaissait, elle ne servait à rien. Pourtant, il se sentait comme à découvert, menacé, une cible facile en somme. Nu. C'était étrange cette sensation. Après tout, ce n'était qu'un bout de tissu sur sa tête, mais cela le cachait. La fuite, toujours la fuite. Toujours fuir les autres. Et là pourtant, il n'avait plus d'échappatoire, il était fait comme un rat, face à Trinity, face à ce garçon qu'il appréciait. Alors pourquoi n'arrivait-il pas à accepter sa présence ? Accepter de pouvoir l'apprécier. Il avait l'impression de refaire les mêmes erreurs. Les contacts humains sont voués à l'échec non ? Voués à nous faire souffrir. A faire souffrir. Ils ne fonctionnent jamais comme il faut.
Anoki sourit légèrement. Oui, il lui avait caché cela. Il le cachait à tout le monde. Il n'aimait pas s'exposer. Il ne voulait plus s'exposer. Non pas qu'il ne fut pas capable de supporter le regard des autres, plutôt qu'il ne voulait plus qu'on lui porte un quelconque intérêt. C'était mieux ainsi pour tout le monde.
« Merci... C'est juste que je n'aime pas trop montrer mes dessins. C'est tout. »répondit-il en haussant légèrement les épaules.
Il ne mentait pas en disant cela, il éludait les vraies raisons. Il répondait simplement. Il ne voulait pas développer plus. Il ne voulait pas lui dire que la dernière personne à avoir trouvé ses dessins superbes s'étaient avéré être le plus beau des traîtres. Non, tout ça, il n'en parlerait sans doute jamais. En cet instant, Anoki aurait juste voulu récupérer sa tablette et partir. Éviter toute question. Toute remarque. Même si elles n'allaient sans doute pas être désagréable. C'était bien cela qui le gênait. Il préférait de loin être ignoré ou même détesté. Mais attrayant, c'était problématique. Cela n'emmène que des ennuis.
La preuve en fut un grésillement assez déplaisant, le genre de crépitement que fait une tablette en décidant de se mettre hors service. Ce n'était encore jamais arrivé à celle d'Anoki. Il faut un début à tout non ? L'indien récupéra l'objet inerte. Au moins, il l'avait récupéré, en un sens, c'était déjà pas mal. En état de marche c'aurait été mieux. L'albinos rangea immédiatement la tablette dans son sac. Il verrait plus tard ce qu'il pourrait faire. Ce n'était peut-être qu'une surcharge.
« Non... Ne t'inquiète pas... Ce n'est pas grave. »murmura-t-il avec un sourire rassurant.
Menteur. Tous ses dessins, toutes ses notes, tout ce qui comptait pour lui était la dedans. Absolument tout. En fait, si cette tablette avait cessé de fonctionner définitivement, il en serait très peiné. Mais en aucun cas il ne voulait que Trinity le sache. Ce n'était pas vraiment sa faute. Il le savait. C'était son pouvoir. Et Anoki sait très bien qu'on ne peut rien contre ce que l'on est. Rien du tout.
«Hmm, je viens de le faire. Les poissons font de très bons modèles. Pour les couleurs surtout. Cela change des autres élèves. Cela me permet de varier mes dessins... »répondit-il simplement, éludant la remarque sur la ressemblance.
Il n'allait pas avouer si vite sa mascarade. Il avait voulu faire plaisir à Trinity, en aucun cas se faire remarquer. C'était pour cela qu'il répondait à moitié. Quitte à passer pour un abruti. Anoki passa une main gênée dans ses cheveux. Mais un bruit le sortit de sa gêne pour l'entraîner dans la surprise. Au travers de son sac de toile on pouvait voir briller sa tablette qui rugissait avec son de démarrage. Il extirpa de son sac. Elle délirait complètement cette tablette. Elle repassait en vu tous ses documents, les uns après les autres. Dessins, photos, écrits. Portraits de son père, natures mortes, photo de famille, photo avec Flynn, extraits de journaux, extraits de lettres... Tout passait à une allure grand V. A croire que la panne qu'avait provoqué Trin' n'était pas totalement finie.... |
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•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Jeu 17 Nov - 22:02 | |
| Trinity était désolé pour Anoki, mais décidément, le matériel électronique ne lui résistait pas. Il aurait bien voulu proposer son aide plus longuement, mais cela n'aurait fait qu'empirer les choses. S'il retouchait encore une fois à cet objet, il risquait de ne plus jamais redémarrer. Il laissa donc son propriétaire le récupérer, en espérant qu'il trouve le moyen de le restaurer.
« C'est dommage de cacher un tel don. Tu as du talent. »
Se contenta de dire Trinity. Il n'ajouta rien d'autre. Il n'avait pas l'habitude de s'étaler. C'était cela, l'avantage, avec Trinity : sauf si quelque chose le travaillait vraiment, il savait s'arrêtait, et ne s'attardait jamais trop longtemps sur les détails. Sauf que, bientôt, le talent pour le dessin d'Anoki ne serait plus un détail à ses yeux.
Dans un sens, il comprenait un peu Anoki, même si ce n'était sans doute pas pour les mêmes raisons. Le dessin était déjà en soi un acte intime pour quelqu'un comme lui : bien qu'il soit doué, il était totalement autodidacte, et savait qu'il était loin d'atteindre la perfection à laquelle il aspirait si ardemment. Devant les œuvres de son colocataire, il se sentait même honteux, et se surprenait à rougir intérieurement d'avoir laisser traîner ses esquisses bien trop souvent dans leur chambre commune. Il devait avoir bien ri en voyant ce qu'il était capable de faire. Il était loin d'avoir le niveau de l'autre garçon. Aussi se retint-il encore plus de faire un seul commentaire.
Sauf que justement, à ce moment là, la tablette d'Inoki fit des siennes, et se ralluma. Trinity se sentit un peu soulagé. Il culpabilisait moins d'un seul coup. Bon, la tablette semblait fonctionner à nouveau, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Trinity s'apprêta donc à prendre congé de son colocataire, décidé finalement à regagner ses quartiers, ou à aller errer du côté de la bibliothèque à la recherche d'un bon bouquin à lire... Il avait eu de très bons conseils dans ce domaine, dernièrement.
Mais voilà, ses projets furent une nouvelle fois contrariés, lorsque la tablette d'Inoki s'affola et se mit à faire défiler des dizaines de dessins à la suite à un rythme rapide, mais pas assez rapide pour qu'un ne puisse pas en apercevoir le sujet. Ce ne fut d'ailleurs pas la curiosité qui attira l’œil de Trinity sur les dessins. Le jeune homme n'avait pas ce défaut là, du moins, pas dans ce sens là. Son regard fut simplement attiré par cet événement surprenant, et captivé par la beauté ensorceleuse des œuvres de l'autre garçon.
Soudain, une image, puis une autre frappèrent plus violemment son esprit, non pas à cause de leur beauté, mais bien parce que le jeune japonais les reconnaissait. Il avait déjà aperçu ces esquisses et parcouru d'un œil admiratif ces traits si purs. Il s'était même penché sur eux, le soir, à la lueur d'une petite led de chevet, pour en mémoriser la technique avant de s'endormir. Combien de fois avait-il tenté d'en apprendre la maîtrise, et s'était-il finalement quelque peu amélioré en étudiant cet art si complexe à travers ces mystérieux tableaux qui apparaissaient sur sa tablette, offert par un anonyme.
« Mais je connais ces dessins là !!! »
S'exclama t-il, avant de relever un regard surpris et un peu courroucé vers Anoki. Alors, c'était donc lui l'auteur des fameux messages. Alors là, Trinity n'y comprenait plus rien du tout ! Pourquoi cacher cela ? Pourquoi lui envoyer de façon anonyme ?! Il avait un problème ou quoi, son coloc ?
« Tu peux m'expliquer ? »
Se contenta t-il de dire avec son habituel détachement, sans lâcher Anoki des yeux.
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Jeu 1 Déc - 23:15 | |
| Anoki haussa les épaules à la remarque de Trinity. Il avait sans doute raison, oui, il avait du talent, mais en quoi était-ce une bonne chose ? Cela n'avait entraîné que des ennuis. Avoir un don aussi, c'est un talent, pourtant, là haut, personne n'a l'air vraiment prêt à s'en vanter, le problème est toujours le même. Une différence reste une différence, et les différences ne sont que sources de conflits, elles alimentent les conflits. On ne comprend pas les différences, elle fascinent, elles révulsent, mais on n'essaie jamais de simplement les comprendre. Alors lui, il se contentait de celles visibles, c'est déjà assez atypique d'être albinos, et mutant, il n'allait pas assumé aux yeux de tous l'étiquette « artiste » en plus de ça. Non, non, non, et puis, c'était trop risqué, il le savait. Avoir l'admiration de quelqu'un, il ne voulait plus. Plus jamais. Et pourtant, ça recommençait assez mal avec Trinity.
Et puis bien sûr, il fallait que sa tablette décide d'en remettre une couche. Comme si il n'était pas suffisamment à découvert. Allez, vas y acharne toi la technologie, de toute façon tu t'en fiches bien de lui créer des problèmes, hein ? Cela ne se pose pas ce genre de questions un circuit imprimé, un micro-processeur. N'empêche qu'il allait être dans de beaux draps avec tout ça. Il avait beau s'activer pour essayer de stopper ce flux d'images assez personnels, rien n'y faisait. C'était comme si un esprit malfaisant avait décidé de se venger, de façon incontrôlée, en se fichant bien des conséquences que cela aurait pour lui. En se fichant bien de savoir si ces images là n'étaient pas totalement privées. Certaines le firent rougir. Il n'aimait pas qu'on voit les photos de lui et de ses proches. Cela le mettait tellement à découvert. Il ne supportait pas. Ses dessins non plus, il ne supportait pas. Il aurait pu pleurer de colère, s'il n'avait pas été trop surpris de voir sa vie ainsi mise à nue. Quelques images, cela peut très vite résumer une vie. Chaque image ravivait son lot de souvenir. C'était compliqué d'essayer de se concentrer pour arrêter ce défilé. Surtout en s'apercevant de l'oeil de Trin'. Pourquoi donc regardait-il cela ? Il ne pouvait pas regarder ailleurs ? Non ? Non...
Anoki faillit laisser tomber sa tablette et s'enfuir en courant quand il entendit l'exclamation de son colocataire. Pas ça. Pas ça en plus. Franchement, c'était injuste de lui faire ça maintenant ! Dame fatalité exagérait vraiment. Il décolla ses yeux rougeoyants de sa tablette, abandonnant sa lutte contre l'informatique, pour se confronter assez piteusement au regard de l'autre garçon. Il avait l'air bien moins calme que d'habitude, et sans savoir pourquoi, il sentait une vague de reproches dans sa question. Mais comment lui expliquer ? Comment lui expliquer toutes ses motivations les plus obscures qui l'ont poussé à envoyer ces dessins anonymement ? Comment pouvait-il faire sans donner tout le raisonnement, sans en dire trop, sans s'exposer plus ? Comment pouvait-il faire ?
Il se pinça nerveusement la lèvre inférieure, sa main droite tapotait nerveusement sur la tablette. Il peinait à soutenir le regard de son interlocuteur.
« C'est juste... J'avais vu que tu avais l'air d'aimer le dessin... Je pensais que ça pourrait te faire plaisir... Mais, je n'aime pas qu'on sache que je dessine. Cela m'a causé des soucis. Je ne voulais pas que ça se reproduise.... Je suis désolé si cela t'a blessé, ce n'était pas contre toi. Excuse moi.»dit-il d'une voix calme, même si on pouvait sentir par moment un léger chevrotement dans sa voix, montrant sa nervosité, sa culpabilité la plus sincère.
Ses yeux attristés retombèrent sur l'outil informatique. Son délire stroboscopique s'était arrêté. Elle avait fixé son dévolu sur une photo. Une de Flynn, posant à côté de sa tablette, permettant un comparatif photographique entre original et peinture numérique. Il avait fait exprès de grimacer. Il s'en souvenait très bien. Il voulait lui prouver que ses peintures étaient bien plus belles que la réalité. Il se souvenait encore de son rire. Il se perdit quelques secondes dans la photographie, puis d'un coup réalisa, fermant la photographie pour revenir à un fond d'écran neutre, un simple dégradé de couleurs.
« Si cela t'embête que je partage avec toi mes dessins, j'arrêterai. Je voulais juste te faire plaisir. C'était comme des cadeaux.» finit-il par dire en relevant un regard mélancolique.
Il espérait que Trinity ne lui en voudrait pas, qu'il comprendrait. Après tout, lui aussi avait bien dû rencontrer des problèmes avec ses différences non ? Il devait bien savoir ce que cela faisait d'être trop différent pour assumer tout ça.
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•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Dim 4 Déc - 21:18 | |
| Trinity ne put réprimer un soupir de lassitude avant de se pincer l'arrête du nez dans un tic qui signifiait chez lui qu'il perdait patience. Décidément, Anoki était un vrai nid à embrouilles ! Il avait toujours trouver son colocataire étrange, mais bon, vu leur situation de mutants, c'était difficile de ne pas l'être. Lui-même ne doutait pas de paraître bien bizarre à ceux qui ne le connaissait que peu, avec sa manie de fuir les contacts et ses réactions lunatiques qui ne cachaient qu'une grande solitude et une peur presque incontrôlable de blesser encore. Mais Anoki, là, c'était le pompon ! | Citation: | | « C'est juste... J'avais vu que tu avais l'air d'aimer le dessin... Je pensais que ça pourrait te faire plaisir... Mais, je n'aime pas qu'on sache que je dessine. Cela m'a causé des soucis. Je ne voulais pas que ça se reproduise.... Je suis désolé si cela t'a blessé, ce n'était pas contre toi. Excuse moi.» |
La petite bombe consentit à laisser enfin son nez tranquille pour jeter un regard empris de lassitude sur le jeune albinos. Il en venait à se demander si son isolement d'autrefois n'était pas une bénédiction, parfois...
»heu... tu te rends compte que là, t'agis vraiment comme une sorte de taré là ? Non mais Inoki, j'y crois pas... »
Oui, Trinity était excédé par le comportement de son colocataire. Certes, on ne pouvait pas dire qu'ils étaient amis. Pas encore en tout cas. Le temps n'avait pas tout à fait fait son œuvre, et Trinity, bien qu'il pouvait de plus en plus facilement accepter de s'ouvrir un peu aux autres, avait bien plus de mal à accorder confiance et amitié. Il avait écouté patiemment les explications d'Anoki, mais il avait un peu du mal à accepter et à comprendre cela. Il trouvait presque ce genre de comportement malsain.
| Citation: | | « Si cela t'embête que je partage avec toi mes dessins, j'arrêterai. Je voulais juste te faire plaisir. C'était comme des cadeaux.» |
L'américano-japonais eut un petit sourire dépité. Dans un sens, Anoki était bien trop attendrissant pour s'emporter de la sorte. L'intention était bonne, au départ. Et puis, il fallait bien dire que ces dessins l'avaient bien arrangé, en lui permettant de progresser. Il s'avança légèrement vers son colocataire, et dit d'une voix un peu plus douce :
« Et tu avais peur de quoi ? Tu sais, je suis un peu comme toi, moi aussi. Mais bon, oublions cela. Tes dessins, j'en veux encore. Mais cette fois-ci, promets moi de tous les signer, où je me mettrai vraiment en colère... »
Lâcha-t-il sur le ton de la plaisanterie, chose assez rare chez le jeune mutant pour être notée. Il s'avança un peu plus vers la tablette, de sorte à pouvoir voir l'image qui avait tant captivée son interlocuteur.
« et lui, c'est qui ? »
demanda-t-il sans détour. Trinity et la délicatesse, c'était un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le passé d'Inoki lui avait appris à être discret sur son don et méfiant. Celui de Trinity lui avait appris la défiance également. Par contre, il était loin de lui avoir enseigner un langage châtié et encore moins la moindre notion de politesse... |
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•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Lun 5 Déc - 19:04 | |
| & un peu de musique en accompagnement... Anoki ne put que baisser la tête à la remarque de Trinity. Il n'avait pas imaginé les choses sous cet angle quand il les avait fait. Il n'avait pas pensé à la bizarrerie de son attention, à la façon dont cela serait reçu. Il avait pensé tout cela très naïvement. Trop sans doute. Sans songer un seul instant aux impliccations. Il s'en voulait d'avoir agi sous l'impulsion en se prenant pour un bienfaiteur masqué. Peut-être même avait-il donné des illusions d'un quelconque ordre à Trinity. Il espérait que non. Et puis, il n'était pas « taré », enfin, il ne pensait pas... Ceci dit, il était vrai que son comportement pouvait s'apparenter à une sorte de harcèlement anonyme peut-être... C'était totalement à l'opposée de son idée mais... « Je suis désolé... Cela ne me paraissait pas si bizarre sur le moment... » ajouta-t-il un peu penaud.
Parce que c'est vrai qu'à la réflexion, il avait un comportement de stalker... C'était flagrant maintenant qu'il le lui faisait remarquer. Mais l'idée auparavant ne lui avait pas même effleuré, par moment, son manque de perception dans les sous-entendu relationnel était assez vaste. Là où à d'autres moments, il réussissait à parfaitement saisir des enjeux bien plus complexes. C'était très paradoxal. Il comprenait du coup totalement les reproches de son colocataire. Il pouvait même qu'on décide de l'éviter pour moins que ça. Il observait donc ses réactions avec une certaines anxiété. Pour dire vrai, il aurait regretté que Trin' l'évite, il l'appréciait beaucoup. Même si cela n'était qu'embryonnaire, il savait qu'ils avaient des choses à partager, notamment par la création visuelle. L'un comme l'autre avait un intérêt dans cet échange, Anoki en était certain.
De quoi avait-il eu peur ? De reproduire les mêmes erreurs. De s'attacher plus que de raison à quiconque lui porterait de l'intérêt. Il ne voulait plus attirer l'intérêt de qui que ce soit. Rester seul, et banal, voilà ses objectifs de vie. Alors se vanter de ses talents, cela ne collait pas vraiment à sa nouvelle ligne de conduite. Anoki sourit néanmoins à sa plaisanterie. Il n'avait jamais vu l'autre mutant dire une plaisanterie. C'était une chose assez nouvelle. Et amusante. Il devrait le faire plus souvent, sa voix est agréable quand elle n'est pas agressive, ou comme habituellement neutre et distante.
« Promis, je ferai une gigantesque signature sur chacun d'eux ! » répondit-il en faisant traîner le "gigantesque", s'amusant lui-même, heureux que la situation s'améliore.
Il n'aurait vraiment pas aimé que son colocataire lui en veuille à jamais. Alors qu'il le prenne comme cela, c'était assez appréciable. Ce qui lui donnait le sourire, un petit sourire heureux. Tellement petit qu'on aurait pu le confondre avec son habituel air mélancolique, mais non, il y avait décidément un petit quelque chose en plus qui se dégageait de ce froissement de lèvres. Malheureusement, son sourire se figea à la question suivante. Il ne sut d'abord pas quoi dire, relevant des yeux gênés. Pourquoi donc voulait-il savoir cela ? C'était un peu personnel... Mais c'était impoli d'esquiver sa question, et puis, Trinity était peut-être une des personnes avec qui il passerait le plus de temps dans les années à venir, alors pourquoi lui cacher son passé. Oh, il ne lui dira pas tout. Non. Mais répondre à sa question. Il pouvait très bien.
« Ce type... Et bien, c'est une personne qui m'aimait beaucoup, que j'aimais aussi beaucoup. C'était... plus qu'un ami. Seulement... On s'est fait plus de mal que de bien, mutuellement. Il m'a blessé en ne m'aidant pas lorsqu'il pouvait m'éviter des ennuis. Je me suis vengé. Et maintenant, je pense que nous sommes tous les deux malheureux. Lui, là haut, parmi sa foule d'admirateurs, et moi ici, coincé sous les océans plutôt que dans une prison. Ce type s'appelle Flynn. » répondit-il d'une voix calme, posée, même si à son sourire absent, on pouvait clairement deviner qu'évoquer cette relation ne le laissait pas insensible.
Ses mains tremblaient légèrement. Un tressautement d'émotion. C'était peut-être pour éviter ses réminiscences qu'il n'avait pas envie d'évoquer cela. Sans doute. « La réponse est assez satisfaisante ? » conclut-il en essayant d’esquisser un sourire, mais la tentative n'aboutit qu'à une caricature, un faux semblant qui dissimulait mal la sale mélancolie.
(Par contre, c'est normal que tu écrives toujours "Inoki" à la place de Anoki ? Ce serait pas un problème de correcteur qui remplace le nom qu'il ne connaît pas ? x) ) |
|  | | Oh ! This is Trinity Takamura 1

•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Dim 15 Jan - 22:43 | |
| Trinity secoua légèrement son joli visage androgyne, et effaça l'incident de sa tête. Quelques fois, Anoki pouvait vraiment être très bizarre ! Mais malgré ces secrets et le léger quiproquo entre les deux colocataires, Trinity s'estimait heureux : il avait trouvé en son jeune collègue un artiste doué, qui le fascinait littéralement. | Citation: | | « Promis, je ferai une gigantesque signature sur chacun d'eux ! » |
Trinity eut un petit sourire, infime, fragile, comme peut l'être un moment de joie dans leur situation. Malgré son attitude froide et glaciale, le jeune homme ne pouvait s'empêcher d'éprouver une affection presque paternaliste envers le jeune homme. Il soupira un bon coup, avant de toiser l'autre garçon.
« affaire classée, Anoki... »
Puis, vint la question sur les images qui défilaient... Ce n'était pas de sa faute, il pouvait être si curieux, parfois. Et il ne savait pas s'y prendre avec les autres. La délicatesse n'était pas son point fort, contrairement à la sollicitude. Il ne comprit que trop tard qu'il n'aurait pas dû demander cela, en voyant le sourire embryonnaire des lèvres d'Anoki se figer et fondre comme neige au soleil. La gène qu'il pressentit ensuite confirma son impression d'avoir fait encore une gaffe. Décidément, c'était sa journée ! Après avoir planté la tablette d'Anoki, il le mettait dans une situation embarrassante ! Et puis M**de alors, ce que les autres pouvaient être compliqués ! Parfois, dans ces moments là, Trinity regrettait la solitude de sa ruelle glaciale. C'est qu'il n'aimait pas blesser les autres, même s'il ne leur témoignait que rarement le moindre signe d'affection, et était aussi extravertie qu'une huître dans un plat !
| Citation: | | « Ce type... Et bien, c'est une personne qui m'aimait beaucoup, que j'aimais aussi beaucoup. C'était... plus qu'un ami. Seulement... On s'est fait plus de mal que de bien, mutuellement. Il m'a blessé en ne m'aidant pas lorsqu'il pouvait m'éviter des ennuis. Je me suis vengé. Et maintenant, je pense que nous sommes tous les deux malheureux. Lui, là haut, parmi sa foule d'admirateurs, et moi ici, coincé sous les océans plutôt que dans une prison. Ce type s'appelle Flynn. » |
un léger silence s'installa ensuite. Trinity ne savait pas trop quoi dire pour le briser. Il craignait de s'enfoncer encore plus, mais ne voulait pas non plus exprimer une trop grande sollicitude. Il n'aimait pas se lier plus que de raison aux autres. Il ne voulait plus connaître la peine que cela provoquait de perdre quelqu'un...
| Citation: | | « La réponse est assez satisfaisante ? » |
Trinity soupira.
« si on veut... de toute façon, c'est ta vie, Anoki. Tu n'as pas de compte à me rendre. »[/i]
Le jeune androgyne s'assit ensuite tranquillement sur le sol de l'aquarium, et regarda danser les poissons au milieu de l'onde. Cela faisait étrange de penser qu'ils se situaient sous l'océan, avec des millions de tonnes d'eau au dessus de leur tête. Il suffirait qu'un mur se brise, que le système soit défaillant quelques millièmes de secondes, pour qu'ils y restent tous.... Trinity frissonna un peu... Des milions de litres d'eau... c'était un peu comme une prison, sans aucune échappatoire possible. Mais c'était une prison pour les protéger du monde extérieur. Il voulait y croire, vraiment...
« Par contre, je me demande comme tu arrives à saisir les couleurs et les ombres comme ça. Tu pourrais m'apprendre, à l'occase ? »
lança le japonais-américain à son colocataire, en reportant son attention sur lui, une fraction de seconde. Puis, d'une voix plus monotone, il poursuivit :
« C'est que.... on a plus que du temps libre pour ça, hein ? Combien de temps on va rester encore dans ce foutu bâtiment... Parfois, tous ces murs, toutes cette eau, ça m’oppresse... »
Mais c'était pour son bien, et pour celui des autres. Il pouvait parfaitement le comprendre. Il le pouvait, mais... c'était parfois dur, de l'accepter. Le dessin était une fuite. Lorsqu'il laissait son crayon vagabondait, il pouvait raviver les souvenirs d'une nature désormais inexistante, mais qu'on lui avait raconté, un nombre incalculable de fois... Il en avait vu, des photos et des tableaux, sur ces maudits supports numériques !
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|  | | Oh ! This is Anoki He Lush Ka 1

•• Crédits: Brilcrist •• Messages: 62 •• Pearls: 287 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Dim 5 Fév - 16:42 | |
| Soupir soulagé. Finalement ses témoignages étranges d'affection ne nuiraient pas à leur possible amitié, c'était une très bonne chose. Du moins, du point de vue d'Anoki, car l'idée de devoir partager sa chambre avec quelqu'un qui ne peut plus vous encadrer et vous prend pour un pervers psychopathe, n'était guère enthousiasmante ! Alors, du coup, tout était bien dans le meilleur des bocal à mutants non ? Presque. Parce que l'enchaînement de paroles qui suivit, le plongea dans une certaine mélancolie.
Pourtant, cela faisait un moment qu'il n'y avait pas pensé à là-haut, au passé, à ceux qu'il avait abandonné, car, on ne l'avait pas enlevé, pour lui, c'était clair, il avait choisi d'être découvert, il avait choisi d'arriver dans cette cage aqueuse. Tout cela remettait en cause sa stabilité actuelle. Cela rendait l'enfermement, l'attente dans ce purgatoire encore plus long, l'épée de Damoclès du jugement, encore plus insupportable, ravivant des peurs, des angoisses, des blessures difficiles à refermer. Il se contenta d'un sourire un peu forcé vers Trinity. Il ne lui en voulait pas, non, ce n'était pas sa faute d'éveiller de tels souvenirs. Il ne pouvait pas savoir.
Son regard évita de croiser celui de son colocataire. Il voulait avoir le temps de se reprendre. Craquer, ce n'était pas quelque chose qu'il voulait partager. C'était une chose qu'il préférait savourer seule, dans une intimité complète. Alors il préférait fixer ces quelques poissons pour retrouver sa contenance. Suivant les couleurs. Ici, elles semblaient plus ternes que sur terre, et pour en voir des pures, il fallait les regarder au travers d'une vitre, c'était triste non ? Enfin, le tout était de se dire que c'était le meilleur endroit pour les protéger des autres. De ceux qui étaient sains. Du coin de l'oeil, il aperçut Trinity s'asseoir.
Il tourna la tête vers lui à sa question. Il sourit. Comment il faisait ? Oh, sans doute, que les quelques années d'isolement parmi le monde d'en haut lui avait permis de développer cela. Sans doute aurait-il du mal à expliquer totalement la technique, mais, il pourrait donner les bases avec plaisir à l'androgyne.
« Je pourrais te montrer oui... Je ne sais pas si tout peut s'expliquer, mais oui... Ce serait avec plaisir... »répondit-il assez faiblement, mais avec un soupçon de joie.
Attirer l'intérêt de quelqu'un, c'est toujours flatteur non ? Surtout quand c'est par son talent, et que cela est désintéressé. Et il ne doutait pas que cette fois-ci, c'était le cas. Bizarrement, il ne voyait pas Trinity en manipulateur pervers, allez savoir pourquoi. Pour dire vrai, il avait du mal à trouver une attitude sexuée à Trinity. Son pouvoir n'y était sans doute pas pour rien. Après tout, Trinity semblait repousser un peu tout le monde, alors.... Mais trêve de divagations. Surtout que l'autre garçon continuait de parler. Cette fois, l'albinos se tourna vers lui, posant son regard rouge sur lui. Doux, calme, rasséréné.
Mais ce n'était pas parce qu'il avait retrouvé le fil de sa philosophie qu'il ne comprenait pas les paroles du garçon. Ici, ils étaient dans un bocal. Il ne pouvait que comprendre son ressenti. Cette captivité forcée poussait à la mélancolie.
« Pour avoir le temps on l'a.... Je comprends ce que tu veux dire. Là haut, on était chassés, pointés du doigt, mais au moins, on était libres en quelques sortes, ici, on a la sécurité, mais on nous a mis dans une boîte... Enfin, pour toi, ce n'est que provisoire. Ne t'inquiète pas, un jour, tu pourras remonter là-haut, et tu pourras vivre normalement. J'en suis convaincu. »dit-il avec un sourire rassurant.
Il s'approcha de son camarade, s'asseyant juste à côté de lui. Qu'importait les rumeurs qui suggéraient qu'une distance minimale soit observée vis-à-vis de son colocataire, et oui, même entre mutants, les bruits de couloirs ne manquent pas. Venir ici ne résout pas tous les problèmes. L'albinos déposa sa tablette sur ses genoux, et sortit son stylet de son sac de toile. Il tourna un regard déterminé vers l'androgyne brun.
« Bon, c'est pas tout ça, mais si on veut faire de toi le nouveau Rembrandt avant que tu repartes, il faut s'y mettre maintenant non ? Je te fais une petite démonstration... »
Il commença à esquisser les premières masses du dessin, les parties immobiles, les grosses structures. Il fallait trouver l'ambiance, les ombres générales, la lumière, et la répercuter de façon cohérente sur l'ensemble, avant même de songer à tous ces poissons volatiles qui virevoltaient.
« Tu vois, avant de penser aux détails, il faut voir les masses générales, tout l'ambiance colorée qui doit se dégager de l'image au final. Tu me suis ? Déjà, en partant comme ça, tu auras plus de facilités à aller dans le détails ensuite. »
Le discours collait parfaitement à ses traits posés sur la tablette.
« Tu veux pas tenter de suivre avec moi en faisant ta propre version ? »murmura-t-il doucement avec une certaine complicité avec son colocataire.
Sans doute espérait-il le faire sortir de son marasme par le dessin. Oublier cette prison aqueuse qui les oppressait. |
|  | | Oh ! This is Trinity Takamura 1

•• Messages: 36 •• Pearls: 229 •• Ecailles:  | Sujet: Re: Dessine moi un poisson... Mar 14 Fév - 21:15 | |
| Oui, une prison aqueuse au dessus de leur tête, omniprésente par son silence, oppressante par ses ombres, étouffante par son impossibilité de fuir. Trinity avait beau se répéter qu'il n'était là que provisoirement, il lui semblait parfois que cela sonnait comme un mensonge et que, le soir, les murs de leur chambre se resserraient pour tenter de l'écraser de leur masse imposante. Jamais il n'avait autant senti le poids de la solitude que depuis qu'il était entouré des attentions des scientifiques et de la présence des autres mutants. C'était peut-être pour cela qu'il s'ouvrait un peu plus qu'à l'époque où il vivait sur la terre. Trinity voulait se persuader qu'il acceptait la présence des autres par volonté, parce qu'il n'avait rien à craindre ici, parce qu'il fallait qu'il se montre sociable, selon les médecins. Mais en réalité, au fond de lui, une petite partie de raison lui criait qu'il cherchait à fuir cette sécurité étrange, vectrice de solitude et d'une impression tenace de ne plus pouvoir respirer. Fuir dans les autres, chercher à faire taire ces voix intérieures qui le terrifiaient, et cette étrange sensation de danger rendue imminente par la présence de cette masse d'eau au dessus de leur tête. Et par l'absence des étoiles. Ces belles étoiles qu'il espérait encore tant apprendre un jour à entendre rire. Il lança un regard adouci envers Anoki. Il aimait bien le jeune garçon. C'était l'une des personne qu'il connaissait le plus à Atlantis, et c'était beaucoup dire, vu la difficulté qu'avait Trinity à se lier aux autres. Mais forcément, quand on est colocataires, cela laisse des traces, et des secrets sont plus ou moins aperçus, ou dévoilés. Anoki faisait partie de sa vie sous-marine. Il s'installa donc en silence, et observa la danse du crayon sur le papier, alors que son colocataire entamait le premier cours de dessin du jeune androgyne. Trinity était éberlué : la mine numérique virvoltait sur le papier, comme saisie d'une vie propre, avec une précision étonnement éthérée : on aurait dit que les traits étaient faits au hasard, et pourtant, chacun associé à l'autre finissait par former un ensemble incroyablement précis, loin de l'image brouillonne des premiers jets. Petite à petit, la feuille semblait s'animer, et on aurait pu croire que ce n'était pas Anoki qui dressait ainsi le dessin, mais bien le dessin qui peu à peu se formait devant le jeune dessinateur, vivant à en crever. Anoki n'était pas doué, et Trinity en eut la certitude en le voyant opérer. Quelqu'un de doué, c'était quelqu'un comme lui. On ne pouvait même pas dire qu'il était talentueux. Là encore, cela revenait aux grands artistes. Non, chez Anoki, c'était autre chose. On aurait pu croire que ses dessins absorbaient l'essence même de leur matière, rendant l'original presque défaillant. Jamais Trinity n'avait réalisé cela en contemplant les œuvre sur la tablette. Comme si l'informatique et le virtuel s’échiner à voler leur part du rêve. Mais là, l'écran n'avait pas le temps de voler au maître ses talents : Anoki était semblable au peintre des récits de Egar Allan Poe. On aurait cru qu'il volait dans ses gestes les souffles de vie. | Citation: | | « Tu veux pas tenter de suivre avec moi en faisant ta propre version ? » |
Trinity sursauta légèrement, perturbé dans sa contemplation émotive. Il ne dit rien, mais il parut un instant géné. Jamais il ne pourrait avoir semblable talent, et il lui semblait bien ridicule de dessiner devant le jeune homme. Il prit toutefois son stylet, et commença à esquisser quelques traits d'une grande finesse, et assez prometteurs, mais loin de la flamme de ceux d'Anoki. Le jeune métis perssifla un peu, les effaça rageusement, et recommença. C'était de notoriété que Trinity n'aimait pas l'échec. Il voulait toucher à la perfection. Mais la perfection, dans ce domaine là, n'était pas entre ses mains. Il chercha dans ses souvenirs un souvenir de la terre. Mais il se rendit bien vite compte qu'ils étaient trop flous pour qu'il parvienne à s'en souvenir assez précisément pour les dessiner.
Soudain, il ferma sa tablette rageusement, avant de se redresser brusquement.
laisse tomber, tu veux, c'est complètement débile.... faut que j'file... »
Son ton était agacé, presque colérique, et il offrit même à son colocataire la noirceur de son regard contrarié. Il réajusta son sac, et, sans un mot, dans cette attitude bourrue, glaciale et silencieuse qui le caractérisé tant, il quitta l'aquarium alors que la voix froide des hauts-parleurs sommaient les étudiants restant de rapidement quitter les lieux.
Cela lui passerait sûrement, Anoki n'avait pas à s'en faire. Ces crises de repli soudain étaient fréquentes, chez Trinity, surtout lorsqu'il se sentait enfin proche de quelqu'un. Il n'était pas toujours facile de le comprendre. Mais qui pouvait dire qu'il agissait normalement dans ce gigantesque laboratoire qu'était la cité sous-marine ?
Dans ce huis clos infernal où le silence devenait l'ennemi à briser. Absolument.
[topic clos!] |
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